Edito : G5-Sahel : plus de réunions que d’interventions sur le terrain !

Pour rappel le G5-Sahel est né de l’initiative des chefs d’Etats des pays du Liptako-Gourma afin de mettre ensemble une force  de frappe contre les terroristes qui pullulent dans le Sahara et le Sahel. Cette force est dénommée Force conjointe du G5 Sahel.

En effet, les dirigeants du Liptako-Gourma, sur proposition des responsables de leurs Forces de défense et de sécurité, envisagent plus d’actions à la fois concrètes et urgentes, notamment la création d’une « Force mixte multinationale de sécurisation des frontières entre les trois pays » et qui va impliquer les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Selon la volonté de la conférence, cette future force va coopérer avec l’Opération Barkhane et la Force de la mission des Nations-Unies pour la stabilisation du Mali (MINUS-MA). A ce propos, le président Nigérien  a plaidé  en faveur de l’accompagnement de la communauté internationale dans cette initiative pour parvenir à une véritable sécurisation des personnes et des biens dans l’espace du Liptako-Gourma.

La force créée a déjà un an. Plusieurs rencontres entre Chefs d’Etats et entre les différents Etat-major des pays membres se sont tenues. La dernière rencontre date du 15 Janvier 2018. Cette rencontre a regroupé les Ministres de la défense et les différents Chefs d’Etat-major pour finaliser la structuration de l’organe de lutte contre le terrorisme.

Nous avons l’impression que cette force ne finit jamais d’être structurée. Les animateurs passent plus de temps à se réunir qu’à intervenir sur le terrain. Cette force va-t-elle être comme les autres forces africaines sans efficacité sur le terrain, mais seulement des rencontres multiples sans résultats concrets.

On se rappel que l’accord de Non Agression et de Défense (ANAD) fondé sous l’égide  de la Côte-D’ivoire sous le règne de Félix Houphouët « le  bélier de Yamoussokro »   et qui regroupait plus de cinq Etats n’a pas dépassé le stade des bonnes intentions. D’ailleurs  les Fonds nécessaires pour boucler le budget ne sont pas encore disponible, malgré la bonne volonté des Etats membres. La contribution de  l’Union Européenne, de la France de l’Arabie Saoudite, des Nations-Unies, de l’Union Africaine, des USA dans un cadre bilatéral n’a pas permis de boucler le budget alloué à la FC G5 SAHEL.  A peine, le budget d’une   année est bouclé. Il est temps d’agir pour convaincre les donateurs sceptiques. Ce qui traine aussi, c’est la mise en forme de l’articulation des postes de commandement de cette force. Cela constitue déjà une faiblesse. Peut- être c’est la raison pour laquelle les guerriers Tchadiens sont appelés en renfort. Ceux-là même qui ont combattu les djihadistes dans l’Adrar des Iforas en 2012 avec efficacité. Dans le cadre du G5-Sahel, ils sont qualifiés de « force bélier » qui dégage tout sur son passage. Les autres armées n’ont pas cette capacité. C’est pourquoi, au G5-Sahel, on passe plus de temps à se reunir, qu’a aller sur le terrain pour déloger les terroristes. Beaucoup aussi doutent de la bonne foi de la Mauritanie dont le commandement qui doit être basé à Mbeket n’est toujours pas opérationnel.  Pouvons-nous penser qu’en  de pareille situation, la crainte de la guerre est encore pire que la guerre elle-même selon le philosophe SENEQUE ?

   Badou S. KOBA  

 

Source:  Le Carréfour

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