Editorial : En Entendant GODOT

Il y a une mentalité dans notre pays que nous devrons combattre : Qui va venir faire pour nous ? Où est le chef ?

 

Oui, en voyant toutes les vidéos des inondations, dans des localités, les victimes ne disent jamais, comment faire pour éviter la prochaine catastrophe, comment battre le rappel des fils du terroir. Il s’agit à chaque fois de complaintes de récriminations en direction des autorités, pour avoir fait des promesses non tenues, pour qu’elles voient que nous avons besoin de canaux d’évacuation, de curage…

C’est affligeant. Seuls les aspects drames humains retiennent pour ne pas avoir d’autres sentiments. ll est temps que nous apprenons à nous passer des autorités, à faire en sorte que pour se légitimer. Elles essaient plus de voir comment participer à nos actions de développement initiées localement.

En dehors des slogans, la majorité d’entre les descendants des bâtisseurs d’empires et de royaumes que nous sommes semblent se convaincre que quelqu’un doit faire pour nous que nous n’avons pas à contribuer à notre bien-être collectif. Pour avoir voté pour quelqu’ un, nous semblons souvent attendre de lui le plus, sans exiger de nous­ mêmes le moins.

Notre situation fait penser au personnage de Samuel Becket, Godot, que deux amis attendent et espère pour tout. Le mystérieux Godot ne viendra jamais et les choses resteront en plan. Il n’y a aucun droit supplémentaire à attendre de la mairie, du ministre ou du président de la République. Nous avons connu des travaux d’intérêt collectifs ; nous voyons comment les Rwandais et d’autres, s’investissent personnellement pour leurs quartiers.

Le Présidant, le ministre, le député, le maire… doivent faire, Mais, s’ils ne font pas? Devrons-nous continuer à dénoncer ou devrons-nous juste nous organiser et retrousser nos manches ? Car oui, en définitif. C’est nous qui vivons au quotidien ces fléaux.

Nous organiser et faire face éviterait d’écouter des promesses, de compter sur d’autres et surtout de montrer à tous les marchands d’illusions que nous savons faire, que nous savons compter sur nous­ mêmes.

Le bien-être, l’assainissement de mon quartier, la sécurité, l’éclairage… sont des actions que nous pouvons mener, sans compter sur nos élus, Pour qui, d’ailleurs, aux prochaines élections, nous voterons, pourvu qu’ils nous fassent les mêmes promesses.

Alexis Kalambry

Source : Mali tribune

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