Mohamed Diarra, auteur du roman « Meurtre sous le pont des indigents » : “Il n’y a pas de recette miraculeuse en termes d’écriture. Il faut juste s’y mettre”

Poète et romancier malien, Mohamed Diarra est maître assistant à l’Institut universitaire de Technologie (IUT) de l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako (Ulshb). Très épris du polar (roman policier), Mohamed, déjà auteur des romans policiers “La fille adoptive du chérif” et “Le mystère du tournant”, a publié cette année un autre roman policier intitulé “Meurtre sous le pont des indigents”, édité par L’Harmatan. Il est également auteur de “Terre d’espérance” (recueil  de poèmes) et du roman “Hassan, le fils naturel”. Nous avons échangé avec lui sur sa dernière publication. 

Aujourd’hui-Mali :Pouvez-vous nous présenter votre ouvrage, “Meurtre sous le pont des indigents” ?

Mohamed Diarra : Ce roman parle d’un assassinat ainsi que les enquêtes qui vont être menées pour déterminer la vérité. C’est un roman qui a obtenu le prix du meilleur manuscrit en 2015, mais qui par la force des choses parait en 2019. Pour résumer un peu le livre, le corps mutilé d’une folle a été découvert sous le Pont des indigents non loin d’un restaurant très fréquenté. Lardée de coups de couteau et amputée d’une main, la victime avait été décrite comme inoffensive.

Les enquêtes duraient à peine un mois lorsqu’un écolier a été sauvagement agressé et amputé d’une main. Les policiers du célèbre commissariat du 20e arrondissement tentent de découvrir d’éventuels liens entre les deux affaires, dans une ville où les périodes électorales connaissent généralement un regain de crimes rituels.

Pourquoi le choix de ce titre ?

Initialement le roman devrait être intitulé “La folle du bon des indigents” mais j’ai juste changé le titre compte tenu d’un certain nombre de faits et principalement un collègue journaliste qui m’a dit que   le titre “La folle du bon des indigènes” n’était le titre approprié puisque l’aspect policier n’apparait pas. C’est ainsi que j’ai été amené à le titrer “Meurtre sous le pont des indigents”.

Devenue folle suite au remariage de son mari qui l’abandonne au profit de sa nouvelle mariée, Chata a été assassinée dans la rue. Peut-on dire que vous mettez la polygamie en cause de par ses conséquences parfois tragiques ?

En réalité, je n’avais pas pour intention de toucher les aspects cruels de la polygamie. C’est juste un concours de circonstances que Chata s’est retrouvée secondée par une épouse. J’estime que tous ses malheurs viennent de là à partir du moment où elle avait un mari inconscient qui s’occupait moins d’elle et qui avait beaucoup plus porté son choix sur la seconde. Mais nullement je n’avais  pour intention de critiquer ou de mettre en cause la polygamie. Juste, la suite des enquêtes ont donné raison au fait que, par la polygame, elle avait été délaissée tout simplement.

Peut-on traiter de coupable la famille parentale de Chata pour ce qui est arrivé ?

Les avis sont partagés à ce niveau. Il y a un des frères de Chata qui n’était d’accord avec la façon dont le père la traitait. Par contre, le père avait une autre approche de la situation. Lui, pensait tout simplement que Chata simulait la folie pour pouvoir échapper à son mari.

Culpabiliser le père, vous avez peut-être raison et même le mari on peut le culpabiliser dans un sens parce qu’on se rend compte qu’il n’a pas été responsable. C’est la raison d’ailleurs pour laquelle la police l’a interpellé et par suite l’a libéré pour insuffisance ou même inexistence de preuves.

Quelle recette proposez-vous face aux crimes rituels dont Chata a été victime ?

Il n’y a pas de recette toute faite. En réalité, ce qu’on a remarqué, c’est que lors des élections, qu’elles soient présidentielles, législatives ou communales, on voit un regain de crimes rituels.

Les gens à qui on a coupé le bras et d’autres assassinés à qui on a enlevé des organes. C’est pourquoi, je me suis dit que ça doit être assez intéressant pour orienter un peu les choses sur cet angle là aussi avec l’assassinat de la petite albinos à Fana qui a été un élément facilitateur de cette orientation du roman vers les crimes rituels. C’est ce qui fait qu’on se retrouve non seulement dans une situation ou le roman a été dédié à la mémoire des victimes, mais il y a aussi deux cas d’agression sur la basse d’organes qu’on voulait prélever dont la main de l’une et de l’autre.

Qu’est-ce qui motive à écrire et quelles sont vos sources d’inspiration ?

L’écriture est juste une passion pour moi et mes sources d’inspiration sont le vécu quotidien, les faits qui se passent dans la société, la lecture des journaux et surtout les faits divers. Au-delà de cela, je n’ai pas spécifiquement un massage à faire  passer. Quand on écrit, obligatoirement les uns et les autres peuvent interpréter et y voir les leçons que nous voulons faire passer sans que l’écrivain même ait vraiment en tête de faire passer expressément certains messages. J’écris pour le simple plaisir d’écrire et je laisse le soin aux lecteurs d’apprécier et de faire des rapprochements entre certaines réalités.

Quels sont vos projets d’écriture ?

J’ai commencé par le polar, mais je crois que je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin. Ma prochaine parution va être un recueil de nouvelles. J’ai déjà une dizaine de nouvelles écrites que je vais mettre ensemble pour en faire un livre très prochainement. Je pourrais m’orienter aussi vers les essais.

Un conseil aux jeunes qui veulent écrire comme vous ?

Un conseil assez simple. Pas de recette miraculeuse en termes d’écriture. Il faut juste s’y mettre. Il faut beaucoup lire et l’écriture c’est la passion. Je réaffirme ma disponibilité et mon accompagnement total aux jeunes qui veulent écrire.

          Réalisé par Youssouf KONE

Source: Aujourdhui-mali

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