Attaques terroristes au Mali : Gao, Kidal, des terres sans répit

La fête pascale aura été ensanglantée à Gao, dans le Nord-Mali. En effet, très tôt dans la matinée du 5 avril, cinq roquettes ont été tirées dont l’une a atteint une maison au nord de la ville, tuant une femme et blessant grièvement trois membres de sa famille. Et ce n’est pas tout.  L’une des cinq roquettes tirées est tombée en plein centre-ville de Gao. Qui en est l’auteur ? Bien malin qui pourra répondre à cette question à zéro inconnue.

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Car, même sans les avoir encore revendiqués, tout le monde sait que ces attentats portent la marque des djihadistes qui, rappelons-le, avaient réussi à mettre sous coupe réglée tout le septentrion du Mali, avant d’être chassés par les forces françaises de Serval. Et Gao, la ville souffre-douleur, en avait payé un lourd tribut, occupée qu’elle était par le Mouvement pour l’unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) qui, au nom d’une idéologie à valeur discutable pour ne pas dire insensée, prenait du plaisir à supplicier les populations.

Cela dit, ce nouveau mode opératoire qui consiste à tirer des roquettes sur la ville, a de quoi inquiéter outre mesure les populations qui, d’insécurité lasses, ne savent plus désormais à quels djihadistes se vouer, tant ils sont tous sanguinaires. Mais ce qu’il y a de plus ahurissant et consternant, c’est que ces tirs au bazooka ont lieu au  nez et à la barbe d’un effectif militaire fort de 800 hommes déployés par Bamako. Que se passe-t-il alors ? A-t-on laissé le terrain aux djihadistes qui en profitent pour reprendre du poil de la bête ? Tout porte  à le croire puisque le maire de Gao ne va pas avec le dos de la cuillère pour dénoncer ce qui ressemble à ses yeux à un laxisme coupable. Et il n’a pas tort.

Il y a urgence à agir

Car, sans être spécialiste en balistique, on sait bien qu’il est possible d’identifier très rapidement les endroits d’où ont été tirées ces roquettes et de neutraliser si possible les auteurs qui ne sont pas d’ailleurs à leur premier coup d’essai. On se rappelle que pas plus tard que la semaine écoulée, un conducteur travaillant pour le comité international de la Croix-Rouge a été tué dans une attaque menée par les mêmes djihadistes à quelques encablures de Gao, en rajoutant ainsi à la psychose des populations.

Tant que c’était Kidal, le gouvernement malien avait beau jeu de jeter la responsabilité sur le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui en a fait d’ailleurs une forteresse. Mais Gao, pour autant que l’on sache, est sous le contrôle des forces de défense et de sécurité maliennes dont l’incurie le dispute à la poltronnerie.

En tout cas, ce serait une erreur monumentale de croire que ces multiples attaques à la roquette resteront circonscrites à la ville de Gao. Car si rien n’est fait, il y a fort à parier que les djihadistes qui reprennent peu à peu du service, vont de nouveau déstabiliser le Mali qui, pourtant, commençait à se remettre tant bien que mal de ses profondes blessures. Il y a donc urgence à agir, avant qu’il ne soit trop tard.

Pour cela, il faut multiplier les patrouilles comme le font les troupes françaises de Barkhane    qui ont réussi à libérer un otage néerlandais et qui, naguère, affirmaient avoir saisi une importante quantité d’armes et de roquettes au Nord-Mali. C’est à ce prix que l’on pourra espérer réduire la voilure de ces fous d’Allah qui ont réussi à faire de Gao et de Kidal des terres sans répit.

Boundi OUOBA

Source: Le Pays.bf

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