Hâtons-nous lentement pour la fin des violences scolaires

L’exception au Mali est devenue la règle en matière de violences en milieu scolaire et universitaire. Et ce n’est pas le contexte coronavirussé qui dynamitera une tradition bien établie depuis de nombreuses années. En effet, le nouvel élan pris ce 25 janvier 2021, après une pause COVID involontaire, est brisé net par une décision des comités AEEM d’interdire l’accès des établissements scolaires aux enfants pendant 72 heures, à savoir du lundi 7 au mercredi 9 février 2021.

Donc, c’est acté, les violences scolaires et universitaires font inscrites désormais dans l’ADN de l’école malienne.

Ce désastre national a fini par provoquer, après les spéculations et vaines conjectures, de molles réactions. Ainsi, le Dialogue National Inclusif (DNI) a prôné de ‘’dépolitiser l’espace scolaire et universitaire’’. Le Gouvernement de Transition a inscrit dans sa Feuille de route : ‘’négocier un moratoire avec les partenaires sociaux de l’éducation en mettant en place un cadre de concertation régulier ; organiser des assises nationales sur l’éducation ; engager une refonte du système éducatif’’.
Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Moctar OUANE a présidé ce vendredi 27 novembre 2020, une réunion de concertation sur la feuille de route pour la mise en œuvre des recommandations du Forum national sur la violence en milieu universitaire et son plan d’actions. A l’occasion, il a déploré «qu’au moment où certains pays inaugurent des bibliothèques ou des centres d’excellence, que nous en soyons réduits au Mali à pleurer nos morts, ces élèves, étudiants, enseignants victimes d’actes de violences dans un espace qui a pour vocation, de cultiver la fraternité, l’esprit de tolérance et l’ouverture d’esprit. »
Jusqu’à preuve du contraire, nos autorités et même les parents d’élèves qui jouent à la vierge effarouchées dans bien des cas, ont pris le pari des incantations et des vœux pieux. La permissivité étant consacrée, les scolaires et universitaires ne boudent pas le plaisir de leur sport favori.
Le Premier ministre en fait le constat en disant que l’école est gangrenée par une «violence endémique, entretenue et utilisée comme mode d’action par des groupes d’étudiants, qui est en passe de compromettre toutes les politiques éducatives de notre pays ».
Ce triste spectacle qui «questionne sur l’avenir même de la nation», doit cesser pour avoir un horizon dégagé pour le pays, pour que ce Mali de culture et de savoir puisse se hisser à la hauteur des autres pays, pour qu’il puisse envisager plus sérieusement le développement. Il faut sortir des adjurations pour une refonte du système éducatif, tel que prôné par les partenaires de l’école. Si des œufs doivent être cassés pour faire des omelettes, il ne faudrait surtout pas se gêner. La décision historique de cette rupture radicale avec les accommodements toxiques, c’est maintenant qu’il faut la prendre. Avant le retour aux affaires de ceux qui ne voient aux élèves et étudiants qu’un vivier électoral dont la réussite est le cadet des soucis. C’est James Freeman Clarke qui disait : ‘’un homme d’État pense à la prochaine génération ; un Politicien pense à la prochaine élection’’. Cela n’a jamais été aussi vrai que sous nos tropiques. Hélas !

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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