Dans la lutte contre le terrorisme, le G5 Sahel et la Coalition pour le Sahel doivent intégrer et impliquer plus les citoyens et les communautés du sahel

Dr ANASSER AG RHISSA, Expert TIC, Gouvernance, Sécurité et DD

Suite à la lettre ouverte en ligne que j’avais adressée à la rencontre de PAU (France), entre les cinq chefs d’états du G5 Sahel et le Président Français, mais aussi au conseil de sécurité de l’ONU, au sujet de ma proposition d’une stratégie inclusive de lutte collective contre le terrorisme et l’insécurité dans la zone sahel, en particulier dans la partie  Liptako  (constituée des trois frontières du Mali, Niger et Burkina) de la zone  sahel,  je suis heureux de constater que leurs conclusions sont en phase avec ma proposition sur  (1) le diagnostic de la situation sécuritaire au Mali et au sahel, ET (2) la nécessité de créer (autour du G5 Sahel) et  renforcer (le cadre fourni par l’accord de paix au Mali) à travers un cadre consensuel politique, stratégique et opérationnel  au niveau de la zone sahel pour une telle lutte.

Lettre ouverte en ligne adressée à son Excellence Monsieur le Président du conseil de sécurité de l’ONU, au Secrétaire Général de l’ONU et son Représentant au Mali,  au Président Français, aux Présidents des cinq pays du G5 Sahel, aux Premiers Ministres de ces pays, aux Présidents des assemblées nationales de ces pays, au Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, au CSA, au Ministre de la réconciliation nationale, de la paix et de la cohésion sociale, aux  Ministrex des affaires étrangères des pays du G5 Sahel,  aux Ministres de la défense des pays du G5 Sahel, aux Ministres de la sécurité des pays du G5 Sahel, au CNCA, aux partis politiques, aux groupes armés et d’autodéfense, aux régions incluant le district de Bamako et aux communes du Mali, aux notabilités de Bamako, du Mali et aux religieux du Mali, à tous les Maliens et à tous les Ressortissants de la zone sahel, à tous les Partenaires (ONU/MINUSMA, BARKHANE, OIF, …), au secrétariat permanent du G5 Sahel et aux médias.

Hommage aux forces de défense et sécurité du Mali dont c’est l’anniversaire le 20 janvier 2020.

Je suis  Dr Anasser Ag Rhissa, ressortissant de la zone sahel, qui avait proposé, aux chefs d’états de la zone sahel et à leurs partenaires, la création du G7 Sahel devenu G5 Sahel.

  1. Liens entre ma proposition, celle de l’alliance pour le sahel et les recommandations de l’ONU

En plus des éléments précédents sur lesquels ma proposition est en phase avec les conclusions de la rencontre de PAU (proposant  l’alliance pour le sahel) et les recommandations de l’ONU issues de la réunion du conseil de sécurité du 15 janvier 2020 , j’ai proposé d’établir un dispositif de responsabilisation et de sécurisation collectives et partagées pour la lutte contre le terrorisme et l’insécurité au sahel en s’appuyant sur une telle stratégie collective et inclusive.

Ma proposition diffère de celle issue de la rencontre de PAU sur l’indispensable implication des citoyens et des communautés de la zone sahel dans la conception et la mise en œuvre du cadre consensuel et du dispositif de responsabilisation et sécurisation collectives et partagées ET sur le commandement unifié de la coalition pour le Sahel et de ce dispositif qui doit être assuré par un Membre de la force conjointe du G5 Sahel secondé par un panel constitué des membres des forces partenaires car comme dit l’ONU la responsabilité première de la sécurité dans la zone sahel incombe aux forces de défense et sécurité nationales.

Nous proposons que la responsabilité de ce commandement unifié change tous les ans au sein du G5 Sahel et que les membres de ce panel changent aussi tous les ans.

En somme, il serait judicieux que le G5 Sahel soit soutenu et aidé par la coalition pour le sahel et/ou l’alliance sahel et/ou d’autres partenaires (USA, Japon, CEI, …), en étant en première ligne, mais ne pas se substituer à lui dans le commandement et en opérationnel.

  1. Ma proposition de stratégie inclusive de lutte collective contre le terrorisme et l’insécurité dans la zone sahel, son cadre et le dispositif de responsabilisation et sécurisation collectives et partagées

La lettre ouverte envoyée le 13 janvier 2020 en ligne, aux chefs d’états du G5 Sahel et au Président Français ainsi qu’au conseil de sécurité de l’ONU, porte sur la stratégie inclusive de lutte collective contre le terrorisme et l’insécurité dans la zone sahel avec son cadre  et le dispositif associé de responsabilisation et sécurisation collectives et partagées.

Ayant comme pivot principal les citoyens, les communautés et les politiques, cette stratégie se repose sur un front uni, solidaire, proactif et inclusif entre toutes les forces vives des pays du sahel, leurs partenaires et les forces en présence dans la zone sahel. Ce dernier est basé sur le quartet Paix, Sécurité, Développement et Justice.

Le diagnostic de la situation sécuritaire au sahel et au Mali a été fourni au début de cette lettre.

Ayant gagné plus de légitimité à travers la CEN (conférence d’entente nationale) et le DNI (dialogue national inclusif) au Mali, l’accord de paix au Mali est le seul cadre et la seule voie qui mènent à la paix au Mali comme le rappellent le Secrétaire Général de l’ONU et son représentant spécial au Mali.

C’est pourquoi le cadre politique, stratégique et opérationnel doit être l’extension de celui représenté par l’accord de paix au Mali avec l’implication (renforcer l’inclusivité) des citoyens et des communautés de la zone sahel et le renforcement de l’apport de la communauté internationale et des partenaires à côté du Mali et des pays du G5 Sahel pour une lutte collective et inclusive contre le terrorisme et l’insécurité dans la zone sahel.

Un dispositif de responsabilisation et de sécurisation collectives et partagées a été fourni dans ma proposition ainsi que son commandement idoine. Il propose que les forces en présence acceptent le concept de responsabilité collective et partagée et la rédévabilité collective ET soient soumises à un suivi-évaluation de leurs engagements.

Le pacte pour la paix, muni de son régime de sanctions, en tant que stratégie muli-acteurs garantissant les engagements des parties prenantes et des acteurs au Mali a été proposé aussi dans la zone sahel en l’associant à ce cadre et à ce dispositif de lutte contre le terrorisme et l’insécurité dans la zone sahel.

Plusieurs médias (icimali, abamako, bamada, koulouba, niarela, facebook, mali-web, …) ont publié cette lettre ouverte intitulée :

Lettre ouverte de Dr Anasser Ag Rhissa à la rencontre de PAU et au conseil de sécurité de l’ONU.

D’autres médias (RTFM, Facebook, …) l’ont publiée sous le titre :

Au Sahel, pour un Engagement Responsable de Tous : Il faut tenir compte de la Sécurité Collective et Partagée ET des Relations proactives, basées sur la rédévabilité collective entre les forces de défense et sécurité nationales et les forces en présence

Depuis le 05 novembre 2019, cette stratégie appliquée au cas du Mali a été publiée en ligne aux récipiendaires cités ci-après et livrée par courrier porté, entre autres, à la présidence, la primature, aux ambassades de France, d’Allemagne et des Etats Unis, sous forme de lettre.

  1. L’indispensable implication des citoyens, des communautés et des politiques de la zone sahel dans la conception et la mise en œuvre du cadre consensuel et du dispositif de responsabilisation et sécurisation collectives et partagées

Bien que signalant la nécessité d’une stratégie commune et coordonnée contre le terrorisme, cette dernière ET l’implication des citoyens et des communautés ne sont pas suffisamment prises en compte dans les conclusions de la rencontre de PAU et dans les recommandations de l’ONU contrairement à la proposition de Dr Anasser Ag Rhissa qui considère les citoyens et les communautés comme une force qui doit être intégrée et doit collaborer avec les autres forces en présence.

Il faut, donc, un mécanisme pour la sensibilisation des citoyens, des communautés, des députés et des politiques à ces propositions et recommandations, pour leur appropriation et l’intégration de ces derniers dans le cadre consensuel, politique et stratégique et dans le dispositif opérationnel de responsabilisation et sécurisation collectives et partagées.

Ceci afin de cultiver la confiance et la cohésion ET d’éviter leur exclusion au risque que ne se développe ou ne s’amplifie le sentiment anti-forces étrangères dans la zone sahel.

L’intérêt d’un tel mécanisme, de sensibilisation, appropriation et intégration/implication des citoyens, des communautés, des députés et des politiques dans le dispositif de lutte contre le terrorisme et l’insécurité dans la zone sahel, est conforté par certains  des propos d’IBK, dans son discours pour l’anniversaire de l’armée, le 20 janvier 2020,  et par le conseil de sécurité de l’ONU Concernant l’accord de paix et le rapprochement entre la Minusma et les populations du centre (Mopti).

C’est ainsi, qu’IBK en tant que chef des armées a dit que les soldats doivent faire tout pour avoir la confiance des  populations, être en phase avec les populations et être à équidistance des communautés.

Pour moi, nos propositions doivent rapprocher les citoyens, les communautés, les députés et les politiques, en tant que force, des autres forces en présence (forces de défense et sécurité) chez nous en renforçant, entre autres, les relations civilo-militaires et en les intégrant dans la conception et la mise en œuvre de ces propositions.

Cet important aspect  n’est pas suffisamment pris en compte dans la proposition issue de la rencontre de PAU, la coalition pour la paix et ses quatre piliers. Cette dernière devait avoir une orientation « citoyen » visible en prenant en compte les besoins des citoyens et des communautés soumis par eux-mêmes.

Cette orientation devait être symbolisée par la participation à la rencontre de PAU de quelques représentants des communautés, des citoyens, des députés et des politiques des cinq pays du G5 Sahel.

Mais, il est toujours possible de tenir plus compte des besoins des citoyens et des communautés, des députés et des politiques de la zone sahel en créant un DIALOGUE INTER-ETATS du sahel, réduit aux cinq pays du G5 Sahel dans un premier temps, pour faire un inventaire de leurs besoins et projets durables ET surtout aider à dissiper l’éventuel sentiment anti-forces étrangères dans la zone sahel.

Cet inventaire devra prendre en compte les projets PIP (Projets d’Investissements Prioritaires) du G5 Sahel soumis en 2018 et les résolutions et recommandations du DNI (Dialogue National Inclusif) qui s’est terminé le 22 décembre 2019 à Bamako.

Je lance un APPEL à la coalition pour le sahel, aux cinq chefs d’états de la zone sahel et au Président Français, et à l’ONU pour organiser un tel dialogue inter-états du sahel, auquel pourront participer des représentants des partenaires, pour faire l’inventaire des besoins et projets durables des citoyens et des communautés de la zone sahel.

Un tel dialogue permettra d’éliminer les frustrations, dissipera le sentiment anti-forces étrangères, permettra l’implication effective dans les propositions ET créera des emplois à travers les projets à proposer.

Avant la rencontre de juin 2020 entre les Présidents du G5 Sahel et le Président Français, ce dialogue inter-états pourra être organisé et des délégués des communautés et citoyens de la zone sahel pourront être désignés pour participer à la prochaine rencontre auprès de ces six chefs d’états.

Comme il n’est jamais tard pour mieux  faire,  pour unir et pour renforcer la cohésion autour des forces en présence dans la zone sahel, si le temps est court pour organiser ce dialogue inter-états, au niveau de la base, au niveau de la base, au sahel, avant juin 2020, un tel dialogue pourra être reporté à plus tard.

  1. Refonte et adaptation du mandat de la Minusma (ONU)

Pour une paix durable au Mali et pour l’efficacité de la sécurisation, de la stabilisation et de la protection des populations et de leurs biens au Mali, la Minusma doit être refondée            avec PLUS DE MOYENS, adaptée et avoir un mandat plus robuste lui permettant d’être plus utile au Mali et d’assurer efficacement ses fonctions.

J’avais écrit, le 14 juin 2019, une lettre ouverte en ligne adressée au Président du conseil de sécurité de l’ONU et au secrétaire général de l’ONU dans laquelle j’ai proposé cette refonte, cette adaptation, l’agilité et la robustesse du mandat de la MINUSMA.

Elle est intitulée :

Refonder et adapter la Minusma au contexte Malien ainsi que ses synergies avec les autres forces en présence avec respect du pacte pour la paix et de l’accord de paix

Heureux de constater que l’ONU est maintenant en phase avec ma proposition comme indiqué dans le compte-rendu de la réunion de son conseil de sécurité du 15 janvier 2020.

  1. Conclusion

Il est souhaitable que la stratégie collective et inclusive de lutte commune contre le terrorisme et l’insécurité dans la zone sahel, que je propose, soit appliquée au Mali et dans la zone sahel, en liaison avec la coalition pour le sahel et d’autres partenaires (Japon, USA, …), sans oublier l’intégration et l’implication des citoyens et des communautés dans le dispositif de responsabilisation et sécurisation collectives et partagées associé.

Un dialogue inter-états du sahel pourra aider pour cette intégration/implication et dissipera aussi les éventuels sentiments anti-forces étrangères dans la zone sahel.

Pour le Mali et le bien-être des citoyens de la zone sahel, respectons TOUS, les parties prenantes et tous les acteurs y compris les forces partenaires, nos engagements (de sécurisation, de stabilisation, …, dont les engagements financiers pour les partenaires) et nos responsabilités.

Nous souhaitons l’extension du pacte pour la paix, et le régime de sanctions associé, à toute la zone sahel pour la garantie des engagements des parties prenantes et des acteurs.

Nous attendons plus des forces partenaires malgré les efforts consentis surtout pour garantir la mise en œuvre les concepts de sécurité collective ET partagée (responsabilité partagée) ET de rédévabilité collective mutuelle. En plus, un suivi-évaluation est nécessaire pour la garantie de leurs engagements.

Nous souhaitons qu’au Mali, le G5 Sahel soit sous le chapitre VII de la charte des Nations Unies et sous financement de la Minusma (ONU).

L’ONU a salué la création de la coalition pour le sahel, nous souhaitons un effort supplémentaire (en plaçant le G5 Sahel sous le chapitre VII de la charte de l’ONU) de la communauté internationale, à travers le conseil de sécurité de l’ONU, pour contribuer à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité dans la zone sahel au risque de laisser le problème se déporter, avec une grande acuité, aux niveaux régional et international.

Circonscrire la lutte au niveau de la zone sahel et la gagner, TOUS ENSEMBLE,  sera sûrement mieux et moins cher que de lutter aux niveaux régional et mondial contre des métastases du terrorisme et de l’insécurité généralisés et leurs impacts sur les citoyens et les pays de la zone sahel et du monde entier.

  1. Contact

Dr Anasser Ag Rhissa

Expert TIC, Gouvernance et sécurité

Président de l’ONG Tilwat International

E-mail : Anasser.Ag-Rhissa@orange.fr

TEL 00223 78731461

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