Négociation avec le front de libération du Macina : Ali Nouhoum Diallo prêt à négocier avec Amadou Kouffa, mais…

Pour convaincre le leader des groupes djihadistes du centre du pays, Amadou Koufa à abandonner les activités terroristes, Ali Nouhoum Diallo s’est dit disponible. Mais, pose des préalables.

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Le leader du Front de libération du Macina accepte de négocier avec le pouvoir malien par l’entremise de l’ex-président de l’Assemblée nationale. Certains y ont vu une preuve irréfutable d’une connivence avec le Front de libération du Macina (FLM), mouvement djihadiste du centre du Mali et les associations peules. D’autres l’ont interprété comme la confirmation de l’autorité morale d’une figure emblématique de la communauté peule malienne. Quoi qu’il en soit, lorsque le djihadiste malien Amadou Koufa, fondateur du FLM, franchit le pas d’accepter de négocier avec le pouvoir malien, il a désigné Ali Nouhoum Diallo comme principal interlocuteur.

Pourtant, ce n’est pas tant le brillant parcours de ce fils « d’un berger et d’une bergère peuls analphabètes » qui a convaincu Amadou Koufa de trouver en lui un interlocuteur crédible. Le djihadiste malien, bras droit de Iyad Ag-Ghali, fondateur d’Ansar Dine, a surtout eu les échos de la façon dont l’ancien président du Parlement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de 2000 à 2006, a présidé du 2 au 3 mai à Mopti les assises de la paix dans le delta central du Mali.

« Des lieutenants de Koufa présents dans la salle ont demandé à prendre la parole. Non seulement j’ai accepté qu’ils s’expriment, mais j’ai tenu aussi à ce qu’ils disent ce qu’ils ont sur le cœur en toute franchise, en fixant une seule limite : qu’ils n’utilisent pas les assises comme une tribune de propagande djihadiste »,  explique le professeur.

Le pouvoir totalement agacé

Si Amadou Koufa et ses lieutenants ont apprécié la conduite des travaux par l’ancien président de l’Assemblée nationale, en revanche, le pouvoir de Bamako en fut totalement agacé. Le régime en voulait déjà à Ali Nouhoum Diallo d’avoir refusé de serrer la main du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) en pleine propagation de l’épidémie Ebola en Afrique de l’Ouest.

« Depuis cet épisode et les assises de Mopti, tout ce que dit Ali Nouhoum Diallo est surveillé comme le lait sur le feu par le pouvoir », confie un proche du Palais de Koulouba. L’appréciation du professeur Diallo de la situation actuelle dans le delta central du Mali où agissent Amadou Koufa et ses hommes, n’est pas pour améliorer les relations compliquées entre IBK et son ancien camarade de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema). « Nous sommes aujourd’hui arrivés dans le delta central à un stade où les populations ont autant peur de l’armée malienne, de la gendarmerie malienne, de la police malienne que des hommes d’Amadou Koufa », dénonce le leader des peuls au Mali.

A la différence du gouvernement malien, il s’est dit ouvert à des discussions franches avec Amadou Koufa, à condition que le djihadiste accepte de s’affranchir de la tutelle d’Iyad Ag-Ghali et de ses autres coassociés au sein du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une plate-forme associant notamment Ansar Dine, le FLM, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

« Pour moi, la seule condition pour discuter avec Amadou Koufa serait qu’il se libère de la tutelle des autres. Je sais que négocier n’est pas la position du pouvoir. Mais, à mon âge et avec le parcours que j’ai eu, la seule chose qui m’importe, c’est ce qui peut aider le Mali à sortir du désastre actuel ».

 

Les conditions d’Amadou Kouffa

Selon toujours  nos confrères de Mondafrique, « Fin mai, deux émissaires d’Amadou Koufa, le fondateur du Front de libération du Macina (FLM), un mouvement djihadiste malien, se sont rendus à Bamako pour apporter un message au Pr. Aly Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale et, surtout, figure emblématique de la communauté peuhle. « Amadou Koufa les avait chargés de dire au professeur qu’ils ont tous deux en commun des caractères, celui de détester le mensonge et les menteurs. Et qu’ils peuvent donc discuter».

En plus de ces deux conditions qui concernent le départ de l’opération « Barkhane » et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).

Amadou Koufa, prédicateur peulh actif dans la région de Mopti et figure de proue d’un mouvement qui a revendiqué depuis 2015 bon nombre d’attaques mortelles et d’attentats dans la zone,  veut négocier seulement avec l’ancien président de l’Assemblée nationale, le professeur Aly Nouhoum Diallo. Ce dernier a présidé, les 2 et 3 mai à Mopti, des assises destinées à contribuer au retour à la paix dans le centre du Mali. En présence d’environ 180 participants, il a veillé à ce que des personnes se réclamant ouvertement d’Amadou Koufa s’expriment librement.

« C’est au moment de ces assises que l’amorce des négociations s’est produite. Il y avait clairement des lieutenants d’Amadou Koufa dans l’assistance. Ils sont allés, sans doute, lui rapporter les propos du professeur Aly Nouhoum Diallo, qui disait que si Koufa aime la vérité et déteste le mensonge, il doit se rapprocher de lui », analyse un participant à la rencontre de Mopti.

A.M.C avec Le Monde Afrique

Par L’Indicateur du Renouveau
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