Les Européens relativisent l’insulte d’une diplomate américaine

Victoria Nuland secrétaire adjointe département Etat américain charge Europe leaders opposition ukrainienne

Victoria Nuland fait profil bas. La secrétaire d’Etat adjointe américaine n’a pas souhaité commenté ses récents propos sur l’Union européenne. Au cours d’une conversation privée au sujet de la crise en Ukraine, elle avait déclaré que l’Union européenne pouvait « aller se faire foutre ». En Europe, les réactions sont partagées.

Avec notre correspondant à Bruxelles, Quentin Dickinson

Les milieux européens se seraient évidemment passés de ce nouvel écart de langage de la part de Madame Nuland, qui en dit effectivement long sur le véritable degré de considération dont jouit actuellement l’Union européenne auprès des autorités américaines. La chancelière allemande a immédiatement dénoncé des propos inacceptables. Mais à Paris comme à Bruxelles, on préfère ne pas envenimer les choses.

Embarras après l’écart de langage diplomatique

Cependant, le choix de ne pas en rajouter paraît logique. D’abord, parce que l’on peut estimer que la vive réaction des Allemands est partagée par tous. Ensuite, parce que l’embarras personnel du secrétaire d’Etat adjoint pour l’Europe et l’Eurasie, ainsi que les excuses qu’elle a dû présenter à Madame Ashton notamment, semblent pour beaucoup constituer une sanction suffisante. Une sanction de nature, en tout cas, à contraindre Washington à davantage tenir compte de l’action diplomatique des alliés européens, au moins pendant quelque temps.

On veut aussi relativiser l’incident. Victoria Nuland, bien connue à Bruxelles puisqu’elle a occupé précédemment les fonctions d’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Otan, est réputée à la fois pour la brutalité de ses analyses et pour sa propension à vouloir occulter tout incident potentiellement gênant pour le département d’Etat, y compris vis-à-vis des parlementaires américains et des médias.

En outre, nombre de députés européens ne sont pas franchement mécontents de voir des officiels américains victimes, à leur tour, d’écoutes téléphoniques.

 Laurent Fabius préfère passer à « autre chose »

« Si les Premiers ministres ou les ministres des Affaires étrangères, devaient consacrer l’essentiel de leur temps à commenter les propos tenus par tel ou tel diplomate, nous n’aurions pas le temps de faire autre chose », a déclaré aiu micro de RFI Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères. « En ce qui me concerne je me consacre à autre chose. Nous nous réjouissons d’aller aux Etats-Unis ce lundi. Il y aura des conversations substantielles avec le président Obama, avec les autorités américaines. Les relations sont très bonnes sur, en particulier, le plan des analyses internationales. Nous sommes extrêmement proches et la relation est très positive. »

rfi

 

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