Doctrines, Solidarité : Se prémunir contre sa propre avarice

Il est un hadith souvent évoqué dans les assemblées de fidèles qui stipule notamment que «dans la vie ici-bas, trois choses conduisent rapidement à la perdition de l’homme : l’avarice, la passion et la vanité». En commentant ces propos du Messager de l’islam (PSL), les exégètes en éclairent les différents aspects par des récits variés. Il en est ainsi de l’épisode concernant un homme aux origines bien modestes que le Tout-Puissant mettra à l’épreuve à un moment de son existence en le pourvoyant mieux que le commun de ses semblables.

L’homme qui avait connu des débuts plutôt difficiles dans sa vie d’adulte, était fréquent aux offices et faisait même quelques fois des apparitions dans l’entourage du Messager où il s’instruisait des choses de la religion. Tout comme il avait vu d’autres le pratiquer avant lui, il se résolut un jour à faire état au Guide des conditions peu favorables dans lesquelles se déroulait son existence et sollicita quelques bénédictions pour un mieux-être ici-bas.

Quelques temps après cette entrevue, un fidèle s’acquittant de ses obligations de solidarité, lui octroya une agnelle prélevée sur son cheptel. L’homme entretiendra cet animal, qui ne tardera pas à mettre bas, fournissant à son propriétaire un embryon de parc. Ce patrimoine ira en se consolidant, absorbant de plus en plus l’homme qui en avait été gratifié.

La dimension du cheptel amènera le propriétaire à déménager, s’éloignant de ses anciennes fréquentations. Le fidèle qu’il était, assidu aux offices, commencera par espacer ses apparitions, avant de finir par se faire porter de temps à autres des nouvelles du Messager et de ses Compagnons, tout accaparé qu’il était désormais par la gestion de sa fortune.

Délaissant ainsi ses obligations religieuses, il ignorera l’injonction faite aux fidèles de se départir une fois l’an, d’une portion de leur richesse au profit de certaines catégories sociales. « Prélève sur leurs biens une part pour les purifier et élever leurs âmes », est-il prescrit à ce sujet.

Dans leurs commentaires, les oulémas blâment ainsi l’avidité du croyant dont le penchant repréhensible le détourne de l’observance des prescriptions divines. Tout submergé par ce travers, l’homme entasse les biens en vue d’accroître sa fortune et de s’enorgueillir auprès de ses semblables. Dans cette même catégorie sont identifiés «ceux qui ne s’acquittent de l’aumône légale que sous la contrainte, n’accomplissent la prière que bien après que les autres l’aient faite, n’écoutent le Coran que de la bouche des autres, sans se conformer à ses prescriptions…».

Prodiguant des conseils à ses proches contre de telles attitudes, un sage leur enjoindra entre autres recommandations, de «veiller à ce que le cœur ne s’attache pas aux biens, car ces biens ne sont que des prêts. Et lorsque l’homme rattache son cœur aux biens éphémères, il ne s’acquittera pas de ses devoirs face au Tout-Puissant. En outre, la crainte d’une misère prochaine troublera son for intérieur et il n’obéira plus qu’au démon». Il est rappelé à cet effet dans le Saint Coran : « Que ceux qui sont avares des biens dont le Seigneur les pourvoit en sa générosité, ne s’en tiennent pas avantagés pour autant.

Bien loin de là. C’est un malheur pour eux. Ils porteront au jour du Jugement dernier, tel un carcan, tous les biens qu’ils auront gardés par avarice…». (3:180). Il en est dit par ailleurs : « Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. » (59 :9)

A. K. CISSÉ

Source: Journal l’Essor- Mali

 

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