Conférence d’entente nationale : Le mot « Azawad » est une imposture, selon le Forum des Organisations de la Société Civile

Le Forum des Organisations de la Société Civile(FOSC) a élaboré un document à l’intention des différentes commissions de travail de la Conférence d’Entente Nationale. Le travail, fruit des organisations régionales et faitières du Fosc à la suite d’un atelier, rejette le mot « Azawad » des débats sociopolitiques et sécuritaires du Mali. Pour le Fosc : «vouloir imposer le mot Azawad est une imposture qu’il faut rejeter.Ce mot en lui-même et par lui-même est source de conflit, de division du peuple malien, une véritable imposture et est porteuse de germes réels d’un séparatisme imminent. Toute concession sur le terme Azawad constitue le débat du démantèlement de la nation malienne; comme le précisent les membres du collectif des ressortissants du Nord eux même».

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Les responsables du Forum des organisations de la société civile (FOSC) : Bakary Doumbia (président), Mme Ouattara Kadiatou Sidibé, Alou Badra Sacko, Mamadou Diabaté (membres), ont animé une conférence de presse le 31 mars 2017, au siège du forum (Faladié Sokoro). But: présenter la contribution du Fosc à la préparation et à la tenue de la Conférence d’Entente Nationale (CEN) dans le cadre de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

L’objectif visé par le Fosc, à travers cette conférence de presse, dit son président Doumbia Bakary, est d’apporter sa contribution à la sortie de crise même, et veiller à ce que l’aspiration des Maliens soit respectée. «On a élaboré le document pour qu’elle soit versée dans le document de la CEN. Et ce serait à tous les acteurs de veiller à ce que le mot Azawad ne soit versé dans le document de la charte pour la réconciliation, la paix et l’unité nationale», soulignent les conférenciers.

Le document, indique le Fosc, analyse quelques causes profondes de la crise maliennes. L’on note la pénétration coloniale et ses manœuvres, le projet Organisation commune des régions sahariennes (Ocrs), initié par la France, la convoitise des ressources du Mali en général et notamment celles du nord, la faiblesse de l’Etat.

Comme solutions, le Fosc propose entre autres, le suivi et l’exécution inclusive des réformes (RSS, justice transitionnelle, régionalisation), reprendre et maitriser le processus socialisation et reconstruction de l’Homme Malien, renforcer la législation contre le narco trafic, renforcer les mécanismes anticorruption existants en les rattachant directement au bureau du procureur général de la République et en associant les Osc.

Les facteurs déclencheurs de la crise, indique le Fosc, sont nombreux: la mauvaise répartition des ressources de l’Etat, les conséquences de la gestion de l’insurrection de 1963, la mauvaise gestion des projets de développement initiés au nord du Mali, la mauvaise gestion des accords passés, l’effondrement de la Libye, l’impunité des crimes.

Pour terminer, Bakary Doumbia dira qu’au sortir des analyses ci-dessus, il apparait qu’aucune paix durable ne peut se réaliser si elle n’a pas pour socle un Etat fort et une bonne gouvernance fondée sur les valeurs démocratiques. Fort de ce constat, le Fosc est arrivé aux conclusions suivantes : la bonne gestion de l’administration, la redévabilité, lutter contre la corruption, renforcer les forces armées et de sécurité, construire l’homme malien.

Hadama B. Fofana

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