Edito : Me Konaté averti une énième fois

Samedi 8 octobre 2016. Des milliers de Maliens ont répondu présents à l’appel du Collectif des défenseurs de la liberté d’expression (CDLEP) et du Collectif des défenseurs de la République (CDR). Partis de la Place de la liberté au monument de l’Indépendance, via l’échangeur du Cinéma Babemba, les manifestants, plus que jamais déterminés, sont venus apporter leur soutien aux organisateurs (journalistes, société civile, regroupements de jeunes) pour dire non, une fois de plus, aux autorités pour la violation de la liberté d’expression.

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Le combat noble ainsi engagé part du fait que notre confrère Ras Bath est privé de son droit le plus absolu (animer son émission Cartes sur Table). Il en est de même pour Abdoul Niang. Quant à Rasta malgré le non respect de la procédure, l’instruction du ministre de la Justice, Maître Mamadou Ismael Konaté, à l’encontre de Rasta  pèse toujours.

Cette violation de la procédure est une menace pour toute la corporation mettant en doute la teneur de la loi spéciale régissant les délits de presse. Le dossier traité dans le contexte de droit commun en occultant à Rasta son statut de journaliste, malgré la présence de sa carte de presse délivrée par le département de tutelle (ministère de la communication), est un acte peu honorable qui, si nous ne prenions garde, pourrait arriver à d’autres confrères. Car dans ce pays avec un tel jugement de la part des autorités, nous ne savons plus qui est journaliste.

Avec des slogans déterminants des manifestants, tels ‘’Vive la liberté d’expression’’, ‘’plus jamais une telle erreur de la part des autorités’’, ‘’Konaté, nous ne voulons plus de vous’’, ‘’nous exigeons la démission du ministre de la juste’’, les organisateurs de la marche, dans leur déclaration à la place du monument de l’indépendance, ont dénoncé le comportement de ce ministre d’un autre âge.

Messieurs Yalkoué, Tangara, Niang ont tous appelé le président de la République à prendre cette affaire en main. Car Maître Konaté se croyant dans une jungle, a appliqué la loi du plus fort. Cette attitude a valu l’appel lancé par le collectif   à son exclusion du gouvernement et aussi la levée immédiate des mesures restrictives contre Rasta Bath.

Le collectif s’engage désormais à se battre pour la corporation. Tant qu’il est présent, aucun journaliste ne sera plus traité comme un moins que rien pour des intérêts politiques. Le rôle du journaliste, c’est d’informer, il informera ; son rôle c’est de dénoncer, il dénoncera dans le strict respect des lois et personne ne pourra l’en empêcher.

Boubacar Yalkoué

Source: Le Pays

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