L’infante d’Espagne devant un juge pour détournement de fonds publics

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C’est une première en Espagne. L’infante Cristina, plus jeune fille du roi Juan Carlos, est auditionnée ce samedi matin par un juge du tribunal de Palma de Majorque. Elle doit répondre d’accusations de détournement d’argent public pour un montant de 6,1 millions d’euros.

L’audition de l’infante d’Espagne a suscité une énorme attente, en Espagne. Dans le pays, on ne parle que de cela depuis deux, trois semaines. Comment va réagir le roi, et la famille royale en général ? L’Infante Cristina tiendra-t-elle le choc ? Et, surtout, quel discours va-t-elle tenir face aux accusations d’être mêlée au négoce de son mari, qui aurait détourné 6,1 millions d’euros de fonds publics entre 2004 et 2006 ?

Il y a un mois on pensait que la maison royale espagnole ferait tout pour s’opposer à cette comparution. Jamais ce n’est arrivé dans la famille. Le scandale pouvait la toucher en plein cœur.

En mars 2012, le parquet avait déjà, sur son insistance, réussi à bloquer une première mise en examen de l’Infante. Cette fois, la monarchie a choisi la stratégie inverse.

La stratégie de défense de la famille royale

La monarchie pense que l’infante serait innocente dans cette affaire  ? Difficile de le savoir pour l’instant. Ce qui est sûr, c’est que la volonté de l’entourage du roi est de présenter Cristina comme quelqu’un qui n’a rien à se reprocher et rien à cacher.

Le portrait dressé est celui d’une femme amoureuse de son mari, Iñaki Urdangarín. Amoureuse, au point de l’avoir cru les yeux fermés, de ne pas avoir posé de questions quant à ses activités professionnelles suspectes.

6,1 millions d’euros détournées

Ancien champion olympique de handball, Iñaki Urdangarín a été mis en examen le 29 décembre 2011. Il est soupçonné d’avoir détourné 6,1 millions d’euros de fonds publics, qui ont été transférés vers la Fondation Noos, qu’il dirigeait jusqu’à 2006. Une fondation, supposée à but non lucratif, dont l’infante Cristina était la porte-parole.

La stratégie de la défense s’appuie sur le fait que, si l’infante Cristina avait certes des responsabilités, elles n’étaient que purement honorifiques. Cristina ne savait rien, et n’a donc rien à voir dans cette affaire.

Aizoon, la société au centre de l’affaire

Pourtant, Cristina était copropriétaire d’Aizoon, une société mainte fois citée dans les 227 pages rédigées par le juge d’instruction, José Castro, qui a convoqué l’infante d’Espagne ce samedi matin.

D’après le juge, Aizoon, dont Cristina était propriétaire à 50 %, est une entreprise commerciale où aurait atterri une partie de l’argent détourné, selon le juge Castro. Une sorte de société écran, qui ne déclarait rien au fisc et est accusée de blanchiment de capitaux.

C’est sur ce point que tout va se jouer. Cristina va sûrement répéter qu’elle ne s’occupait pas de cette société, mais le juge a bien des raisons de ne pas la croire. En premier lieu parce que grâce à l’argent d’ Aizoon, Cristina a pu dépenser des millions, par exemple pour refaire son palais de Barcelone. L’infante, 7ème sur la ligne de succession de la famille royale, va devoir tenir un récit cohérent et solide. Très solide.

 

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