Sans Tabou: la femme rurale dans les abysses des oubliettes au Mali ?

La journée internationale de la femme rurale est passée inaperçue au Mali. Pour la première depuis la création de cette journée en 2008, les autorités maliennes, à l’instar de la communauté internationale, rendent hommages à ces braves dames de la campagne qui constituent le socle du développement de tout pays.

 

On aura tout vu avec la Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille du Mali Kura. Et pour cause, cette journée importante qui met en exergue la lutte contre la marginalisation des femmes rurales a été seulement célébrée sur la page Facebook de notre Ministre du Boulevard de l’indépendance. A travers quelques lignes, elle adresse ses hommages à la femme rurale. Et, depuis silence radio.
A part des rumeurs qui se contredisent sur les dates du 22 et du 27 octobre prochain, auprès de certaines associations de femmes, aucune information crédible n’est du département en question n’est venue confirmée ou infirmée l’une des deux dates.
Pire, le staff de communication n’a ni annoncé de date officielle, ni annoncé de lieu de célébration de cette journée, qui a été célébrée le 15 octobre par les autres pays africains et la communauté internationale.
Quant aux femmes rurales qui considèrent cette journée comme une véritable fête, elles sont entre doute et certitude. Puisque, même si c’est une occasion pour elles de souligner non seulement leurs défis, mais aussi de montrer leur potentialité aux plus hautes autorités et des partenaires techniques et financiers du Mali, pour le développement, plusieurs d’entre elles ne savent rien de la célébration de l’édition de 2022.
En effet, cette journée est toujours une occasion de mettre les femmes rurales au cœur de l’actualité socio-politique.
Faut-il le rappeler, l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie.
Sur le plan de la promotion de la sécurité alimentaire, cette journée occupe une place centrale dans la chaîne de valeur des produits locaux, particulièrement dans le contexte du Mali marqué par la crise sécuritaire et la COVID.
C’est donc à toutes les maliennes des régions rurales, à celles qui sont cultivatrices et transformatrices des produits maraichers ou agroalimentaires, à celles qui sont mères, sœurs, cuisines ou citoyennes tout court, que nous rendons hommage aujourd’hui.
Les femmes rurales sont le maillon essentiel dans le renforcement de la résilience au sein de leur communauté.
Mieux, sa commémoration permet aux femmes rurales de faire l’état des progrès réalisés, des difficultés rencontrées et des défis à relever.
Au Mali, les femmes représentent 50,4% de la population dont 52% d’entre elles résident en milieu rural.
Ainsi, selon une étude réalisée par le Ministre de de la promotion de la femme, en 2020, sur le plan économique, les femmes rurales contribuent pour plus de 55,8% à la production agroalimentaire nationale.
La même source, révèle que cependant, elles sont confrontées à divers problèmes qui ont pour noms, l’analphabétisme, les difficultés d’accès à la terre, aux crédits, aux nouvelles techniques et technologies agricoles, les questions liées à leur autonomisation.
Pourtant, pour remédier à ces problèmes, la même ministre l’avait reconnu lors de la célébration de la journée internationale de la femme rurale 2021, avait même fait des propositions.
« Il est urgent d’orienter les femmes rurales vers l’application des nouvelles techniques et technologies de production à impact rapide en matière de pisciculture en cage flottante, d’utilisation des semoirs mécanisés, de semences adaptées aux changements climatiques, de parcelles sécurisées » avait-elle aspiré.
Toutefois, nous constatons qu’apparemment ces objectifs sont jetés dans les abysses des oubliettes, puisque le département de la promotion de la femme brille par son absence auprès de femmes rurales, qui sont laissées à leur triste sort.
En tout état de cause, que les dates du 22 ou 27 soient retenues par le département, les femmes rurales sont restées sur leur faim, puisque très souvent, après la date, ce n’est pas la date.

PAR CHRISTELLE KONE

Source : Info-Matin

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