Youba Dramé, Président du MJP : «Nous n’irons nulle part tant que l’école restera dans cet état… »

Natif de Tomikoroboubou en Commune III  du District de Bamako, YoubaDramé est professeur de mathématiques et de physique. Dans le cadre de l’informatisation de l’éducation au Mali,M.Draméa créé une petite entreprise. Il est également Président du MJP (Mouvement Pour la Jeunesse). Dans une interview qu’il nous a accordée le samedi dernier, Monsieur Dramé nous exilique sa vision sur l’école malienne et les remèdes pour arrêter l’hémorragie.

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Le Progrès : présentez-vous à nos lectures ?
YoubaDramé : je suis youba Dramé, un natif de Tomikorobougou professeur de mathématiques, de physiques. Je réside maintenant au Mali depuis sept ans et à mon retour, j’ai travaillé notamment avec le ministère  de l’éducation sur plusieurs projets. Ce qui m’a amené à mettre en place dans un premier temps le site web du ministère. Maïs bien avant, j’ai travaillé avec la Faculté de Médecine pour laquelle j’avais conçu un logiciel et depuis 2008 toutes les écoles de santé au Mali sont gérées par mes logiciels. C’est dans le cadre de l’informatisation de l’éducation que je suis arrivé chez moi et j’ai créé une petite entreprise. Chemin faisant, je me suis rendu compte qu’il y’avait beaucoup d’enfants de ma commune surtout les quartierspériphériques en âge d’aller à l’école qui n’y vont pas. Parce  que tout simplement, leurs parents n’ont pas les moyens. Et nous à notre modeste   niveau décidé de mettre un mouvement en place qui regroupe un certains nombres de jeunes de la commune III et nous nous sommes donnés comme objectif de recrutés ses enfants, de nous présentés avec eux dans les mairies pour les trouver dans un premier temps des papiers et ensuite les scolariser. Depuis cinq, ans nous nous sommés attelés à ce travail à ce jours, nous avons pu inscrire 523 enfants.

Le progrès : Alors c’est compte-tenu de tous ces facteurs que l’idée vous est venue de mener une vie politique ?
Y.D:  ça va être trop facile de dire oui. Mais on va dire il y a de ça, cela a été d’un facteur important dans notre prise de décision. En fait, quand on a commencé à démarcher la mairie pour leur parler de ces enfants, nous avons vu une certaine réticence chez certains d’entre eux. Beaucoup ont pensé qu’on était financé  par une ONG et ces comportements m’ont révolté personnellement et je me suis dit pourquoi pas.

Le progrès : quels  sont les actions que vous avez entrepris pour la commune ?
Y.D : En fait, nous sommes une organisation de jeunes qui avons à cœur de porter notre pierre à l’édifice au niveau de la commune et nous pensons que nous avons non seulement le droit et le devoir impérieux surtout si nous essayons de mesurer d’où le Mali vient. Les évènements de ces deux dernières années nous ont montrés que nous qui nous asseyons dans les grains en accusant X  ou Y, nous sommes encore plus faux types que ceux-la même qui ont eu à diriger nos communes, nos régions, nos services et notre Etat.

Le progrès : quels sont les difficultés que vous avez rencontrées par rapport à la réalisation de vos actions ?
 
Y.D: Comme toute chose, d’abord du point de vue de la mentalité parce que faire comprendre aux gents que la priorité, ce n’est pas l’armée, la santé mais la priorité des priorités c’est l’école. C’est difficile de tenir un tel discours devant la population, il faut avoir le courage de le dire. Nous pensons que la vraie solution ne peut venir que de la prise en main de notre école. Parce que toutes les solutions qu’on amène aujourd’hui sont des pansements, le véritable remède, la guérison ne peut venir que de nos enfants.

Le progrès : Au-delà de vos cotisations, est-ce que vous avez bénéficié d’autres soutiens ?
Y.D : Vous faites bien de poser la question parce que nous voulons bien clarifier les choses. Nous n’avons reçu aucun franc de qui que ce soit. Ce n’est pas le but, le but chez nous est que nous voulons que la population comprenne que c’est à elle de prendre en charge les enfants qu’elle a faits.

Le progrès : Alors qu’est-ce qui est à l’‘origine de la démission des parents ?
Y.D : Un diagnostic précis serait très difficile de mettre en place. 0n peut quand même donner des pistes, la cherté de la vie, on peut dire la mondialisation est passé par là. Parce que notre société s’est trouvée embarquée dans un chemin qui n’est pas le tien

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Le progrès : Vous avez évoqué le tutorat. Est ce que vous en avez les moyens ?
Y.D : On veut se donner les moyens. On n’est pas tuteur  qui le veut. Donc nous avons à cœur d ‘éduquer la population dans le sens du tutorat.

Le progrès :  Parlez-nous de vos rapports avec la mairie III 
Y.D : Si nous voulons aller à la mairie il ya un peu ça. Nous avons eu un dialogue de sourd avec la mairie, parce que nous pensons que de tels initiatives devraient être encouragées au moins par la mairie. Nous avons décidé justement comme c’est nous qui leur donnons le mandat et que nous allons prendre cette fois ce mandat et nous allons l’assumer.

Le progrès : votre dernier mot ?
YD : Le dernier mot, il est comme le premier. Le début c’est l’école et la fin c’est l’école. Nous n’irons nulle part tant que l’école restera dans cet état. C’est nous qui pourrons sortir l’école de cet état. Il faut revoir certaines pratiques, absolument prendre le taureau par les cornes.

Propos recueillis 
Khamanrho et Ba Tidiane

SOURCE: Le Progrès

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