Face aux séquelles de l’occupation jihadiste et du conflit armé à Gao : Le CICR redonne la vie !

Réhabilitation et rééquipement, entre autres, de la salle de physiothérapie de l’hôpital ‘’Hangadoumbo Moulaye Touré’’ de Gao, des locaux de la maison d’arrêt de Gao, de la brigade territoriale de la gendarmeri, création d’un Centre Ebola, bref, à Gao le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a posé des actions salvatrices pour aider les populations à prendre un nouveau départ après l’horreur vécue durant l’occupation jihadiste.

Santé, Agriculture, Eau, Habitat, défense des Droits de l’Homme, à Gao, le Comité International de la Croix Rouge (CICR)  a touché à tout ou presque. Tout comme à Tombouctou et Kidal, où le conflit armé a causé d’énormes dégâts.

En visite à Gao, du mercredi 11 au vendredi 13 mars, une  délégation du CICR accompagnée des membres du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, ont procédé à l’inauguration d’un Centre Ebola et d’une salle de physiothérapie, tous deux  réalisés et équipés par le CICR à l’Hôpital régional ’Hangadoumbo Moulaye Touré’’ de Gao.

Une action qui selon, le directeur de l’hôpital régional de Gao, Amadou Maïga, vient à point nommé. « La salle de physiothérapie est une réalisation de taille, qui fait suite à une réunion de l’OMS lors de laquelle, l’instruction avait été donnée aux directeurs des Hôpitaux de créer  des salles de physiothérapie. Nous remercions le Comité International de la Croix Rouge qui n’a jamais cessé de répondre favorablement à nos sollicitations » dit-il.

Dotée d’équipements modernes et d’un personnel qualifié, grâce l’appui du CICR, à en croire Dr Luyéyé Fifi, la physiothérapeute  du CICR, l’unité de physiothérapie s’occupe des blessés d’armes à feu, d’accidents de la route, de brûlure, entre autres. Faut-il le noter, à notre présence le vendredi 13 mars, dans la salle de physiothérapie s’y trouvaient environ six patients. Dont deux victimes des derniers conflits de Tanbankort, Sita Tabo, une adolescente âgée d’environ 13 ans souffrant d’une facture au fémur, (par balles ndlr), Fack Haoussi, un trentenaire, souffrant d’une fracture au pied(victime d’explosif ndlr). Mais aussi, deux vieillards victimes d’accident de circulation, une fillette et un garçonnet, dont la première souffrant d’une fracture au bras et le second d’une infection au genou.

Aux dires de la physiothérapeute, Dr Luyéyé Fifi, tous les patients sont pris en charge par le CICR, gratuitement. Et selon elle, de son ouverture en août 2014 à la date d’aujourd’hui, plus d’une centaine de patients y ont été traités.

 

 Des médicaments gratuits et un programme psychosocial

Les actions du CICR au niveau de l’hôpital régional de Gao,  s’étendent au-delà de la création d’un Centre Ebola et d’une Unité de physiothérapie. En effet, dans l’enceinte de l’hôpital de Gao, le CICR dispose d’une pharmacie où les patients hospitalisés peuvent s’approvisionner gratuitement en médicaments, sauf les médicaments ne s’y trouvant pas. « Les médicaments de la pharmacie du CICR sont gratuits et seuls les patients hospitalisés y ont droit » précise Kathrine Zimmermann, coordinatrice Santé au CICR. Ce n’est pas tout, c’est environ une vingtaine d’agents de santé qui travaillent à l’hôpital de Gao au compte et à la charge du CICR, pour appuyer les agents de l’Etat.

En outre, pour traiter les personnes souffrant de traumatisme et autres formes de troubles mentaux,  le CICR a lancé un nouveau programme psychosocial.

«Les blessures d’une arme à  feu sont plus visibles et rapidement prises en charge, mais  les conflits peuvent influer sur la santé mentale des victimes. Et le programme psychosocial du CICR aident les victimes à surmonter ces problèmes afin de mener une vie normale » explique Seynabou Badiane, responsable du nouveau programme. Qui précise que leur rôle est différent de celui des psychiatres. Le programme prend aussi en charge les femmes victimes de viols. « Nous recevons des femmes victimes de viols dont certaines avec des instruments tranchants, et d’autres violées devant leur mari ou en public, pour la prise en charge le service gynécologie s’occupe de la santé physique, et le programme psychosocial pour sa part s’occupe des troubles mentaux » a-t-elle expliqué. Avant d’ajouter que dans les cas de viol si la victime arrive à l’hôpital dans les 72 heures qui suivent les dégâts peuvent être limités. A savoir, éviter à la victime de tomber enceinte de son bourseau, de contracter des maladies sexuellement transmissibles entre autres. « Il est important pour nous que la population soit au courant de l’existence de ce programme » a-t-elle conclu.

D’importants appuis à la Maison d’arrêt et à la Brigade de la gendarmerie !

Avec 94 prisonniers parmi lesquels 6 mineurs dont une fille, 86 prévenus, 8 condamnés, la Maison d’arrêt de Gao est une prison ‘’5 étoiles’’, tellement les conditions d’hygiène sont bonnes et les normes de détention sont respectées. Ses locaux réhabilités et nouvellement repeints brillent comme l’éclat du sourire de son régisseur, le lieutenant Djibril Koïta, qui heureux comme un ange nous confie :  « Nous avons la meilleure prison du Mali, je le dis sans aucun doute ». De la nourriture, des brosses à dent et pâtes dentifrices, du savon, de l’eau de javel, bref à Gao, les détenus jouissent de tous leurs droits ou presque grâce à un partenariat fécond entre le CICR et les autorités pénitentiaires de Gao.

Mieux, en vue de faciliter leur réinsertion socioéconomique, certains prisonniers apprennent, les métiers de cordonneries. « A mon arrivée en 2011 je les avais juste demandé de l’aide alimentaire pour  mes détenus, mais après investigations, ils m’ont fait savoir que les détenus à notre niveau n’étaient pas sous alimentés, et qu’il fallait plutôt améliorer les conditions d’hygiène. Et à l’époque nos puisards étaient dans un très mauvais état. C’était ainsi que le CICR a réhabilité et repeint nos locaux » révèle le lieutenant Djibril Koita.

Quant à la brigade territoriale de la gendarmerie de Gao, à l’instar de la Maison d’arrêt, son bâtiment principal a été réhabilité et rééquipé par le CICR, qui a aussi remis des couvertures, des savons et des pâtes dentifrices pour les quelques détenus préventifs.

Formation des auxiliaires d’agriculture et appui aux femmes maraîchères 

En vue d’assurer l’autosuffisance alimentaire, le CICR en partenariat avec le Centre de Formation Professionnel pour la Promotion de l’Agriculture au Sahel (CFP-PAS),  forme à Gao, chaque année, vingt auxiliaires agricoles. Une formation qui permet aux bénéficiaires de traiter les maladies animales, de fabriquer les aliments bétails et volailles, entre autres. « Pour l’année 2015, l’aide alimentaire sera revue en baisse au profit du soutien à l’agriculture et l’élevage afin de permettre aux populations de se prendre en charge elles-mêmes » précise, Gabriel Moukalaï, chef de la sous section CICR de Gao.

Et Jean Cimanga, chef de la sécurité économique (éco-sec) d’ajouter qu’environ 48 groupements de femmes bénéficient de l’appui technique, matériel et financier du CICR, dans la cité des Askia, Gao. Au nombre desquels, le groupement ‘’Gomnikoubé’’ du quartier Boulgoundjé, composé d’environ 34 femmes qui grâce au maraichage, selon leur présidente Mariama Bouba Touré, parviennent à subvenir à leurs besoins. D’où l’occasion pour elle d’exprimer au nom de l’ensemble du collectif, toutes ses reconnaissances au CICR pour les avoir soutenu.

L’entrepôt de la Croix Rouge Malienne de Gao réhabilité à coût de millions

En plus de la réhabilitation des bâtiments publics, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a aussi réhabilité l’entrepôt de médicaments et de céréales de la Croix Rouge Malienne de Gao (CMR), d’une capacité de stockage de 200 tonnes. Ainsi que la salle de formation et le bâtiment administratif abritant la Croix Rouge Malienne de Gao, qui ont  été réhabilités et rééquipés à plusieurs millions de nos francs.

« Afin de nous permettre d’avoir un certain budget de fonctionnement, nous louons l’entrepôt au Comité International de la  Croix Rouge (CICR) qui y stocke ses médicaments et ses céréales », précise Baba Oumar Bah, administrateur de la Croix Rouge Malienne de Gao.

A l’en croire, la Croix Rouge Malienne forme dans la région de Gao, près de cinq cent (500) volontaires aux actions de secours afin de sauver des vies en cas d’accidents de circulation ou de conflits.

Faut-il le souligner, en plus de la région de Gao le CICR, intervient dans les régions de Tombouctou Kidal et Mopti, toutes durement éprouvées par le conflit armé que connait le Mali depuis 2012.

Lassina NIANGALY, envoyé spécial à Gao

source : Tikan

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