Antonio Guterres, secrétaire général des Nations-Unies à l’occasion de la Journée de la liberté de la presse : « La liberté de la presse est une condition sine qua non de la paix, de la justice, du développement durable et des droits de la personne… »

À l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse le vendredi 3 mai 2019,  plusieurs personnalités ont tenu à  rappeler de part et d’autre l’importance  de la liberté de la presse ainsi que les violences contre les hommes de presse dans le monde. Toutes ont demandé plus de protection pour les journalistes.

 

Le thème « Médias pour la démocratie : le journalisme et les élections en période de désinformation » choisit à l’occasion de cette journée de la liberté de la presse vise à montrer toute la place ainsi que toutes les menaces contre les journalistes de part et d’autre à travers le monde,  notamment en période électorale. La place des journalistes dans les processus de réconciliation et de paix est également abordée.

À cette occasion, le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, a tenu à rappeler : « La liberté de la presse est une condition sine qua non de la paix, de la justice, du développement durable et des droits de la personne. Il ne saurait y avoir de pleine démocratie sans accès à une information transparente et fiable. La liberté de la presse est la pierre angulaire de l’édification d’institutions justes et impartiales ; elle permet aussi de mettre les dirigeants devant leurs responsabilités et d’exprimer la vérité face aux puissants. »

Il  a alors saisi cette opportunité particulière pour rappeler que la liberté de la presse est assez importante, notamment en période électorale puisqu’elle guide « le choix des citoyennes et des citoyens lorsqu’ils élisent leurs représentants. » Quant à l’explosion des outils technologiques  qui transforment le rapport de l’homme à l’information, M. Guterres indique : « La technologie a certes transformé notre manière de recevoir et de communiquer l’information, mais elle est aussi parfois utilisée afin de tromper l’opinion publique ou d’attiser la violence et la haine. » En parlant de haine, il n’a pas oublié de faire tache d’huile les conséquences de ces discours de haine sur les hommes de presse partout dans le monde. À l’en croire, ces hommes subissent des violences et des harcèlements partout dans le monde. « Je suis particulièrement alarmé par la multiplication des attaques et l’existence d’une culture de l’impunité. D’après les chiffres de l’UNESCO, près de 100 journalistes ont été tués en 2018. Des centaines se retrouvent derrière les barreaux. Quand les professionnels des médias sont pris pour cible, c’est la société tout entière qui en pâtit », a-t-il déploré. Il termine par demander une défense accrue des droits des journalistes afin qu’on puisse vivre « le meilleur des mondes possibles. »

De son côté, la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Maria Fernanda Espinosa, a écrit à l’occasion de cette journée sur son compte Twitter : « Ce sont les journalistes qui braquent les projecteurs sur les abus, qui racontent des histoires qu’il faut raconter, qui donnent la parole à ceux que personne n’écoute, qui offrent un miroir à la société. Et si nous n’aimons pas ce que nous voyons, nous devrions nous attaquer aux problèmes, ne pas tirer sur le messager ».

Quant à la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, elle n’est pas restée en marge de cette journée. Ainsi, à ses dires, c’est l’impunité des crimes contre les hommes de presse qui constitue « une menace qui touche toutes nos sociétés » et qui « impose une vigilance sans cesse renouvelée ». Tout comme Antonio Guterres, elle invite à la protection de la liberté de presse ainsi qu’à la sécurité des journalistes dans le monde.

Selon le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, François Delattre, au nom du Groupe des amis pour la protection des journalistes ( comptant 21 États membres),  il urge de rappeler  la place des journalistes dans la démocratie, notamment en période électorale : « Le volume croissant de désinformation et le discours public polarisant menacent le déroulement pacifique des élections et la liberté de la presse, tout comme certaines attaques à l’encontre des informations de qualité factuelle (en ligne comme dans les médias traditionnels). Ils contribuent tous à la perte de confiance du public dans les institutions politiques établies et dans les organes de presse. La désinformation, la répression, le harcèlement et la violence contre les journalistes ajoutent de nouvelles restrictions au champ des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

À cette occasion, il a rappelé les contextes de création du Groupe d’amis pour la protection des journalistes en 2016. À l’en croire, il trouve son origine dans le besoin de promouvoir une  « meilleure application du droit international des droits de l’homme en matière de protection des journalistes. »

Pour sa part, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, a estimé que le pluralisme et l’indépendance des médias étaient d’une importance avérée ainsi que leur protection : « Autocrates et démagogues dénigrent trop souvent la presse, avec des conséquences désastreuses pour la sécurité, la démocratie et le droit du public de savoir. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin non seulement de célébrations génériques, mais également de mesures concrètes pour améliorer la liberté de la presse dans le monde ».

A l’occasion de cette journée, la France a lancé un appel aux sociétés civiles à développer des « anticorps » afin de permettre une résilience collective comme le recommandait déjà M. Jean-Yves Le Drian lors de la conférence « Sociétés civiles, médias et pouvoirs publics : les démocraties face aux manipulations de l’information » en avril 2018.  La France a saisi également cette opportunité pour saluer la « Journalism Trust Initiative » lancée par Reporters sans Frontières et ses partenaires visant à la mise en place d’un système d’auto-régulation susceptible de fournir  des garanties de transparence et de vérification de l’information. Pour réussir cette mission, la France s’est alors engagée «  dans le cadre de sa présidence du G7 et au-delà, elle promet, conformément à l’engagement du Président de la République, le « partenariat international pour l’information et la démocratie » lancer  à l’initiative de Reporters sans frontières et de la Commission internationale indépendante pour l’information et la démocratie, qui avait été saluée par une déclaration conjointe d’une douzaine de chefs d’État et de Gouvernement lors du Forum de Paris sur la paix le 11 novembre dernier. » Outre cela, « elle continuera de faire de la sécurité des journalistes et de la promotion de la liberté de la presse l’une des priorités de sa stratégie internationale de défense des droits humains. »

Fousseni TOGOLA

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