Covid-19 : à Tombouctou, imams et écoles coraniques s’investissent dans la lutte

À Tombouctou, les mosquées et les écoles coraniques s’investissent dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. 

À la date du 13 juillet 2020, 2 412 cas positifs ont été enregistrés au Mali, 1730 personnes guéries, 121 décès depuis l’irruption de la pandémie de Covid-19, le 25 mars 2020. Tombouctou a enregistré ses premiers cas le 9 mai 2020 et, concernant le nombre personnes infectées, est la région la plus touchée. Avec plusieurs centaines de personnes contaminées en un mois, elle vient juste après la capitale, Bamako.

 

Face à la montée en flèche des cas de contamination, plusieurs initiatives locales ont vu le jour. Cette crise a notamment mis en évidence le rôle des religieux, qui ont une grande influence sur la population. Ces derniers ont pris des initiatives pour pouvoir lutter contre la propagation du virus..

Sensibilisation dans les mosquées 

Les imans de plusieurs mosquées ont décidé de sensibiliser les croyants à la fin de chaque prière. Comme l’imam de la mosquée de Djingarey Ber, certains ont même publié des vidéos sur les réseaux sociaux pour sensibiliser.

« Devant nos mosquées, nous avons mis des dispositifs de lavage des mains. Nous avons demandé aux fidèles de respecter la distance de sécurité recommandée. Nous ne pouvons pas nous empêcher de nous rendre dans les cérémonies funéraires, mais il faut que chacun porte son masque. Aux fidèles également, je demande de multiplier les prières », explique l’imam Abderrahmane Ben Essayouti.

Dans plusieurs quartiers de la « ville sainte », les autorités religieuses ont décidé de faire des sacrifices de taureau. La viande est ensuite donnée à des familles vulnérables. Ces dons ont été suivis de la lecture du Coran. Selon Bagna Touré, habitant à Djingarey Ber, quartier de Tombouctou, ces initiatives offrent l’occasion de faire des bénédictions pour la ville et prier pour que les malades recouvrent la santé. « Nous avons aussi souhaité que chaque famille face une aumône de 120 francs CFA », ajoute-t-il.

« Les filles ne viennent plus »

Dans les écoles coraniques, les enseignants ne sont pas restés en marge de la lutte contre le coronavirus. Plusieurs maîtres coraniques ont pris des initiatives dans leurs écoles (« tirahou »). La double vacation a été instaurée pour permettre de respecter le mètre de distance. Bachir Alassane, qui étudie chez Baba Moulaye à Djingarey Ber, confie qu’il s’est retrouvé dans le groupe de la nuit pour l’apprentissage du Coran.

Dans certaines écoles, certaines filles ne viennent plus à cause de ces aménagements : seuls les garçons continuent de venir. Les jeunes responsables des médersas sensibilisent les apprenants sur les gestes barrières et distribuent les masques qui leur ont été remis par certaines associations. Devant chaque école coranique, est installé un dispositif de lavage des mains.

Source : Benbere

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