Accord d’Alger : Les réserves d’Iyad Ag Ghaly

Le rejet par Iyad Ag Ghaly du document d’accord du 1er mars et l’opposition farouche des chefs militaires sont les deux obstacles au paraphe par la Coordination des mouvements de l’Azawad retranchée dans l’Adrar des Ifoghas.

L’absence de l’ex-chef de rebelle des années 1990 et allié terroriste d’Aqmi, Iyad Ag Ghaly dans le processus de paix commence à se sentir sur le terrain. Au moment où le monde entier s’active à faire raisonner la Coordination des mouvements de l’Azawad à parapher, la pression du chef d’Ançar Eddine s’intensifie sur ses petits frères.

Pis, Iyad Ag Ghaly jure la main sur le cœur de rendre la vie difficile à tous ceux qui s’opposeraient à sa volonté. Si dans le Nord, il a fini par imposer sa suprématie, dans le reste du pays, notamment dans la région de Mopti, il se fait entourer d’un groupe composé d’enfants de la contrée. L’objectif est de déstabiliser cette partie du pays et de créer une psychose généralisée.
A Mopti et dans certaines localités de Ségou, Iyad Ag Ghaly a pu se faire des alliés qui s’organisent et attaquent notamment les zones de Ténenkou dans le but ultime de s’emparer de tout le Macina. Les attaques et actes terroristes de ces dernières semaines sont la preuve de la volonté manifeste de l’homme de déstabiliser le pays, soutient une source.
Ainsi, le deal qui existe entre lui et les membres de la CMA est toujours d’actualité. En premier lieu, il s’agit d’Alghebass Ag Intallah, Hamad Ag Bibi, devenu député, tous deux membres du Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA) qui n’est autre qu’une transformation de l’ex-mouvement islamique de l’Azawad (MIA) créé au moment où l’opération Serval démarrait.
Ces deux entités métamorphosées ne sont qu’un regroupement d’éléments d’Ançar Eddine fondé et dirigé par Iyad Ag Ghaly. Ce dernier avait été aussi le compagnon et l’allié inséparable du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dans la chute des régions et l’occupation des régions du Nord.
Pour toutes ses raisons, nous dit un observateur, il est difficile, voire impossible pour ces différents membres de la CMA de laisser en marge de l’accord le puissant et craint Iyad. En somme, la non-signature de l’accord par la CMA est simplement le fait qu’Iyad Ag Ghaly ne se retrouve pas dans le document proposé. Et au stade actuel, c’est cette nouvelle donne que tente de résoudre la médiation.

Quid de la branche militaire
La tension est vive devenue quelques semaines entre ceux qui négocient et décident politiquement à la place de CMA et sa branche dite militaire. Une équation que tente de résoudre, Bilal Ag Achérif, Alghabass Ag Intallah et autres sans y parvenir. En effet, nos sources font état d’un véritable bas de fer qui a gagné les rangs de la CMA et la volonté des chefs militaires est prise très au sérieux.
Cette entité dit à qui veut l’entendre que le document de l’accord d’Alger ne satisfait pas ses doléances, notamment la place qui doit revenir à ses combattants devenus de plus en plus nombreux. Pour Cheick Haoussa, Najim, Bamoussa Diarra, Hassane Fagaga et autres chefs militaires, tapis dans l’ombre, il n’est pas question d’accepter un accord alors que les clauses sur leur avenir sont mal définies.
« Nous voulons de garanties en termes de grades, d’un nombre qui va être recruté dans l’armée et les autres services. Ce qui est loin d’être le souci de certains de nos camarades qui ont décidé de baisser les bras », nous a confié un responsable militaire de la CMA, hier dans la journée.
Mise au courant de cette donne et consciente de l’enjeu qui se cache derrière ses revendications, la médiation internationale ne pouvait qu’accepter la proposition de la Coordination ; à savoir : une nouvelle réunion directe entre le gouvernement et les mouvements de Kidal.
Alpha Mahamane Cissé

Source: L’Indicateur du Renouveau
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