Ce que les Maliens pensent de nos Famas à Kidal: « La présence de notre armée à Kidal est une très bonne chose, mais est-ce qu’elle sera permanente ? »

Les Maliens auront attendu longtemps. La cloche a sonné à la porte de Kidal. Notre armée y est enfin entrée. Cependant, ce nouveau départ ne serait pas perçu comme un événement grandiose par bon nombre de Maliens. Qu’en pensent-ils donc ?

Sonnant l’hallali depuis la crise de 2012, les Maliens sont dorénavant attentifs quant à l’évolution de la situation au nord du pays, surtout à Kidal. Nos Famas y sont entrés avec beaucoup d’espoir. Nos trois régions septentrionales avaient à l’époque subi des assauts terroristes. De ce jour à aujourd’hui, les tendances auraient changé, car elle n’y avait pas mis les pieds depuis cette date. Et maintenant, elle y entre, sur les terres de Kidal, ses propres terres. Les Maliens réagissent, et nous avons fait un micro-trottoir afin de connaître le point de vue des uns et des autres. Néanmoins, certains se nourrissent d’espoir, en conservant tout de même une part de doute, et préfèrent être prudents aux mots qu’ils diront par rapport à l’évolution de la situation.

Zoumana Diané, élève professeur à l’École Normale Supérieure de Bamako (ENSUP), pense que : « La présence de notre armée à Kidal est une très bonne chose, mais est-ce qu’elle sera permanente. Cependant, ce retour est une sorte d’espoir, un espoir pour tous les Maliens. Si on essaie de le faire, cela veut dire que le processus de paix est en marche. Et il faut que l’État prenne ses responsabilités en apportant des moyens nécessaires. »

Toutes les personnes que nous avons interrogées pensent la même chose, cependant, se retiennent. « J’espère que leur présence entraînera un changement, dit Modibo Ibrahima Kanfo, écrivain et poète malien. Cependant, rien ne semble être sûr au Mali. Chaque jour, de nouvelles situations jaillissent. Difficile de donner une réponse certaine. Laissons le temps juger. »

« C’est un début d’espoir, mais il reste beaucoup à faire, car il ne suffit pas d’envoyer quelques éléments à Kidal. Il faut que beaucoup d’éléments de l’armée soient à Kidal. Il faut aussi que l’administration soit à Kidal, que l’État soit massivement représenté, » a laissé entendre Modibo Touré, écrivain et romancier.

Comme expliquer par nos différents interlocuteurs, la présence de notre armée à Kidal est un ouf de soulagement et un espoir pour la préservation de l’intégrité du territoire, mais elle représente cependant des doutes quant à son maintien dans le temps.

Moriba DIAWARA

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