Dépeindre Mahomet est interdit et jugé offensant

Représenter Mahomet, comme l’ont fait plusieurs médias dont «Charlie Hebdo», cible d’une attaque sanglante condamnée par les plus hautes autorités musulmanes, est interdit en islam.

journal charlie hebdo caricature prophete mohamet

Le Coran n’interdit pas formellement de dessiner le prophète ou ses compagnons. Mais cette interdiction, même s’il s’agit de les glorifier, apparaît dans un «hadith» – dires du prophète – remontant au IXe siècle. Parmi les six recueils de hadith, celui de Boukâri, le plus important menace d’enfer les façonneurs d’images, accusés de vouloir rivaliser avec Dieu, qui doit rester seul créateur et qui est le seul à pouvoir insuffler la vie à ses créations. Ils sont accusés en outre de favoriser l’idolâtrie.

Depuis 2005, et la vague de violentes manifestations déclenchées par la publication de 12 caricatures de Mahomet dans le quotidien danois «Jyllands-Posten», la controverse sur la représentation du prophète revient régulièrement.

Liberté incomprise

«C’est un prophète révéré par quelque deux milliards de personnes… Est-ce que c’est moral de le railler» réagit Ahmed al-Kubaissi, important prédicateur irakien interrogé par l’AFP après l’attentat de mercredi.

Certaines personnes «ne comprennent pas la liberté d’expression en vigueur en Occident, où on peut facilement réaliser un film critique sur Jésus», selon Hassan Barari, professeur de Relations internationales à l’université du Qatar, affirmant qu’il existe une histoire «d’animosité entre l’Occident et les musulmans».

«Il ne devrait pas être permis aux gens de dessiner le prophète de manière à nuire à son statut dans le coeur de son peuple», affirme M. Kubaissi, le prédicateur irakien basé à Dubaï, pour qui l’interdiction de représenter Mahomet est une forme «d’hommage et de respect».

Films ultra-controversés

La diffusion en 2012 de la bande-annonce du film «Innocence of Muslims», un brûlot à petit budget qui dépeint le prophète comme un voyou aux pratiques déviantes, avait provoqué une flambée de violence à travers le monde musulman.

La même année, au cours d’une manifestation contre ce film le 11 septembre à Benghazi en Libye, quatre Américains dont l’ambassadeur Christopher Stevens sont morts dans une attaque ciblant la représentation des Etats-Unis.

Moïse aussi

Plus récemment, le film «Exodus: Gods and Kings», qui retrace l’histoire de Moïse, a été interdit dans plusieurs pays arabes. Selon une fatwa du Conseil islamique de théologie, basé à La Mecque, «représenter les prophètes d’Allah générerait des doutes sur leur statut, et pourrait inclure des mensonges, parce que les acteurs ne seront jamais à la hauteur des personnalités des prophètes».

Source: ats

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.