Abdoul Majid dit Nasser, chef de tribu Kel Antasar : «Je reste fidèle à mon serment de servir loyalement mon pays et ma communauté»

Abdoul Majid dit Nasser est le chef de la tribu Kel Antasar, une communauté touareg composée de 300 fractions nomades et sédentaires et d’une vingtaine de villages. Il nous entretient ici sur un certain nombre de sujets d’actualité.

Monsieur Abdou Majid dit Nasser, dites-nous quelle est votre place aujourd’hui dans la communauté Kel Antasar ?

Je suis d’abord fier d’être citoyen malien et ressortissant de cette tribu. Présentement, j’ai le redoutable honneur d’être celui sur lequel la communauté a jeté son dévolu pour prendre la charge écrasante de Chef de tribu, après le décès de mon regretté oncle, le très vénérable Med Elmehdi Ag Attaher.

Depuis quelques jours un communiqué vous récusant signé par une vingtaine de notables Kel Antasar et alliés, que vous appelez perturbateurs, circule sur les réseaux sociaux. Que leur répondez-vous?

Je ne sais pas ce que vous entendez par «notables». J’ai pris connaissance de ce communiqué à travers les réseaux sociaux. Je doute même jusqu’ici de son authenticité car il est tout simplement ridicule et farfelu.  Moi, c’est un coran dans une main et le sabre de commandement dans l’autre que j’ai été investi à l’unanimité par l’ensemble de nos chefs de fractions, notables et guides religieux. Je ne pense pas qu’un communiqué balancé sur facebook par des plaisantins peut remettre en cause une telle consécration. Pour ma part, je considère cette sortie intempestive comme un non-évènement et je reste fidèle à mon serment de servir loyalement, du mieux que je pourrais, mon pays et cette communauté qui a placé en ma modeste personne sa totale confiance et tous ses espoirs.

Le Mali s’apprête à organiser l’élection du président de la République dans 38 jours. Que pensez-vous de la scène politique ?

Je pense que la vitalité de la démocratie malienne est bien perceptible. Beaucoup de candidats se sont déjà lancés dans la course. L’Etat et ses partenaires sont en train de se surpasser pour que le scrutin se déroule dans la sécurité et la transparence. Je suis donc très optimiste sur le bon déroulement du processus et que le meilleur gagne !

La situation sécuritaire au centre, au nord, notamment à Goundam, s’aggrave. Pensez-vous qu’avec ces crises une élection présidentielle est tenable ? Quel est le rôle selon vous des chefs communautaires en période de crise?

La situation sécuritaire est loin de se dégrader présentement à Goundam. Au contraire, les choses sont en train de se normaliser dans cette zone à un rythme inespéré. Depuis un moment, les attaques ont pratiquement cessé, les conflits inter-communautaires connaissent une nette accalmie et la vie socio-économique a repris au grand bonheur des populations. Tout cela est le fruit de l’engagement des pouvoirs publics mais aussi des chefs coutumiers dont le rôle pour le raffermissement de la cohésion sociale a toujours été irremplaçable. C’est vrai qu’au centre les nouvelles qui nous parviennent sont préoccupantes, mais je sais que le gouvernement a pris à bras-le-corps cette question et que tout rentrera bientôt dans l’ordre. Inchallah.

Pour revenir à la communauté Kel Antasar, quelle est votre stratégie de réunification et de cohésion ?

La communauté Kel Ansar est unie de Bourem à Foita. Elle a plus que jamais pris conscience de la nécessité de serrer les rangs pour relever les défis liés à sa survie et à sa prospérité dans le contexte délétère dans lequel elle évolue. Des dispositions sont prises pour multiplier les rencontres, les fora et les missions de bons offices afin de dissiper tout éventuel malentendu en son sein ou avec ses voisins.

Comment impliquer davantage les communautés dans les débats et forums régionaux et internationaux ?

C’est à l’Etat de mettre à contribution telle ou telle communauté pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixés dans ce cadre. Les Kel Ansar restent en tous cas mobilisés et disponibles pour consolider tous les acquis de la réconciliation et conforter le vivre-ensemble national.

Avez-vous un appel à lancer à la communauté Kel Antasar  et à tous les Maliens pour la mise en œuvre de l’accord ?

Il faut surtout que tous les Maliens sachent que soutenir l’Accord est avant tout un acte hautement patriotique, parce que son application est la seule voie qui peut conduire le Mali à retrouver dignement son unité et son rayonnement d’antan. Je lance donc un véritable cri du cœur à tous, pour œuvrer, aux côtés de nos autorités, pour sa mise en œuvre intégrale.

Réalisé par Hamidou ELhadji TOURE

SourceLe Reporter

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