Trafic d’êtres humains: la Birmanie à nouveau sur la liste noire des Etats-Unis

Dans un rapport annuel sur le trafic d’êtres humains, le département d’Etat vient d’ajouter huit nouveaux pays sur sa liste noire. Au cours d’une cérémonie, John Kerry a honoré une dizaine de personnes qui à travers le monde se battent pour mettre fin à des pratiques inacceptables au XXIe siècle.

john kerry livre trafic etre humainAvec notre correspondant à Washington,  Jean-Louis Pourtet

Parmi les pays stigmatisés par Washington, Djibouti, le Soudan et Haïti, mais aussi la Birmanie à cause de son traitement de la minorité musulmane des Rohingyas, suivie de la Papouasie Nouvelle Guinée, le Surinam, le Turkménistan et l’Ouzbekistan. D’autres pays figurent sur la liste, mais avec une note moins mauvaise. Pour John Kerry qui a présenté le rapport, l’ampleur du trafic est stupéfiant et il a cité les souffrances de ceux qui en sont les victimes :

« Des filles forcées à la traite sexuelle. Des femmes dormant dans des réduits d’où elles ne peuvent sortir que pour cuisiner, faire la lessive et nettoyer le sol. Des hommes et des garçons privés de sommeil et de nourriture pour pouvoir travailler 24h sur 24, souvent sous une chaleur écrasante ou des conditions révoltantes. »

La Libye, la Somalie et le Yémen sont considérés comme des cas spéciaux, la diplomatie américaine estimant difficile de les juger compte tenu du chaos qui règne dans ces pays. En revanche, le Koweït et la Thaïlande ont eux été promus du niveau 3 des pires pays en la matière au niveau 2 des pays qui font des efforts pour combattre le trafic d’êtres humains mais restent sous surveillance.

Car la bonne nouvelle, a poursuivi le secrétaire d’Etat, c’est que les moyens de combattre ce trafic existe et que le monde est prêt à les utiliser. Dix personnes ont été récompensées justement pour avoir contribué à réduire traite sexuelle et travail forcé : cinq sont des Africains dont deux Mauritaniens, Biram Ould Abeid et Brahim Ramdhane, emprisonnés pendant deux ans, et un Sénégalais, Issa Kouyaté, fondateur du foyer pour les talibés, les enfants des rues.

La Bimanie écharpée

« C’est un sacré boulot » et « certaines décisions sont difficiles », a affirmé le secrétaire d’Etat John Kerry en présentant le rapport, publié à la demande du Congrès américain pour évaluer les progrès contre ce trafic dans le monde.

Mais le ministre des Affaires étrangères a insisté sur le fait que ce rapport se fondait sur des faits et des critères particuliers et non sur des considérations politiques, comme l’estiment certaines associations de défense des droits de l’homme.
L’an dernier, la diplomatie américaine avait été critiquée pour n’avoir pas mis la Birmanie au niveau 3 et accusée d’avoir fermé les yeux afin d’encourager la démocratie naissante. Mais le rapport de cette année souligne que la Birmanie est « un pays source pour des hommes, des femmes et des enfants soumis au travail forcé et des femmes et des enfants soumis à la traite sexuelle, en Birmanie et hors de Birmanie ».

La diplomatie birmane a réagi dans un communiqué. Elle juge « regrettable » son placement par Washington sur sa liste noire. La Birmanie est désormais dotée d’un gouvernement mené par la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi. « C’est regrettable que le rapport TIP du département d’Etat américain ait dégradé la Birmanie du niveau 2 au niveau 3, au moment même où le nouveau gouvernement civil renforce ses efforts pour protéger ses travailleurs immigrés et les victimes du trafic d’êtres humains et du travail forcé », dit un communiqué de la diplomatie birmane.

Source : RFI

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *