Chronique : Foutez la paix au Mali ! Même les grandes puissances ont leur « Kidal »

« Le Mali est aujourd’hui plus instable que lors de la Transition ! ». Cette remarque que nous avons entendu d’un diplomate pourrait décourager les investisseurs étrangers et ça fait très mal de l’entendre. En effet, avec pareils propos, on a l’impression que le Mali, vu de l’extérieur, est un vrai chaudron. Foutaises !

 rebelle mnla DIABALY

C’est vrai que notre pays est un jeune Etat qui jette sa gourme. Comme d’autres nations qui dominent le monde actuellement sont passées à ce stade dans leur processus de développement. En plus, il ne faut pas oublier que ceux qui prétendent donner des leçons au Mali, notamment les pays occidentaux et des voisins de la Cedeao, ont construit leur démocratie sur les ossements de victimes d’affrontements divers opposant les fils du même pays.

La France a eu le nationalisme corse qui constitue d’ailleurs un volcan endormi. On le soupçonne parfois de vouloir se réveiller. L’affaire du Préfet Erignac abattu par des nationalistes corses, ne rappelle-t-elle pas nos préfets tombés sous la lâcheté des rebelles touarègues ? Comme l’histoire est cruelle !

Le voisin de la France, l’Espagne,elle aussi a eu son E.T.A. tristement célèbre par ses nombreuses actions dévastatrices. Avec combien de victimes ?

Au Royaume-Uni, on peut se réjouir aujourd’hui de ne plus avoir à craindre les actes des mouvements nationalistes irlandais et autres.

Tout près de nous, chez un voisin immédiat, le Sénégal, la rébellion casamançaise, tel Phoenix renaissant de ses cendres, se manifeste toujours au moment où on s’y attend le moins.

Chez un autre voisin, la Côte d’Ivoire, on est en train, tant bien que mal, de recoudre les morceaux parce que le pays s’était retrouvé en lambeaux, il y a si peu.

Au Nigeria, les terroristes de BokoHaramsont en train de semer la désolation dans des milliers de familles endeuillées, pendant que l’armée nigériane qui se vantait d’être l’une des plus puissantes d’Afrique, n’a pas aujourd’hui meilleure image que celle du Mali où elle est venue parader il n’y a guère longtemps, dans des zones éloignées de la poudrière du nord du pays.

Citer tous les cas connus en Europe, en Afrique, en Asie et même en Amérique, reviendrait à faire une édition spéciale de notre journal sur la question. Mais CQFd (ce qu’il fallait démontrer) : que l’on foute donc la paix au Mali si on ne veut pas l’aider à trouver une solution définitive à cette question de Kidal.

C’est pour dire que chacun a son « Kidal », mais cherche les moyens de s’en occuper de la meilleure façon possible. C’est là où nos autorités sont interpellées car il est facile de d’indexer la France, la Minusma et que sais-je encore ! Celui qui pointe un doigt accusateur vers quelqu’un, aaussi plusieurs doigts qui le désignent. C’est clair qu’il faut savoir compter sur ses propres forces avant d’attendre un coup de pouce des autres. Comme quoi le Mali doit chercher ses propres méthodes pour en finir avec l’action néfaste de ces apatrides du MNLA, du HCUA, du MIA, du MAA et leurs alliés, connus ou cachés.

Evidemment, nous ne parlons pas de discours sur les méthodes, mais de méthodes en termes d’actes concrets et efficaces. Autrement dit, le Mali doit dépasser le stade des autorités qui parlent beaucoup, expliquent à tout bout de champ, se justifient pour un rien, alors que les résultats attendus par les populations tardent à voir le jour.

Par ailleurs, le respect du principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation est un sacerdoce de l’Onu qui doit par conséquent aider – avec franchise et sincérité- à enrayer tous les mouvements qui tendent à aller à l’encontre de ce principe sacro-saint. Mais en créant deux Etats distincts au Soudan, les grandes puissances de ce monde, celles-là mêmes qui forment le Conseil de sécurité de l’Onu, ont commis un sacrilège. Pire, le cas du Soudan est un espoir donné à tous les groupes indépendantistes qui s’agitent un peu partout en Afrique.

Et pourtant, en République Démocratique du Congo, on a vu les casques bleus de l’Onu combattre le mouvement rebelle du M23 aux côtés de l’armée congolaise. Pourquoi deux poids et deux mesures ?

Pourtant, à côté de la RDC, notamment en République Centrafricaine, on s’achemine lentement et sûrement vers une scission du territoire en deux Etats distincts : le nord pour les musulmans présentés sous le manteau de la Séléka et le sud pour l’alliance des chrétiens et animistes regroupés sous le vocable « antibalaka ». Un schéma tracé par la France pour faire min-basse sur les richesses du sous-sol. Cette France de Serval qui nous a fait rêver au Mali, mais qui nous donne aujourd’hui les pires cauchemars par son jeu trouble à Kidal. N’est-elle pas en train de conduire le Mali dans la même dynamique que la Centrafrique, notamment en nous faisant progressivement consommer une partition du territoire, malgré les discours mielleux, véritables somnifères pour nous endormir ?

Dans cette situation, le Mali a besoin d’une union sacrée autour de l’essentiel. Raison pour laquelle il faut saluer le gouvernement d’union nationale en chantier, en espérant que l’initiative ne soit pas torpillée par les faucons qui entourent IBK et dont la seule chance d’exister : c’est dans la division.

Naturellement, en sens inverse, il convient de décerner un coup de sabot à ceux qui complotent contre l’Etat, notamment ceux qui ont voulu faire un coup d’Etat et se trouvent présentement alpagués par la Sécurité. Penser faire cela dans un pays meurtri par une agression extérieure favorisée par un coup d’Etat de militaires qui ont fui du front, c’est prouver qu’ils ne sont pas meilleurs que les gens du MNLA et du HCUA. Ils méritent tout simplement d’être pendus.

Ahmed Ben Nasser

SOURCE: La Sentinelle
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