30 ans de prison pour «insulte» au roi de Thaïlande

En Thaïlande, un homme à été condamné à 30 ans de prison pour avoir partagé sur Facebook un contenu jugé insultant pour la famille royale. Un cas loin d’être isolé, depuis que le gouvernement militaire s’est emparé du pouvoir en mai 2014.

Prayut Chan-O-Cha Premier ministre thaïlandais

En Thaïlande, un homme a été condamné à 30 ans d’emprisonnement pour avoir posté sur Facebook des contenus jugés insultants pour la famille royale. Une peine d’une proportion invraisemblable, «un nouveau record» de longévité, déplore son avocate Sasinan Thamnithinan. Une condamnation de quasi perpétuité, l’homme étant âgé de 48 ans.

Six messages et photos postés entre septembre 2013 et novembre 2014, tel aura été son tort. Le contenu de ces publications ne sera bien sur pas révélé, et sa retransmission par les média formellement interdite, sous peine de poursuites. En Thaïlande, le code pénal protège la famille royale de tout dommage: une atteinte au roi, à la reine, à son héritier ou au régent est passible de 15 ans de prison pour chaque délit.

Le calcul est vite fait, 10 ans de prison pour chaque publication, réduite de la moitié puisqu’il a plaidé coupable. L’homme ne peut pas être remis en liberté sous caution, car il constitue, selon la loi thaïlandaise, un danger pour «la sécurité nationale». Pas la possibilité de faire appel non plus, car cette décision découle d’un tribunal militaire et que son arrestation date de la période où la Thaïlande était encore sous loi martiale, précise l’AFP.

Maintenir le mythe

Cette législation est une des plus sévères du monde, mais cette raideur s’est amplifiée depuis l’arrivée des militaires au pouvoir par un coup d’état en mai 2014. Les forces armées se sont placées symboliquement derrière la monarchie qu’elle protège, ainsi que derrière l’unité nationale. Le roi Bhumibol Adulyadej, âgé de 87 ans, vieilli chaque jour, ainsi que la reine Sirikit âgée de 82 ans, et la question de leur succession préoccupe, surtout depuis l’hospitalisation du souverain en mai dernier. Le gouvernement militaire n’a qu’un objectif: maintenir le mythe de la famille royale sage et protectrice, d’où il tire sa légitimité. Pour cela il confère au monarque et à sa femme le statu de demi-dieu, et fait de leur moindre critique un sacrilège.

Le comportement du nouveau gouvernement avait déjà alerté l’ONU, l’Union Européenne et Washington en avril dernier après avoir menacé d’interdire les médias critiques de l’action gouvernementale ou de la monarchie. Plusieurs télévisions jugées trop partisanes avait été fermées en 2014. Les manifestations et rassemblements politiques ont également été prohibés.

Les condamnations pleuvent depuis le mois de mai de l’année dernière. Jeudi 6 août, un homme atteint de troubles psychiques a été condamné à 5 ans de prison pour avoir tailladé le portrait du couple royal. En avril, un homme avait également été condamné à 25 ans derrière les barreaux pour des publications sur Facebook. En mars, c’est un homme de 67 ans qui avait été condamné à 18 mois d’emprisonnement pour un graffiti évoquant le roi. Sans oublier cet étudiant thaïlandais, condamné à 30 mois de prison pour des publications sur Facebook fin 2014. En novembre dernier Amnesty internationale s’inquiétait déjà de cette vague de condamnations, au moins une vingtaine depuis le putsch, un nombre «sans précédent».

 

Source: Le Figaro

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