Blocage dans l’installation des autorités intérimaires a Tombouctou et Taoudeni : Les bandits armés du CJA méritent d’être corrigés à juste titre !

Le chantage de trop du CJA, tel semble être le point de vue de tous les maliens par rapport aux exigences du Congrès pour la Justice dans l’Azawad (CJA). Les installations des autorités intérimaires dans les régions nord de notre pays sont une prime à la prise des armes. « Les autorités maliennes ne connaissent que le langage des armes », estiment le plus souvent les leaders des différents groupes armés qui sont à la base des rebellions successives au nord du Mali.

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Plus qu’une prime, c’est une rente bénie pour les rebelles. Ils ne s’en sont pas cachés, ils ont dit haut et fort, que le gouvernement n’est sensible qu’au crépitement des armes. Et les armes, ils savent s’en servir et les faire crépiter. Lorsque l’armée capitule devant eux à Tombouctou même, où elle est chargée de maintenir l’ordre troublé par le CJA.

Au Mali, nous n’obtenons rien sans utiliser les armes. C’est pourquoi, dans les différents processus de négociation, chaque fois qu’il y a un blocage, ce sont les attaques, les actes de sabotage. Avec à la clé le chantage.  Malheureusement les plus hautes autorités cèdent. Elles tombent dans le piège. Tel semble être le cas, du  Congrès pour la Justice dans l’Azawad, le CJA. Le CJA s’oppose à l’installation des autorités intérimaires. Les discussions avec le gouvernement étaient toujours au point mort, en fin de semaine.

« L’état-major militaire du CJA met en garde contre tout soutien direct ou indirect de la part de tout groupe armé quelle que soit sa filiation à la mise en place des autorités intérimaires à Tombouctou et Taoudéni. Un tel comportement sera considéré immédiatement par le CJA comme une déclaration de guerre. L’état-major du CJA sait compter sur la bonne compréhension de tous », avait déclaré le colonel Abass Ag Mohamed Ahmad, chef militaire du CJA le 8 mars dernier.

Pendant que les discussions se poursuivaient, le CJA et un groupe armé, le MAA détenaient toujours trois checkpoints, des points de contrôle qui sont censés être contrôlés par l’armée malienne aux abords de Tombouctou. Une armée malienne qui se laisse faire. Ses éléments assistent pénards à la scène.

Face à la pression et au chantage, le ministre de l’Administration territoriale, Mohammed Ag Erlaf, a cédé sur toutes les doléances relatives à la représentation du groupe armé dans les commissions. Il même parti très loin, en proposant des postes de conseillers spéciaux au niveau des autorités intérimaires. Malgré cette concession des autorités, les éléments du CJA campent sur position. Ils veulent plus.

Plus précisément, ils veulent un élu au sein même de ces autorités. Mais il n’y a que le président du Mali qui pourrait abroger par décret les nominations précédentes et procéder à de nouvelles.
Va-t-il céder une fois de plus ? Que faire, le CJA est en position de force. Les autorités négocient avec le couteau à la gorge. Pauvre Mali !

Sincèrement, l’affaire de l’installation de ces autorités intérimaires, faut-il le dire, a été mal négociée dès le départ. Le gouvernement avant toute chose, devait commencer par discuter avec les parties concernées, jusqu’à la conclusion sur la répartition des postes. Mais non, les incapables installateurs sont arrivés à Tombouctou avec leur liste des personnes de leur choix à imposer, sans tenir compte un seul instant des préoccupations des autres composantes de l’accord. Si les négociations avaient précédées l’installation des autorités, les dates n’auraient pas été reportées. Ils mettent toujours la charrue avant les bœufs, et ça ne marche pas.

Pour réussir sans coup férir de telles actions, la meilleure démarche consistait à tout mettre en ordre avant de fixer les dates. Ce n’est pas au moment du début de la cérémonie, qu’on se rend compte, que quelque chose n’a pas été fait.

Mais toute cette cacophonie était prévisible depuis 2012, lorsque les villes du Nord furent occupée, puis libérée après grâce à l’opération Serval. Sauf que le fameux Accord, au lieu d’être un échafaudage, fut un simple habillage sur le traumatisme et les plaies encore béantes de ces villes du Nord Mali. Comme quoi, l’Accord, on peut bien le jeter dans une poubelle, quant à la propagande et aux campagnes, le bal est ouvert.

Si dans l’imaginaire ce pays apparait uni, il va falloir se mettre devant la réalité qui donne tort à cette idée. Le jeu de pari des groupés armés et le jeu de dupe des partis politiques de Bamako avec ces différents groupes au Nord ne sauraient faire référence à une quelconque union, mais sert de chantage de l’un et d’instrumentalisation de la légitimité de l’autre, faisant entretenir malheureusement les positions tranchées initialement, à savoir la déconnection du pouvoir central des zones réclamées.

De toutes les façons, une fois que le gouvernement cède ça serait un précédent fâcheux. D’autres mouvements, d’autres groupes armés mécontents vont prendre quelques checkpoints, ils sèment le trouble, ils seront appelés et associer au processus avec la prise en compte de leurs revendications. A ce rythme, on ne va pas finir.

Pour qui connaît la célérité avec laquelle les groupes armés se forment dans le septentrion malien. Il y a de quoi s’inquiéter.  D’ores et déjà, beaucoup d’observateurs craignent que le gouvernement du Mali ait cédé sur certains points cruciaux  ce qui pourrait laisser libre cours à d’autres contestations, même dans des régions où les autorités intérimaires ont déjà été investies.

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