Think tank : Attention à une guerre thermonucléaire!

Le monde est-il au bord d’une guerre thermonucléaire? Comment ne pas se poser la question devant la multiplication des foyers de tension et la folie autodestructrice de l’homme? Un sujet de préoccupation planétaire en chasse un autre à la vitesse de l’éclair. Passent les menaces verbales de Kim Jong-un, le jeune dirigeant nord-coréen au naseau fumant.

Place à la crise syrienne et à l’engagement de toutes les puissances mondiales avec. Bis repetita avec le dossier ukrainien. A la clé, un scénario digne de la période de la guerre froide. On a, d’un côté, la Russie et ce que la propagande occidentale appelle les «séparatistes» et, de l’autre, l’Ukraine et les Etats-Unis, avec derrière toutes les autres puissances occidentales.

N’a-t-on pas récemment entendu sur RFI que le président russe, Vladimir Poutine, devant la pression des Occidentaux, est allé jusqu’à se dire prêt à mettre en alerte tous ses missiles nucléaires? D’escalades verbales en surenchères manœuvrières, il suffit d’un petit dérapage pour faire basculer la planète Terre – la nôtre – dans l’horreur. Que Dieu nous préserve! Avec un scénario digne des visions apocalyptiques de Nostradamus.

Pour réaliser que ce n’est pas une simple vue de l’esprit, il n’y a qu’à se rappeler les drames engendrés par la bombe atomique, sous le nom de code surréaliste de «Little boy», petit garçon, larguée le 6 août 1945, par l’armée américaine sur la ville japonaise de Hiroshima. Bilan: environ 140 000 morts du fait du triple effet de la chaleur (un million de degrés centigrades au niveau du «ground zero»), de l’onde de choc et du souffle et des rayons gamma. Des rayons gamma qui continuent d’engendrer, à ce jour, des enfants avec des malformations congénitales dans l’empire du soleil levant. Les Japonais qui ont eu le malheur de se trouver, ce jour-là, au niveau du noyau de la bombe furent carbonisés en une fraction de seconde. Des incendies géants se déclarèrent partout, accompagnés de vents soufflant à 300 – 800 km/h.

Ce fut le top départ de la guerre froide et de la course aux armements de destruction massive, symbolisés par l’arme nucléaire. Aujourd’hui, la seule Russie, héritière de l’ex-URSS, a accumulé tant d’armes nucléaires qu’elle a une puissance de feu capable de détruire plusieurs fois la terre. A côté des missiles stratégiques, qui peuvent parcourir 7 000 km en 30 minutes, avec une capacité destructrice 5 000 fois plus élevée que celle de la bombe atomique de Hiroshima, «Little boy» apparait comme une blague antique.

Imaginez des villes comme Paris, New-York, Londres ou Moscou rayées de la carte du monde et réduites en cendres par le feu nucléaire. Touchons du bois! Certains esprits malins pourraient penser qu’une destruction réciproque des puissants de ce monde favoriserait l’émergence des faibles. Que non!

Outre que dans une guerre nucléaire généralisée les effets collatéraux pourraient toucher tous les pays de la planète, à travers la poussière radioactive, ils pourraient en plus échapper difficilement au mouvement de browning, c’est-à-dire à un désordre phénoménal dans lequel le monde se retrouverait plongé sur tous les plans: institutionnel, politique, économique, social, culturel…

Ce ne serait peut-être pas la fin de l’humanité. Mais, fatalement, elle se retrouverait propulsée des milliers d’années en arrière, pourquoi pas à l’âge de la pierre taillée? Conscientes de tous ces dangers, les grandes puissances, obnubilées par «leurs intérêts géostratégiques» et la volonté de puissance, n’en continuent moins de jouer un périlleux jeu de poker, entraînant chaque jour davantage le monde toujours plus près du précipice. Tout en sachant qu’en cas de guerre nucléaire, il n’y aura ni vainqueur, ni vaincu. C’est l’humanité qui perdra, tout simplement.

Au plus fort de la guerre froide, la paix et la sécurité mondiales reposaient paradoxalement sur le concept de l’équilibre de la terreur. En cette ère de «guerre tiède» cette logique continuera-t-elle à prévaloir? Rien n’est moins sûr.

En clair, la sécurité et la paix mondiales sont une affaire trop sérieuse pour être laissées aux seules puissances nucléaires. Ceux qui n’ont pas encore voix au chapitre doivent prendre leurs responsabilités historiques en lançant l’alerte pendant qu’il est encore temps, car l’interdépendance et la solidarité universelle n’ont jamais pris autant de relief que maintenant.

Yaya Sidibé

source : 22Septembre

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.