Edito : Le triomphe de la Presse unifiée !

Sous le régime IBK, la liberté d’expression acquise dans le sang est en danger au Mali. Le constat est unanimement  partagé. Les journalistes maliens sont intimidés et menacés dans l’exercice de leur métier. Ce qui dénote que notre  pays recule de jour en jour dans le sens du respect du droit humain. La barbarie a pris de l’ampleur. Le mercredi 21 février, on a assisté tristement au retour de la méthode de la Gestapo sur nos cieux. Quatre individus en armes ont fait irruption dans la rédaction de maliactu.net, un journal en ligne, et emmené trois de nos confrères (SalifDiarrah, AliouHasseye et Issa Coulibaly) et leur matériel de travail dans un véhicule banalisé.

Leur enlèvement qualifié dans la soirée au journal télévisé d’arrestation sans une convocation au préalable, qui n’aurait pas de lien avec une enquête sur le terrorisme ou la sécurité nationale sous l’Etat de Siège, est une atteinte grave à la liberté de presse et au respect de l’intégrité de la personne humaine dans notre pays.

En effet, l’enlèvement ou l’arrestation extrajudiciaire d’un citoyen dans une affaire sans une convocation, donc sans lien avec la sécurité ni le terrorisme, constitue un recul inquiétant de l’Etat de droit et des Droit de l’Homme dans notre pays, et interpelle tous ceux qui sont épris de justice.

L’Etat de siège ne saurait suspendre l’Etat de Droit dans les procédures judiciaires relevant du droit commun. La guerre contre le terrorisme n’est pas plus juste et légitime que le respect et la Défense de l’Etat de droit et des droits humains.

C’est vraiment déplorable pour les journalistes maliens de vivre dans cette situation. Accusés d’un délit de droit commun et enlevés comme des vulgaires terroristes, nos confrères, après deux jours dans les locaux de la Brigade d’investigation judiciaire et de la Brigade des mœurs SalifDiarrah, AliouHasseye et Issa Coulibaly ont été présentés vendredi 23 février 2018,  au procureur du tribunal de première instance de la Commune III. C’est après que Aliou et Issa ont été relaxés. Salif qui est le rédacteur en chef du site d’information, reste curieusement en détention. Depuis l’annonce de leur séquestration, la Presse dans son ensemble est restée mobilisée pour leur mise en liberté. Même si par contre certains confrères proches du régime leur ont condamné sans tenir compte de la confraternité et de la présomption d’innocence. C’est ça aussi la charme de ce métier noble.

Avant-hier, lundi, jour de la comparaison de Salif Diarra au tribunal de la première instance de la Commune III, la mobilisation de soutien des journalistes à leur confrère était totale. Vu ce soutien total et massif, Salif  a été libéré. Une grande première victoire de la presse unifiée. C’est la victoire du bien sur le mal. C’est la victoire de la vérité sur le mensonge et la manipulation. C’est la victoire du courage et de la persévérance sur la diversion et le faux-fuyant d’un régime aux abois. ! Bravo à tous les confrères !

Continuons à être solidaire les uns envers les autres car ce qui est arrivé à Salif Diarra et autres peut arriver à chacun de nous. Si nous restons mobilisés et unis, le régime ne pourra rien contre nous. Car l’union fait la force. Bravo à la presse pour sa mobilisation. Ensemble, nous vaincrons !

Aliou Touré

Le Démocrate- Mali

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