Chérif Ousmane Madani Haïdara à propos de l’accord d’Alger : « Cet Accord n’est pas bon, mais entre deux maux il faut choisir le moindre et préserver l’essentiel »

Dans un entretien qu’il a bien voulu nous  accorder, le président de la plateforme de la société civile sur le nord, le guide spirituel d’Ançar Dine,  non moins Coordonnateur du Groupement des leaders spirituels musulmans, Chérif Ousmane Madani Haïdara,  a indiqué que  » l’Accord d’Alger n’est pas bon, mais qu’entre deux maux, il faut toujours choisir le moindre qui préserve la survie du Mali en tant qu’Etat, parce que c’est ce dont il s’agit aujourd’hui « .

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Pour un pays qui est loin d’avoir  sauvegardé l’intégrité de son territoire et qui a négocié dans des situations inconfortables, nous  n’avions  pas d’autres options que de réaffirmer notre  volonté pour la paix, précise Chérif Ousmane Madani Haïdara. Ajoutant  qu’en paraphant le document, le Mali s’est nettement engagé pour la paix en ayant avec lui l’appui et l’accompagnement constant de la communauté internationale.

Chérif Ousmane Madani Haïdara a relevé   que pour une question aussi centrale  que celle du nord, les autorités devraient impliquer toutes les sensibilités en les associant à tout le processus ayant abouti à la signature de l’Accord d’Alger.  » Ceux qui nous ont expliqué cet Accord disent qu’il comporte des points intéressants, mais que dans certaines de ses dispositions il peut aussi être source de problèmes dans l’avenir. Je vous signale qu’entre deux bonnes choses, il faut toujours choisir  celle qui est meilleure. Mais entre deux maux, il faut opter pour le moindre.  Il me semble que les autorités ont opté pour le moindre. Ce qui prouve déjà que l’Accord  en question n’est pas parfait. Si le Mali n’avait pas signé cet Accord,  le pire n’était-il pas à craindre  » ? Ne serions-nous pas perçus comme des va-t-en-guerre ? Chérif Ousmane Madani Haïdara d’ajouter :  » Chaque fois qu’on a la possibilité d’éviter la guerre, le drame humain, la confrontation armée,  il faut l’encourager. Nombre de Maliens estiment que les groupes armés qui nous font la guerre sont non seulement mieux équipés, mais ils ont des soutiens de taille au niveau de certains pays. Sans oublier qu’ils ont aussi des alliés narcoterroristes auxquels notre pays ne peut pas,  à lui seul  présentement,  faire face. Je ne pense pas que le Gouvernement ait eu d’autres options, car il a négocié le couteau sous la gorge. Le pays est arrêté, les activités tournent au ralenti et tout semble suspendu à cette question du nord « . Le  grand prêcheur de relever  » que nous devons savoir raison garder  et mettre souvent la passion de côté. Si l’accord n’était pas paraphé par le Gouvernement, il aurait eu toute la communauté internationale sur son dos avec le  risque de voir certains de nos partenaires nous lâcher et les groupes armés  à nos trousses à travers des  attaques au-delà de leur zone d’influence « .A la question de savoir pourquoi  parapher  un document jugé non parfait par une frange importante  de la population,  il précise que la signature de cet Accord en l’état actuel permet à notre pays de relancer le développement économique, de rétablir la confiance avec  les partenaires pour investir et de préparer le retour des réfugiés. Le moment venu, explique-t-il, nous pourrons mieux nous préparer et organiser notre outil de défense pour l’armée  pour qu’elle puisse faire face à sa mission régalienne.

Signalons que les membres de la plateforme de la société civile sur le nord ont reçu,  mercredi dernier,  la Coordination de la majorité présidentielle à propos de l’Accord d’Alger. Auparavant le chef de la délégation de la plateforme de la société civile sur le nord,   qui s’était rendu dans certaines capitales européennes pour plaider l’intégrité et l’unité nationale du Mali avait,  avec les membres de cette organisation,    rencontré  une délégation de l’opposition  au Banconi. Il s’agissait pour chaque délégation de dégager  sa position sur l’Accord paraphé  le 1er mars par  le Gouvernement,  six mouvements armés et les représentants de la communauté internationale. Le président de cette plateforme a salué chacune des délégations pour cette démarche tout en les exhortant à prôner la paix et la cohésion sociale. En outre, il les a encouragés à mettre le pays au-dessus des considérations partisanes.  » Le développement tant souhaité passe par la paix entre décideurs, il y va de l’intérêt de ce pays. Nous avons obligation de nous entendre entre nous et rassurer ceux qui veulent aider notre pays à sortir de cette crise  » a-t-il fait savoir.

Il nous revient que les différentes confessions religieuses du pays projettent une rencontre très prochainement en vue de dégager une position commune en vue de la consolidation de l’unité nationale.

Abdoulaye Diarra

 

 

Source: L’Indépendant

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