Insécurité à Gao: la population réitère son appel aux autorités

Il y a deux semaines, à l’appel de la Fédération des organisations de résistance civile de Gao (FORCE-G), la population de Gao, à travers une grande marche, a interpellé l’État à s’assumer pour la sécurité des personnes et de leurs biens. Malheureusement, les assassinats ciblés continuent de plus belle dans la Cité des Askias. Dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 février, un opérateur économique a été froidement assassiné dans sa maison par des hommes armés non identifiés. C’est dire combien la revendication de la population reste entière et d’actualité.

 

Après l’assassinat de l’opérateur économique, Abdoulaye KONE, la Fédération des organisations de résistance civile de Gao a exprimé son indignation. Elle souligné que depuis sa grande marche du 27 Janvier 2021, pour plus de sécurité à Gao, aucune journée ne se passe sans qu’il n’y ait un incident sécuritaire.
‘’Ceci constitue un désaveu pour nous et pour les autorités. Pourquoi un désaveu pour nous? Depuis le 26 janvier 2021, quel suivi a été fait auprès des autorités locales pour la prise de mesures urgentes et diligentes ? Nous devons comprendre que nous sommes le porte-voix de nos communautés et nous devons être capables de défendre nos intérêts et la quiétude de nos familles. Aujourd’hui, nous avons une arme puissante, celui de la légitimité et cette légitimité doit nous permettre d’exiger de n’importe quelle autorité qu’elle s’assume’’, peut-on lire dans la déclaration.
Pour renverser la tendance, la population de Gao exige des autorités chargées de la sécurité une intensification des patrouilles dans la ville ; d’identifier les zones de nature sensible pour fixer des postes de contrôle permanents ; d’exiger la mise en place des systèmes de contrôle sécuritaire et administratif inopiné de tous automobilistes et motocyclistes dans la ville et les alentours ; d’exiger des réunions sécuritaires hebdomadairement avec l’exécutif local, le Procureur, les responsables sécuritaires et militaires pour évaluer et ajuster les mesures sécuritaires au besoin ; de demander le déménagement sans délai du dispositif du MOC de la ville de Gao; d’exiger le désarmement systématique de tout individu armé dans la ville de Gao, y compris les militaires circulant avec les armes sur des motos.
Pour sa part, la Fédération des organisations de résistance civile de Gao se donne le devoir de donner régulièrement des informations sur la situation sécuritaire dans la région.
Aux autorités de Gao, elle lance un appel à assumer leurs rôles régaliens. La Fédération estime que la flambée de l’insécurité fait perdre aux autorités toute légitimité. Pour ne pas arriver à ce point, les autorités locales sont appelées à mettre en pratique, sans délai, les mesures notifiées dans les accords inter communautaires signés il y a quelques mois à Gao.
Aussi, la population exige des autorités de mettre en place une politique de lutte contre la drogue et exige des enquêtes sérieuses et des sanctions rigoureuses contre tous les contrevenants à la loi pénale.

PAR MODIBO KONE

Source : INFO-MATIN

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