Dicko tue Dicko : voilà où mène la haine !

Triple meurtre à Tombouctou ! Deux Dicko à terre, ensanglantés et une ville meurtrie. Mais à Bamako, le Dicko vitupère encore pour justifier la haine apportée par les terroristes étrangers d’AQMI et d’Ansar Eddine.

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Encore une fois, la ville de Tombouctou, et le Mali tout entier, sont endeuillés suite à un crime des plus abjects. Je fais allusion, vous l’aurez compris, à ce triple assassinat dans les locaux de la radio TAHANI de Tombouctou, par des terroristes d’AQMI et d’Ansar Eddine mené par son leader Iyad ag Ghaly, un crime odieux qui doit révolter tous les Maliens intègres et pieux.

Les trois victimes étaient honorablement connues à Tombouctou et, même si leurs causes ou leurs idées n’étaient pas forcément les nôtres, on ne peut que condamner avec la plus grande fermeté la main lâche qui a maniée la faux qui a coupé ces trois vies. Leurs noms étaient Samuel DICKO, Al Hassan DICKO et Abdel Mali AG AHLER.

Au nom de quelle propagande, doivent disparaître des journalistes ou des citoyens maliens lambdas, quelle que soit leur confession ou leur appartenance ethnique ? Cette abomination ne peut être justifiée par aucune querelle, aucune cause, aucune posture, mais elle peut au moins servir à nous prévenir du danger que court le Mali, dont l’histoire semble jusqu’à présent le destiner à ne se relever d’une crise que pour tomber dans une autre.

En ma qualité de journaliste, je ne peux que m’interroger sur le devenir d’un pays privé de ses média. Ce serait une dictature, celle des salafistes venus de l’étranger, ignorant notre culture africaine et souhaitant nous imposer la leur à grand renfort de dons, qui nous font si cruellement défaut, ailleurs, dans des projets de développement basique.

Et cela, je vous le livre tel quel : c’est que la haine ne mène qu’à la haine, le meurtre au meurtre, la terreur à plus de terreur. Que tous ceux qui incitent à la haine soient considérés comme tels par tous les Maliens, de toute foi et de toute origine.

C’est à travers ce prisme de terreur que nous devons voir les propos de l’Imam DICKO du mois dernier, qui n’en finissent pas de défrayer la chronique à Bamako et ailleurs et font scandale. Honorablement connu comme homme de foi, l’Imam Dicko s’est risqué avec ses propos à prendre sous son aile tous les terroristes encore trop nombreux au Mali et à les laisser vadrouiller, piller et tuer. Les propos haineux mènent au meurtre et malheureusement, les deux DICKO assassinés à Tombouctou ne pourraient que blâmer le DICKO de Bamako pour ses discours de justification de la haine s’ils étaient encore en vie !

 

Paul-Louis Koné

Source: Autre presse

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