La transition vue de Lomé et de Bamako

Les participants à la deuxième réunion du groupe de suivi et de soutien à la transition au Mali, tenue la semaine dernière à Lomé (Togo) ont eu une perception globalement satisfaisante du processus transitionnel en cours dans notre pays.

 

Résumons : tous les organes de la transition sont en place et fonctionnent correctement ; le Premier ministre a ouvert avec la classe politique un espace de dialogue qui doit être  » maintenu et consolidé  » pour aboutir à  » des réformes hardies  » et  » des élections apaisées  » ; un Programme d’action gouvernemental (PAG) a été adopté par le CNT, qui définit six axes prioritaires permettant de  » faciliter l’action des partenaires  » ; une cellule d’appui au processus électoral est ouverte à l’ensemble des acteurs politiques pour favoriser  » la recherche de consensus  » autour des réformes à conduire ; à la place de la CENI dissoute, un dispositif organique définitif des élections est attendu ainsi qu’un chronogramme pour les scrutins envisagés.

Ajoutons-y  » la conférence sociale  » en gestation qui va accoucher d’un Pacte social,  » les progrès réalisés  » dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation longtemps restée une grosse épine dans la plante du pied des autorités, l’assistance financière internationale envers le Mali qui amorce un nouveau départ, après une douloureuse suspension.

Et, pour couronner le tout, voilà le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Zeini Moulaye qui annonce l’organisation de la présidentielle en  » mars 2022″. Le 22 mars, précise une autre source.

Vue de la lointaine capitale togolaise, à travers le tableau qu’en ont brossé, durant plusieurs heures, sept de nos ministres et le président du CNT, colonel Malick Diaw, déplacés pour la circonstance, la transition malienne est rassurante et peu s’en faudrait qu’elle soit séduisante.

Vue de près à Bamako, la situation se présente différemment. Pour ne considérer que le seul volet électoral,  » l’espace de dialogue  » mis au crédit de Moctar Ouane peine à prendre corps, les échanges se faisant dans la précipitation et de façon informelle, selon des leaders politiques qui y ont participé et disent  » ne rien en attendre « . La cellule d’appui au processus électoral, un appendice du ministère de l’Administration territoriale, est résolument boudée par les grands partis et regroupements politiques qui y voient davantage un faire-valoir qu’un instrument de promotion de la démocratie. Quant au  » dispositif organique définitif des élections « , le fossé est abyssal entre la classe politique et la société civile réclamant entre autres  » un organe unique et indépendant de gestion des élections  » et le département de tutelle qui veut garder la main haute sur le processus électoral dans son entièreté. Si les choses devaient rester en l’état, voire empirer, il y a fort à redouter que la transition, censée «sauver le Mali» ne le conduise à des déchirements plus dramatiques que par le passé.

Saouti HAIDARA

Source : l’Indépendant

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