Edito : une bonne équipe sur le papier

Cela est de coutume, à chaque nomination d’un nouveau gouvernement, les avis et opinions divergent sur le choix des hommes par rapport aux enjeux du pays ainsi que d’autres aspects relatifs à la représentativité religieuse (chrétien, musulman), ethnique (nombre de nordistes) et sexiste (quota de femmes).

Moustapha Diawara journaliste editorialiste presse tikan

Étrangement, cette fois-ci, les spécialistes des gouvernements n’ont pas eu trop à redire. Est-ce parce que les rumeurs se sont toutes avérées fondées, notamment sur le départ de Mara et de certains ministres mouillés dans la scabreuse affaire d’acquisition de l’aéronef et des équipements militaires ? Ou bien, les esprits éclairés (Dieu seul sait combien notre pays en regorge) ne veulent plus brûler d’énergie et de calorie futilement à critiquer un régime dont les oreilles sont fermées ?

Toutefois, des voix discordantes se font plus ou moins entendre contre, entre autres, l’attribution du département de la Défense à Tieman Hubert Coulibaly, le changement de portefeuille de Me Bathily , qui avait les rênes d’un ministère taillé à sa compétence, la réduction du nombre des femmes, des militaires…

Mais en clair, ce que les uns et les autres ne diront jamais, ou peu, c’est que nous venons d’avoir avec ce gouvernement de Modibo Kéita, un excellent attelage sur le papier, rarement réussi dans la composition d’une équipe gouvernementale dans notre pays. A cet effet, quelques aspects sont salutaires.

D’abord le retour de Mamadou Igor Diarra et de Choguel Kokalla Maïga. Des compétences enfouies dans les décombres de l’oubli pour des raisons politiciennes. D’ailleurs, concernant le premier, de nombreux observateurs se demandent jusqu’à présent comment et pourquoi, Amadou Toumani Touré a pu se séparer d’un ministre aussi compétent que dynamique. Dont la présence sur les chantiers du PDES, incarnait bien le parcours courageux d’officier supérieur exemplaire qu’a été son défunt père. Sans jeter de cauris, on peut dire qu’il possède des atouts non négligeables pour gérer, avec probité, l’hôtel des Finances.

Quant à la nomination du tigre en chef au département de l’Economie Numérique de l’Information et de la Communication avec le titre de porte-parole du gouvernement, cela démontre le sérieux qui a prévalu dans le choix des hommes et des femmes pour former ce nouveau gouvernement.

En effet, est-il besoin de le rappeler, la communication a été le point faible des seize (16) mois de gouvernance d’IBK. Face aux tirs de l’opposition, on avait l’impression qu’il n’y avait pas de répondant du coté du pouvoir. Ainsi, avec son parcours politique et sa maîtrise des grands dossiers du pays, Dr Choguel. K. Maïga pourra réussir bien dans ce domaine. Que dire de sa maîtrise du domaine des télécommunications, dont les faisceaux n’ont aucun secret pour lui.

Comme autre point positif de cet attelage gouvernemental, c’est le maintien des valeureux jeunes qui pourront gravir des échelons non moins importants dans la gouvernance et assurer, à coup sûr, un deuxième mandat au ‘’Mandé Massa’’. A savoir le lot des Mahamane Baby, Boubou Cissé, Housseiny Amion Guindo et  N’Diaye Rama Diallo.

Il faut simplement prendre comme repères la personnalité du chef du gouvernement et la jonction réussie entre jeunes et vieux briscards avec des départements qui répondent aux enjeux de l’heure pour nourrir l’espoir que cette fois-ci, ce sera la bonne pour le règne du ‘’Kankélétigui’’.

 

Moustapha Diawara

Source: Tjikan

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