DAOUDABOUGOu: Très étranges départs de feux dans la famille Kamissoko

Difficile d’avancer des causes rationnelles pour expliquer le très étrange phénomène que vit une famille de Daoudabougou depuis le jeudi 10 mars. Des feux, s’allumant et s’éteignant d’eux-mêmes en divers endroits de la maison, ne cessent de mettre la maisonnée Kamissoko en émoi. Et tout le voisinage aussi.

Depuis l’après-midi du jeudi 10 mars, la famille Kamissoko (de feu Fanèguè Kamissoko) est le théâtre d’un phénomène des plus étranges. Nous sommes à Daoudabougou, du côté Ouest de la voie goudronnée qui coupe le quartier en deux, au niveau du pâté de maisons qui fait pendant à l’école fondamentale située, elle, face Est.

Ladite famille est au centre de toutes les attentions et de toutes les angoisses. Le jeudi 10 mars, en effet, un stupéfiant enchaînement d’incendies s’est déclenché à la devanture du domicile Kamissoko et s’est mis à consumer sacs, linges étalés, chaussures disposées le long du mur, ustensiles de cuisine, réserves de céréales et de légumes, mobiliers, etc. ; au sein de la concession familiale. « Un feu vraiment bizarre qui s’est déclaré subitement, tout de flammes dressées, comme par magie », raconte Kadiatou Sangaré dite Cinq Etoiles, une voisine du quartier. Et madame Cinq Etoiles de narrer la suite de l’histoire qui est plus surprenante encore. « Attendez d’entendre le reste de ce qui s’est produit. Vous n’allez pas en croire vos oreilles ! Au moment même où le voisinage était accouru pour prêter main-forte à la famille, 7 autres feux se sont allumés d’eux-mêmes dans 7 chambres de la maison. Alors, ça a été la panique. Un nombre plus important de voisins est venu ; les gens se sont rués à l’intérieur ; çà et là, des groupes ont pu extraire toutes les affaires : draps, matelas, valises, armoires, fauteuils, chaises, chaussures, sacs de mils et de riz etc. ; des différents chambres et magasins. Mais, chose incroyable encore ! Quand toutes ces affaires ont été mises dehors, à l’abri du feu, croyait-on, eh bien ! nous avons été témoins d’un phénomène des plus étranges. Les affaires, pourtant mises dehors du côté de la rue opposée à la façade de la famille, se sont subitement mises à s’enflammer aussi. A la grande stupéfaction de tous », rapporte-t-elle. Madame Cinq Etoiles, décidément sous le coup de l’émotion, continue son récit détaillé : « Ce n’est pas tout. Quand les efforts ont pu venir à bout des différents feux, les affaires de la famille ont été prises et déposées dans la cour d’une famille voisine. Là encore, chose extraordinaire ! Le feu a pris toutes lesdites affaires et la cour de ladite famille voisine !  Comme si une main invisible s’amusait à narguer les gens et à jouer au pyromane, le feu s’allumait et s’éteignait tout seul ! »

Interrogés par nos soins, beaucoup d’autres habitants des alentours nous ont confirmé les dires de madame Cinq Etoiles. Puis, nos différents interlocuteurs nous ont orientés vers la famille sinistrée. Arrivés sur les lieux, nous avons été accueillis par trois membres de la famille : Boua Kamissoko, Assitan Kamissoko et Niaraga Kamissoko. Les deux premiers nommés nous ont fait faire la visite guidée de la maison. « Voyez par vous-mêmes ! Notre famille est très grande. Nous sommes un peu plus de 60 personnes. La cour étant grande, vous voyez qu’il y a plusieurs appartements (format salon plus trois chambres plus magasin par appart). Tenez-vous bien ! le feu s’est déclenché simultanément dans les chambres de chacun des appartements. Sans oublier les flammes contre lesquelles nous luttions déjà devant la porte avec l’aide des voisins », nous a raconté Assitan. Nous emmenant de chambre en chambre pour nous faire constater les dégâts, elle a poursuivi : « Le jeudi 10 mars, nous avons dû rester mobilisés de l’après-midi jusqu’à tard dans la nuit, nettement au-delà de minuit. Parce que, pratiquement, à chaque deux ou trois heures, des feux se déclenchaient spontanément et subitement, tantôt dans les chambres, tantôt dans les toilettes, tantôt dans la cour de la famille voisine où nous sommes allés entreposer une partie de nos affaires. Voyez combien ce qui nous arrive est inexplicable !  Parfois, le feu naît soudainement, enfle, et s’éteint tout seul. Parfois, nous sommes obligés de nous mettre à plusieurs pour l’éteindre », s’est-elle confiée. Boua Kamissoko nous a donné des détails similaires : « De jour comme de nuit, le feu émerge en divers endroits de notre maison. Les habits, les carafes, les matelas, les mobiliers des différents appartements, tout s’enflamme à tour de rôle et de manière répétée depuis cinq jours ! »

Pourtant, dans cette ambiance surréaliste où chacun, membre de la famille comme voisin, est pris de stupeur face à ce qui s’apparente à un phénomène inexplicable ; un homme nous a conviés à nous asseoir et nous a donné les raisons qui, selon lui, seraient à la base des départs de feux. Il s’agit de Niaraga Kamissoko, l’un des doyens de la maisonnée. Le visage serein, tranchant avec la stupéfaction générale affichée, sûr de ses propos, il nous a avancé ceci : « En vérité, ce qui arrive n’a rien d’inexplicable. Ce sont les jeunes qui paniquent », a-t-il débuté sa narration. Et de nous révéler ce qui suit : « En fait, notre famille est venue élire domicile ici entre 1967-1968. A notre arrivée, nous avons trouvé des djinns sur place. Nous nous sommes installés avec eux, dans la plus harmonieuse des cohabitations. D’ailleurs, ils nous ont tout donné. Figurez-vous que quand nous nous installions, nous étions dans des huttes. Mais observez par vous-mêmes le changement ! D’année en année, ces djinns nous ont couverts de bienfaits au point que nous avons pu rebâtir la maison en briques et ciment, avec toutes les commodités qu’exige la vie moderne. Il n’y avait jamais eu de frictions ni de malentendus entre les djinns et nous jusque-là. Mais, à l’instant T, je suis convaincu qu’un des miens a dû poser un acte qui a certainement contrarié les djinns. D’où leur colère. Ces feux, ce sont les djinns qui les déclenchent et les activent pour nous manifester leur colère ou leur frustration. Voilà toute la vraie cause du phénomène qui est en train de prendre tout le monde au dépourvu. »

Et quand nous avons pris la liberté de demander au vieux Niaraga si ses explications ne manquaient pas de rationalité, sa réaction a fusé : « Jeune, tu es toi-même Dogon, non ? Demande à tes parents ! Ils te diront que ces êtres surnaturels existent absolument !  Ce que je te dis est la seule explication réelle du phénomène que tu as toi-même constaté ! Ces djinns vivent dans beaucoup de recoins de notre maison ! On fait cour commune depuis des décennies, te dis-je ! » Revenant dans l’échange, Assitan nous explique : « C’est justement pour cela que, dès le vendredi 11 mars, nous avons consulté des devins qui nous ont préconisé de faire des sacrifices. Le vendredi, après la grande prière, nous avons procédé à la lecture du Coran puis nous avons immolé une chèvre. Le samedi aussi, nous avons tué un mouton en sacrifice. »

Un voisin de la famille, Seyba Korkos, a tenu à s’adresser au Haut Conseil Islamique ainsi qu’à « tous les grands connaisseurs du Mali » à travers notre organe. « Je demande à tous les imams, à tous les devins, à tous les leaders religieux, à tous ceux qui sont détenteurs de savoirs ésotériques, de venir en appui à la famille Kamissoko. Que ce soit par des bénédictions ou que ce soit par des pratiques d’exorcisation, vos aides sont les bienvenues. Tout ce qui peut concourir à apaiser la colère des djinns vexés, tout cela est le bienvenu. »

Au moment où nous mettions sous presse, le phénomène persistait. Les jours à venir diront si l’étrange situation a pu être maîtrisée ou pas. Nous vous tiendrons informés.

MOHAMED MEBA TEMBELY   

Source: Les échos Mali

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