Cercle de Goundam : ENTRE EXASPERATION ET ESPOIR

Le cercle de Goundam, comme la plupart des circonscriptions administratives du Nord, se caractérise par l’immensité de sa superficie. En effet, il s’étend sur environ 92.688 km². La situation sécuritaire qui s’est fortement dégradée dans le cercle depuis des mois, a déjà fait l’objet de plusieurs articles dans ces mêmes colonnes.
Malgré quelques signaux positifs perçus ces dernières semaines, le grand banditisme persiste et la situation semble toujours échapper aux autorités locales. La faible présence de l’État favorise les abus de toutes sortes.

rebelle mnla touareg bandis armee combattant azawad ville nord mali kidal gao tombouctouAprès la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation, certains membres des groupes armés sont revenus dans leur localité d’origine, notamment dans l’ouest du cercle de Goundam. Ils ont débarqué avec familles, bagages et … armes. Ils ont occupé plusieurs sites  aux abords de la mare d’Erech sur le site de Koigoumo, entre Adarmalane et Tin-Aicha, et pris le contrôle de toute la zone allant jusqu’à Déyber, à 25 km de la ville de Goundam.
D’autres communes frontalières de l’ouest du cercle, (le Tilemsi et Aljounoub) sont sous la coupe d’autres hommes armés qui seraient des éléments du MAA. Dans la zone de Gargando, Raz-El-Ma, Tin-Aicha et Essakane, les hommes visibles en armes seraient du MNLA.
Plusieurs voyageurs assurent que ces hommes armés tentent de rassurer la population. Leur présence dissuaderait d’ailleurs les bandits de grand chemin qui, il y a peu, avaient rendus les voies infréquentables. Les voyageurs étaient constamment braqués et dépouillés de tous leurs biens. Des gens étaient enlevés, assassinés.
Mais, en échange de leur « protection », les hommes en armes récemment rentrés ont imposé d’autres pratiques qui passent mal chez les voyageurs et forains. Ils ont ainsi institué un droit de traversée. Pour chaque véhicule, il faut payer à 2000 Fcfa. Dans les marchés, les hangars sont taxés à 500 Fcfa l’unité, les jours de foire, tandis que les éleveurs doivent payer 500 Fcfa par tête de bœuf et 200 Fcfa par mouton.
L’imposition de ces « taxes » a bien entendu créé un sentiment général de colère. La population souhaite le cantonnement des ex-combattants et le redéploiement des forces armées et de sécurité le plus tôt possible. Cette semaine, entre Goundam et Tombouctou, un événement est survenu qui illustre parfaitement l’atmosphère qui prévaut dans la zone. Trois troupeaux de bœufs ont été enlevés par des bandits. Qu’en font-ils ? Ils proposent simplement de remettre les bœufs à leurs propriétaires, contre le paiement d’une rançon. Au total, les éleveurs ont dû régler 700.000 Fcfa pour rentrer en possession de leurs biens !
Toujours la semaine dernière, une rencontre s’est tenue entre les responsables des groupes armés dans le cercle de Goundam à la Maison des jeunes de Goundam. Peu de temps après, un convoi d’une trentaine de véhicules appartenant au MNLA qui séjournait à Goundam s’ébranlait vers Raz-El-Ma pour participer à une rencontre intercommunautaire. Ces deux rencontres ont suscité beaucoup d’espoirs en une nette amélioration de la situation sécuritaire.
A. A. TOURE
AMAP-Goundam

source : Essor

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *