Vigipirate : un niveau d’alerte maximal à la durée record en France

Déclenché après la tuerie de Charlie Hebdo, le niveau “alerte attentat” du plan Vigipirate instauré pour l’Ile-de-France est déjà maintenu depuis treize jours, une durée jamais connue dans l’hexagone. Le déploiement de ce dispositif  pose certaines difficultés d’organisation pour les forces de l’ordre, dont les représentants ont été reçus lundi par Bernard Cazeneuve.      

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Qu’est-ce que le plan Vigipirate?

L’origine du dispositif remonte à 1978. Il est utilisé une première fois dans le cadre de la guerre du Golfe en 1991. Levé au bout de quelques mois, il est ensuite déclenché une deuxième fois après les attentats de 1995. Depuis, il n’a cessé d’être renforcé. Depuis les attentats du RER à la station Port Royal, l’alerte Vigipirate est toujours maintenue. Le niveau “alerte attentat” de ce plan, instauré pour toute l’Ile-de-France, à la suite de l’attaque terroriste perpétrée dans les locaux de “Charlie Hebdo”, est le plus élevé du dispositif antiterroriste français. Le nouveau code adopté en février 2014 comporte deux niveaux (“vigilance” et “alerte attentat”) et remplace l’ancien code couleur (blanc, jaune, orange, rouge, écarlate). Le niveau d’alerte maximum “alerte attentat” s’applique quand des projets d’actions terroristes ont été détectés par les renseignements, ou quand un acte terroriste a été commis sur le territoire français, comme cela a été le cas à “Charlie Hebdo”.

Quel est le dispositif de ce niveau “alerte attentat” du plan Vigipirate?

Ce sont en tout 122.000 policiers, gendarmes et militaires qui sont déployés sur le territoire avec ce niveau d’alerte. “Les organes de presse, les grands magasins, (…) ainsi que les transports vont faire l’objet immédiatement d’une protection renforcée, a détaillé Matignon  dans un communiqué. Près de 5.000 policiers et gendarmes ont aussi été mobilisés  pour protéger les 717 écoles et lieux de culte juifs de France. Des soldats, déployés  en Afghanistan, au Mali ou en Centrafrique, sont désormais postés sous la Tour Eiffel et dans les lieux publics de forte affluence et devant des sites sensibles, gares ou musées, à Paris et d’autres grandes villes. Le dispositif prévoit également une interdiction de stationnement aux abords des établissements scolaires et le renforcement des contrôles d’identité et des patrouilles dans les zones sensibles. Des cellules de crise sont également mises en place au niveau des ministères, des préfectures mais aussi des gestionnaires d’infrastructures sensibles.

Combien de temps va-t-il durer?

Aucune date de fin n’a encore été fixée pour déploiement actuel. Le plan antiterroriste Vigipirate renforcé en raison des attentats sera maintenu en France “aussi longtemps” que le “risque prévaut”, a indiqué vendredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. La “vigilance est maximale” et la “précaution totale”, a-t-il ajouté, expliquant que la présence de 122.000 policiers, gendarmes et militaires “rassur(ait)” les Français. Le niveau d’alerte maximal, alors nommé “écarlate”, de Vigipirate avait été activé pour la première fois en France en mars 2012, en Midi-Pyrénées. Il faisait suite aux tueries de Toulouse et Montauban par Mohammed Merah. Il avait duré six jours. Le niveau “alerte attentat” du plan Vigipirate actuel, déclenché le 7 janvier, a donc déjà battu un record de durée.

Quelles difficultés pose ce niveau d’alerte?

Cet état d’urgence n’est pas sans poser quelques difficultés d’organisations, comme le rapporte Rue89. Pour la police, les repos compensateurs ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre. Un stock de 19 millions d’heures supplémentaires a déjà été accumulé. Les CRS peuvent voir ces heures transformées en argent, mais les autres policiers doivent attendre, parfois longtemps, avant de pouvoir poser leurs jours. Bernard Cazeneuve a reçu les syndicats de police place Beauvau lundi matin. Il a précisé qu’une série de mesures seraient dévoilées à l’issue du Conseil des ministres, notamment sur les “moyens” et la “protection” des policiers et des gendarmes. Dans la gendarmerie et l’armée, les heures supplémentaires n’existent pas. Mais avec le plan vigipirate, une partie de leurs droits à des permissions peut être reportée.

Autre conséquences du niveau alerte terroriste,  les académies de Paris, Créteil et Versailles ont suspendu jusqu’à nouvel ordre les sorties scolaires et activités en dehors des établissements. Le Ministère de l’éducation nationale a lui publié un communiquéprécisant que “les voyages, séjours et sorties scolaires, à caractère exceptionnel, organisés en région Île-de-France sont, jusqu’à nouvel ordre, suspendus”. Conséquences, les organisateurs de voyages scolaires sont directement impactés,comme l’explique le site Tourmag.com. Le plan vigipirate entraîne de nombreuses annulations et reports de ces voyages de la part des enseignants et des parents d’élèves.

Ce sont en tout 122.000 policiers, gendarmes et militaires qui sont déployés sur le territoire avec ce niveau d’alerte. 

Gaspard Dhellemmes –

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