Editorial : L’école et la fraude

« Nous n’avons pas d’école depuis 20 ans » déclarait l’ancien  président de la République Amadou Toumani Touré  lors de la célébration de la journée internationale de la femme, le 08 mars 2008. A cela s’ajoutent les propos du Ministre des enseignements secondaires et supérieurs de l’époque, selon lequel « il n’y a pas d’école au Mali tant le niveau des enseignements dispensés est exécrable ».  Depuis longtemps, notre système scolaire et universitaire gémit de belle manière. Les goulots d’étranglement sont si forts que le règne de l’impasse et du désordre domine.

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D’un côté les enseignants crient pour une meilleure condition de travail; de l’autre côté, ce sont les autorités en charge de l’école qui crient parce que les moyens de l’Etat sont insuffisants pour faire face aux doléances des différents syndicats (enseignants et étudiants). Entre ces deux, se trouvent des élèves et étudiants  victimes du syndicalisme des uns et de l’indifférence des autres. Cela a conduit depuis un certain temps à l’instauration d’un système  d’inachèvement des années scolaires, du mépris pour l’esprit du travail sérieux, de corruption systématiquement organisée par l’administration, le corps enseignant, les élèves et les étudiants.  Le contexte de l’école malienne aujourd’hui est de nature à enfoncer l’étudiant dans un pessimisme sans précédent. Du coup il perd tout espoir, même celui qui tenait jusqu’ici commence à sombrer dans le désespoir et tombe finalement dans le piège du gain facile. C’est dans cette situation d’imbroglio que viventl’élève et  le jeune étudiant. Alors dans ce chaos généralisé où la corruption est devenue le mode de vie ; dans cette situation du règne de la loi de la fraude, comment pouvons-nous freiner ce cancer de l’école ? Je propose les analyses d’un conférencier en huit points :  Il faut impérativement un renforcement  des actions de sensibilisation et de mobilisation au  niveau des parents d’élèves à travers les APE sur les méfaits de la fraude scolaire; Encourager les parents au suivi régulier des enfants après le cours; introduire des modules sur la fraude scolaire dans le programme d’enseignement au niveau du fondamental; recruter les enseignements sur la prestation du serment  d’engagement  à prohiber la fraude; encourager les enseignants qui préservent leur honneur en refusant la fraude et sanctionner les fraudeurs (de l’avertissement à l’arrêt de travail); moraliser l’enseignement à travers la tenue régulière des séminaires sur les questions éthiques et déontologiques de l’enseignant ; cultiver le sens de l’effort et du travail bien fait chez l’élève et enfin l’engagement  synergique des parents, Enseignants  et administration scolaire pour éradiquer le fléau.

Amadingué Sagara

 

Source : SOLONI

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