A propos du projet d’accord d’Alger : Voici ce qu’en pensent les PUR !

La salle Wa Kamissoko du centre international des conférences de Bamako a servi de cadre Le 21 février 2015 à une conférence-débat portant sur le projet d’accord d’Alger proposé par la médiation au Gouvernement du Mali. Organisée par les partis unis pour la république, cette conférence-débat a vu la participation des partis politiques de la majorité, de l’opposition, de la société civile et d’autres acteurs impliqués dans cette crise du Nord du Mali.

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Le Mali connait aujourd’hui la plus grave crise de son histoire suite à l’occupation des régions du Nord du Mali par les groupes armés et la multiplication des attaques de groupes terroristes, malgré la présence des troupes de la MINUSMA et de l’opération Barkhane. C’est dans ce tohu-bohu qu’interviennent les accords d’Ouagadougou censés ouvrir vers une paix durable. Ce qui a même amené les PUR à exhorter les parties prenantes au respect de ces accords tout en lançant un appel à toute la classe politique, aux organisations de la société civile et à l’ensemble du peuple malien à soutenir les actions du gouvernement et du haut représentant du président de la république(devenu aujourd’hui Premier ministre) lors d’une conférence de presse tenue le 15 juillet 2014.  Mais l’avènement du projet d’accord d’Alger relatif à ces pourparlers, les partis unis pour la république ont tenu à formuler certaines observations sur certains points contenus dans le dit document.  Pour le  président de la conférence des chefs de partis, Dr Abdoulaye Amadou Sy, ces points franchissent les lignes rouges tracées par le gouvernement du Mali. Pour le conférencier l’assertion soulignée dans le préambule concernant la situation politico-économique du Mali est inexacte. « Nous estimons que de l’indépendance du Mali à nos jours les différents gouvernements successifs ont tout mis en œuvre pour promouvoir un développement intégré du pays tout entier. Concernant la marginalisation d’une composante du peuple comme on le fait croire, aucune politique discriminatoire, ethnique, géographique n’a été systématiquement appliquée contre une quelconque région dans la répartition de la richesse du pays. Aussi pensons nous que c’est une vue de trop simpliste que d’affirmer que le gouvernement malien recourt à une solution militaire pour résoudre un problème d’ordre social en témoigne les différents accords qui ont permis l’intégration  de toutes les communautés en particulier celle touareg dans les services de défense et de sécurité, dans l’administration civile sans critère discriminatoire » a-t-il souligné.  Ainsi sur le chapitre 3 portant sur le cadre institutionnel et sur la réorganisation territoriale ; sur l’article 8 portant sur la mise en place d’une zone de développement des régions du Nord du Mali ; sur le niveau national portant l’appellation de l’AZAWAD ; sur la représentativité équitable des ressortissants de la communauté du Nord du Mali ; sur l’intégrité territoriale dans son chapitre 4, article 10 ; sur le cantonnement et désarmement, démobilisation, réintégration et réinsertion dans son article 22 ; sur la représentions de l’Etat et contrôle de légalité dans son article 18 ; sur la laïcité de l’Etat dans son article 8 ; sur la stratégie spécifique de développement dans son chapitre 12, article 41 ; sur l’annexe 1 portant sur la période intérimaire ; sur l’annexe 2 portant sur la défense et la sécurité ; sur l’annexe 3, les PUR estiment que c’est trop demander au gouvernement du Mali. Pour M. Sy certains points cités dans le projet d’accord ne sont que des prétextes fallacieux et sans fondement solides et démontrent en réalité la mauvaise foi manifeste de ces groupes armés.

Ce que recommandent les PUR

Après analyse de ce projet d’Alger, les partis unis pour la république recommandent le redéploiement rapide de l’armée malienne dans les zones appelées Nord ; le retour rapide de l’administration dans ces zones ; le désarmement et le cantonnement des groupes armés sans délai ; la réintégration des combattants non volontaires et les combattants qui n’ont pas pris des armes contre le Mali et la récupération des enfants soldats ; l’arrestation, le jugement et la sanction des déserteurs de l’armée malienne et les mercenaires étrangers ; le désarmement des tribus, clans et communautés armés ; le rejet d’attribution des grades aux combattants issus de la rébellion ; la dissolution et l’interdiction des groupes armés juste après la signature de l’accord, la création des unités spéciales de l’armée malienne pour sécuriser les zones affectées par la rébellion ; le démantèlement des réseaux des terroristes par tous les moyens ; la mise en place d’une commission de déminage dans les zones concernées ; mettre fin à la régionalisation et la division au sein de l’armée, la police et la gendarmerie ; le rejet de l’instrumentalisation ethnique ou communautaire tels que les mots(marginalisation, exclusion, retard, harmonisation des grades, partage du pouvoir et de la richesse) ; m’arrete et la cessation de l’emploi du Mot Azawad du document de pré-accord ;la prise en compte dans le recrutement les candidats à l’emploi de chaque région à la fonction publique en tenant compte de la compétence de chaque candidat ;l’établissement d’un plan de reconstruction de toutes les localités affectées par des attaques des groupes armés ;  le soutien et l’encouragement de la mise en œuvre de processus des élections couplées décidées par le gouvernement pour le mois d’Avril 2015 ;  admettre que la recherche et la gestion des ressources minières sont du domaine régalien de l’Etat ; la préservation de l’unité nationale, l’intégration territoriale, la forme républicaine de l’Etat et la laïcité de l’Etat et enfin l’organisation des élections communales et régionales soit effective en Avril 2015.

Sadou Bocoum

Source: Mutation
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