Au cours d’une rencontre secrète, en 2012, entre Oumar Mariko et les représentants de Ançardine : L’Algérie proposée comme terre des négociations inter-maliennes car s’étant opposée à l’intervention de la CEDEAO

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Alpha, ATT, Blaise Compaoré et Yayi Boni désignés comme étant des ennemis du Mali

L’accent mis par les terroristes sur l’application stricte de la charia
Le mercredi 12 septembre 2012,, une mission conduite par le Colonel Youssouf Traoré (porté disparu depuis les tragiques événements du 30 septembre 2013), chef de la Cellule des Opérations Spéciales du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité (CMSRFDS), a effectué, en compagnie notamment du député Oumar Mariko, une mission à Niafunké (région de Tombouctou) en vue de rencontrer des représentants du mouvement terroriste et jihadiste Ançardine de Iyad Ag Ghali. A l’issue de la rencontre, le chef de la délégation de Ançardine, Attayoub Ag Hanga, a proposé l’Algérie comme terre des négociations inter-maliennes, dans la mesure où ce pays aurait été le seul  » à s’opposer à l’intervention de la CEDEAO « . Quant à Oumar Mariko, désigné dans le document comme facilitateur, il aurait  » identifié Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, Blaise Compaoré et Yayi Boni comme étant les vrais ennemis du Mali « .

On est le 12 septembre 2012, quand le nord du Mali était entièrement sous le joug des forces terroristes et jihadistes d’occupation. C’est en ce moment et ce jour, par un vol spécial qui a, d’ailleurs, fait en son temps l’objet de moult supputations et interrogations, que le bouillant député proche des putschistes du 22 mars 2012, Oumar Mariko et  le désormais disparu Colonel Youssouf Traoré, ont atterri à 9 h02 mn à l’aéroport de Niafunké.

Objet de cette mission secrète et hautement décriée par une opinion nationale indignée et révoltée par les brimades que les groupes armés faisaient subir aux populations au nord Mali : rencontrer et discuter avec des représentants de Ançardine. A cette rencontre avaient pris part, en plus de Attayoub Ag Hanga, Aradaouane Ag Mohamed Ali, Colonel M’Bareck Ag Akli, Colonel Alkalifa Ag Almaki et Kamma Ag Minini.

Du côté de la délégation envoyée par le chef de l’ex-CNRDRE, le Capitaine et futur Général Amadou Haya Sanogo, il y avait trois sous-officiers et deux civils en plus des deux personnes précitées, à savoir le Colonel Youssouf Traoré et le député Oumar Mariko. Dans son intervention, le Colonel Youssouf Traoré a, selon le document,  » rappelé les motivations profondes du coup d’Etat du 22 mars 2012, lesquelles se résument aux mensonges, injustices, marginalisation de l’Armée et gabegie « . Il aurait ensuite ajouté que le coup d’Etat  » a mis en mal les complices et les ennemis intérieurs et extérieurs du Mali qui, sous la houlette du Colonel Abdine Guindo, ont pris les armes pour faire un contre coup d’Etat les 30 avril et 1er mai 2013 « . Mais, a-t-il poursuivi,  » avec l’engagement et l’esprit patriotique de toutes les forces armées et de sécurité, les assaillants, qui avaient déjà occupé l’ORTM et l’Aéroport, ont pu être délogés « .

Revenant au contexte même de la rencontre, le Colonel Youssouf Traoré a exprimé devant les représentants de Ançardine le désir de la junte  » d’entamer des échanges afin d’en finir avec le problème et donner au Mali son unité ».

Prenant à son tour la parole, le Colonel M’Bareck Ag Akli, l’un des représentants de Ançardine, a  »  transmis les salutations du guide de Ançardine Iyad Ag Ali  » aux membres de la délégation de l’ex-junte. Il situera ensuite l’origine de la crise qui remonterait, d’après lui, à 2006 quand le gouvernement de Amadou Toumani Touré ne les ont  » pas pris au sérieux « . Il soutiendra que depuis son arrivée au pouvoir,  » ATT n’a pas pu mettre en place une politique pour gouverner le Mali  » et que  » tous les hommes politiques maliens se sont laissés engloutir dans ses manœuvres excepté l’honorable Oumar Mariko qui s’est démarqué par ses prises de positions radicales « .     Selon ce représentant du mouvement Ançardine allié à AQMI,  » ATT a ensuite mis en place une milice avec l’aide du Colonel Gamou pour semer le désordre « . Cet émissaire de Iyad Ag Ghali aurait demandé à la délégation de l’ex-CNDRE  » le remplacement de Alhamoudou Ag Illiene, Consul du Mali au Niger  » qui travaille, selon lui, avec  » le régime défunt et ses complices Gamou et Ould Mehdou « .

D’après le document,  » Oumar Mariko, en sa qualité de facilitateur « , aurait  » identifié Alpha Oumar Konaré, ATT, Blaise Compaoré et Yayi Boni comme étant les vrais ennemis du Mali « . Le député en question aurait également  » déclaré que ces ennemis se serviront de la charia imposée par Ançardine pour justifier l’intervention de la CEDEAO afin de parvenir à leurs fins ». A l’issue des entretiens, le chef de la délégation de Ançardine a demandé d’organiser les futures rencontres en Algérie au motif que  » seul ce pays s’est opposé à l’intervention de la CEDEAO au Mali « . Il a également tenu, selon le document en notre possession,  » de mettre l’accent  » sur leur credo  » qui est l’application de la charia « .

Comme on le voit, les futures négociations qui débuteront demain, risquent de déraper. Cela dans la mesure où le groupe terroriste Ançardine, qui sera présent à travers le HCUA notamment, va demander d’amputer Kidal du Mali pour ensuite y faire appliquer la charia qui est leur credo. Quand on sait que le chef de Ançardine Iyad Ag Ghali a récemment tenu, dans la ville même de Kidal, une rencontre avec les représentants de l’ensemble des groupes rebelles qui seront représentés aux négociations du 16 juillet prochain en Algérie, la prudence et l’intransigeance doivent être de rigueur.
 Mamadou FOFANA

SOURCE: L’Indépendant

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