Gao : la rentrée scolaire est la préoccupation

Les autorités intérimaires ont mobilisé tous les acteurs scolaires et les leaders communautaires des régions de Gao et Ménaka autour de la reprise effective des classes dans toutes les communes. Plus de 300 participants ont pris part à cette rencontre qui s’est déroulée dans la salle de conférence du gouvernorat de Gao, mercredi 13 septembre 2017.

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Cette rencontre inédite facilitée par la Division des Affaires Civiles de la MINUSMA à Gao, était pilotée par le Président de l’Autorité Intérimaire. Accompagné au présidium par le Conseiller aux affaires juridiques et administratives du Gouverneur de Gao. Le premier responsable de l’autorité intérimaire a, dès l’ouverture de la séance, exhorté les participants venus des cercles des régions de Gao et Ménaka, à faire des propositions concrètes, constructives et locales pour donner la chance aux enfants d’aller à l’école.

« Nous avons été libérés depuis 2013. Nous ne sommes plus sous occupation. Il est inconcevable qu’une cinquantaine d’école reste fermée. Les enfants qui étaient en 6e année et qui avait 13 ans à ce moment, en ont aujourd’hui 17! On ne sait plus s’ils doivent être en classe et ce sont ces enfants qui sont utilisés pour faire autre chose… La plupart de ces enfants sont abandonnés à eux même surtout dans les zones nomades, » a rappelé le Président de l’Autorité Intérimaire avant d’insister en incitant chaque acteur local à s’impliquer individuellement, avec les moyens du bord, pour une reprise de la vie scolaire.

« Si nous attendons que l’Etat arrive pour ouvrir ces écoles, ces écoles n’ouvriront jamais. Si nous attentons qu’une armée aille sécuriser les écoles pour les ouvrir, elles n’ouvriront jamais. Si nous attendons qu’une ONG nous invite à venir ouvrir les écoles, elles n’ouvriront jamais…» a-t-il plaidé.

Après les procédures d’ouverture de séance, chaque Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de chaque commune a fait l’état des lieux des différentes écoles. Un exercice qui a permis aux acteurs de mieux s’enquérir de la situation des écoles de la région. La situation sécuritaire, l’absence de cantines scolaires, le déplacement des enseignants, la lenteur dans le recrutement des enseignants… sont entre autres les difficultés signalées pendant cette rencontre. Une première, selon un enseignant qui a salué cette initiative.

« Nous sommes heureux de voir que les enseignants soient associés pour la première fois à une telle rencontre. Sinon, comment peut-on parler de l’avenir de l’école, sans demander l’avis de l’enseignant ? » s’est interrogé M. Daouda Maiga, enseignant à Gao.

A la lumière des différentes interventions sur l’état des lieux et les propositions pertinentes pour la réouverture des classes, les partenaires internationaux dont OCHA et la MINUSMA, ont manifesté leur soutien à cette initiative. Ils ont également exprimé à nouveau leur disponibilité à accompagner l’état. « La MINUSMA a dépensé plus de 380 millions de francs CFA dans les infrastructures scolaires dans les régions de Gao et Ménaka. Nous sommes disposés à accompagner aussi dans le domaine scolaire, tout en encourageant les différentes localités qui ont bénéficié de ces infrastructures à les utiliser pour l’intérêt des enfants, » a déclaré Madame Ndeye Yandé Kane.

Quelques chefs coutumiers et religieux ont quant à eux, insisté sur la nécessité de rouvrir les classes cette année pour que les enfants reprennent le chemin de l’école. Ils ont promis de faire le nécessaire pour que l’école soit opérationnelle dans leur localité. Ces actions vont consister, entre autres, à faire quitter les groupes armés qui occupent des établissements scolaires et à encourager les enseignants à revenir à leurs postes.

Préoccupation majeure de l’ensemble des participants, la reprise effective des cours dans tous les établissements de la région est la priorité des priorités. En témoigne cette rencontre, dont les 300 participants ne percevaient aucun per diem. De l’avis d’un observateur, c’est la première fois qu’une telle rencontre se tient sans que les participants ne réclament un sous. La détermination était telle qu’une grand partie d’entre eux ont voulu rester jusque tard dans la journée, pour trouver les solutions idoines aux problèmes de l’école dans la région.

MINUSMA

 

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