Balla tounkara, virtuose de la Kora : « Cet instrument est une question d’amour »

Balla Tounkara, fils Fodé Tounkara et de Mariam Kanouté est originaire de Kita. Issu d’une famille de griots, il a appris à jouer la kora à coté de son grand père, Batrou Sékou Kouyaté. Pour en savoir plus sur son parcours et ses liens avec cet instrument mythique qu’est la kora, nous l’avons rencontré pour vous.

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Parlez nous un peu de votre carrière 

Balla Tounkara : Avant, lorsque je  débutais la musique, j’ai dû faire face à une multitude de problèmes. A commencer par la menuiserie du bois, menuiserie métallique, vendeur de friperie, en passant par le blanchisseur, etc.  Comme vous le savez, toutes les grandes stars passent par ces petits trucs là. Mais Dieu merci, j’ai du rencontrer des grands frères, comme les miens qui m’ont beaucoup aidé. Des grands frères comme Salif Keita,  Tiken Jah Fakoli,  Issouf N’ Dour, Alpha Blondy et bien d’autres. Ils me donnaient des conseils sur la musique. Bon ici, Je ne suis pas trop connu, au Mali, parce que j’ai fait plus de 17 ans aux Etats Unis. Et cela ne fait que deux ans que je suis de retour au pays.

 

Vous avez fait quoi pendant les 17 années aux Etats Unis ?

BT : Comme je disais tantôt, j’avais l’ambition de poursuivre une carrière musicale, parce que c’était mon rêve depuis tout petit.  Surtout j’écoutais des chansons anglaises et j’essayais de jouer la Kora dessous. Mais une fois aux Etats Unis, j’ai dû étudier, je suis diplômé en anglais. Après cela, j’enseignais la culture malienne surtout l’histoire de Soundiata Keita qui plait tant aux occidentaux. Ceci m’a beaucoup aidé à sortir des disques. Je suis venu au Mali pour faire sortir mon onzième album. Je vais associer mes anciens albums au nouvel  album parce que les dix albums ne sont pas sortis au  Mali. Comme vous le saviez je l’ai fait étant à l’extérieur du Mali.

 

De quoi parle votre nouvel album ?

BT : Le onzième album que je veux mettre sur le marché donne de conseils, genre de sensibiliser les gens au travail, à la créativité… à accepter qu’il n’y a pas de sot métier. Comme je l’ai toujours fait avec mes précédentes chansons. L’album s’intitule « retour à la source ». Tu as beau résidé à l’étranger, tu es un jour appelé à retourner dans ton pays. Raison pour laquelle je suis de retour pour faire mon onzième album chez moi.

 

«Le retour à la source «  est composé de combien de chansons ? La sortie est prévue pour quand ?

BT : Mon album est composé de 14 titres dont j’ai fait 2 clips. Pour ce qui concerne la sortie ce n’est pas facile mais je suis là-dessus. Mais pour le disque tout est ok. Il  reste qu’un petit détail. Dès que je serai prêt, je vous informerai le moment venu.

 

Si on essaye de voir, les maliens connaissent vos chansons mais pas vous en tant que tel. Vous pouvez nous expliquer un peu cela ?

BT : C’est vrai, car j’ai des chansons qui se jouent pratiquement tous les jours à certaines stations radiophoniques, à savoir « Banyèrèyé, yayoroba, soukora  et j’en passe ». Surtout l’émission  « baara » d’Ibrahim Dioncoloni Coulibaly, qui joue tout le temps « banyèrèyé ». Lors que nos chefs d’Etat partaient aux Etats Unis, ils me faisaient appel pour jouer la Kora.

 

La Kora cache quoi comme secret ?

BT : La Kora est un instrument qui n’a pas de secret, c’est tout simplement une question d’amour. Si ce n’est pas aujourd’hui, on voyait rarement la Kora, parce que c’était un instrument royal. On le jouait au roi Soundiata Keita. Ce que les Blancs ont tiré comme importance à la Kora, nous les africains, particulièrement les maliens, ne voyons pas cela. La kora m’a amené à des endroits où je n’aurais jamais accédé, parce que je n’ai pas d’argent ni la connaissance. Quand je jouais la kora, les Blancs pleuraient. J’ai eu beaucoup de trophées en guise d’encouragement.

 

Est-ce qu’il est dans vos projets d’ouvrir une école pour l’apprentissage de la kora ?

BT : Je suis peut-être unique dans mon genre, jouer la kora et chanter. Le Mali n’avait pas de musiciens qui font les deux. Seuls, le Sénégal, la Gambie en avaient. Si j’ai des moyens je vais ouvrir une école ; car j’aimerai que d’autres gens prennent le relais après moi. Qu’on puisse dire un jour, ceux-là sont des disciples de Balla Tounkara. J’ai d’autres projets également.

 

Qui est votre idole dans le domaine musical malien?

BT : J’écoute Amadou Bakayoko et Mariam Doumbia, Kandia Kouyaté. Salif Keita, en plus d’être un grand frère c’est mon idole aussi. A l’étranger aussi j’écoute Issouf N’ Dour, Alpha Blondi, Tiken Jah, etc. Je les écoute pour faire plus qu’eux et m’inspirer de leurs chansons.

 

Quel commentaire faites-vous de la crise que notre pays a traversée ?

BT : Cette crise politico sécuritaire m’a beaucoup touché. Plus encore étant artiste, avec l’Etat d’urgence qui a mis en veilleuse tous les concerts, dédicaces, rencontres musicales. C’était supposé arrêter les attentats mais il ne peut pas y avoir un lieu plus bondé du monde que le grand marché. Mais cela appartient au passé, le Mali est un pays béni, sinon ce n’était pas facile de sortir d’une telle crise si vite.

Je ne peux que souhaiter bon vent au régime d’Ibrahim Boubacar Keita. C’est un vrai patriote, surtout qu’il a dit l’autre jour  « Ne me faites pas monter sur un arbre et me laisser là-bas ». Donc chacun doit apporter sa pierre pour la construction de l’édifice nationale, pour le développement de notre pays. Dieu merci, les maliens se sont réveillés maintenant après la crise.

 

Votre mot de la fin?

BT : Je vous remercie. Que Dieu fasse tout pour que le Mali ne retombe plus.  Je demande aux maliens de travailler. Le Mali est connu surtout grâce à sa culture et non pour autre chose, donc il faut valoriser cette culture

 

Réalisée par Habibatou Coulibaly

Source: Le Guido

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