Déboire judicaire d’Amadou Haya Sanogo et coaccusés : Un procès à l’allure d’un serpent de mer

Tenir le procès d’Amadou Haya Sanogo et ses coaccusés  est devenu une patate chaude entre les mains des magistrats. De report en report, le procès risque d’être un dilemme pour la juste malienne.

Après avoir fait un coup d’Etat qui a chassé Amadou Toumani Touré du pouvoir, l’ex-capitaine propulsé Général, prend les rênes du pouvoir et s’octroie le rang de chef d’Etat. Il  promet de restaurer la démocratie dans le pays et de donner rapidement le pouvoir aux civils.

Très rapidement les choses tournent mal, le président déchu est un  béret rouge et ses camarades voulaient se venger en faisant un contrecoup d’Etat contre Amadou Sanogo qui est un béret vert. Ce contre coup d’Etat tourne au fiasco. Entre le 30 avril et le 1er mai 2012, 21 militaires bérets rouges, parachutistes, disparaissent dans la foulée, après avoir été soupçonnés d’avoir participé au contre coup d’Etat.

Quelques mois plus tard, on les retrouve dans une fosse commune à Diago près de Bamako. Sanogo et 17 co-accusés, dont un ancien ministre de la Défense et un ancien chef d’état-major de l’Armée malienne, sont arrêtés. Ils sont inculpés de « complicité d’assassinat, d’assassinatsd’enlèvements et de séquestration ».

Le 27 novembre 2013, il est arrêté sur ordre du tribunal, par le colonel Abass Dembélé et écroué à Bamako. Après un emprisonnement, il est assigné à résidence dans une villa à Sélingué, 140 kilomètres au sud de Bamako, dans l’attente de son procès. Celui-ci s’ouvre le 30 novembre 2016 à Sikasso après quelques jours d’audience, le procès a été renvoyé au 8 décembre de la même année, puis ajourné sine die. Faute de date précise, le pouvoir d’alors s’était engagé à reprendre les débats en mars 2017.

L’année dernière, le procès était censé se tenir le 13 janvier 2020, mais il a été reporté à une date ultérieure. Unième rebondissement du procès ce jeudi 25 décembre 2021 aussitôt commencé, le président de la cour d’Appel de Bamako l’a envoyé au 11 mars.

Est-ce que le 11 mars serait la bonne date ? C’est toute la question. Mais les parties (avocats de la défense et parties civiles) veulent que ce procès se tienne pour connaitre la vérité. C’est un procès putschiste sous un régime de putschiste.

Pour l’analyste politique Mohamed Ag Assory « le procès Sanogo est un dilemme pour les nouvelles autorités. Il va au-delà de son volet judiciaire. Il faudrait un grand équilibre dans son traitement. Une mauvaise diligence du dossier pourrait avoir de multiples conséquences et dans les deux sens ».

En tout cas c’est un procès rocambolesque qui a beaucoup de ramifications.

Affaire à suivre.

Ousmane Mahamane

(stagiaire)

Source: Mali Tribune
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