Edito :: En vérité : « Ce qu’il nous faut ! »

 

La « Grande muette ? », elle -l’armée malienne- a cessé de l’être depuis cette navrante nuit du 21 au 22 mars 2012, quand elle a suspendu notre constitution et dissous nos institutions, infligeant ainsi un coup de massue à notre démocratie, autrefois citée d’exemple. De surcroit, en marge de sa descente sur la scène politique pour prendre le pouvoir, faire les campagnes électorales et organiser même les élections, elle a, au cours de son glissement, enregistré des événements malheureux, très malheureux : des conflits corporatistes [entre Bérets rouges et Bérets verts], aux assassinats et ensevelissements en catimini des corps des frères d’armes dans de fosses communes, etc. L’armée malienne, qui dès l’aube de l’année 2012, n’a été que ce qu’on aurait cru d’elle, va peut-être, et doit, enfin redevenir, ce qu’on la répute avoir été dans le temps. Voire, plus. Pour notre propre sécurité, pour que le Mali puisse continuer à exister comme pays un et invisible, ce n’est ni sur la France ou un quelconque pays du champ qu’on doit continuer à miser. Une armée capable d’opérer sur chaque centimètre carré de nos insaisissables million et centaines de kilomètres carrés. Une armée, bien formée, disciplinée, structurée, équipée et exemplaire, est ce qu’il nous faut. Maintenant ou dès demain proche. Et, pour cela, nous a-t-on dit, « l’union européenne s’est engagée à redoubler l’effort.» A nous, d’emboiter le pas et de savoir profiter avec intelligence, des opportunités qui s’ouvrent à nous.

Au vu et au su de tous. Si on ne sait pas tirer les leçons du passé, c’est qu’on est encore loin du bout du tunnel. Car, notre armée là, de par les lacunes payées au prix du sang versé, on a beaucoup appris. Malheur ou erreur, c’est que nos populations sont abandonnées à elles-mêmes et sans responsable. A quel sain se vouer ? Au grand Dieu certainement, puisque lui, est toujours là « pour tous ».

Nous avons par coup de chance, ou de malheur, peu importe, un vaste territoire, à majorité désertique, ressemblant à un « no man’s land » et par conséquent, puisque situé au centre d’une Afrique pauvre et perdue, est devenue profitable aux narcoterroristes de toutes les origines. Le paisible petit pourcentage de nos concitoyens qui y sont condamnés à vivre [puisque originaires et fiers], sont, à base de leur pauvreté et analphabétisme, instrumentalisés et montés contre eux-mêmes : d’où les rebellions et les complicités antirépublicaines de tous les temps. Stop ! Mais ce n’est pas magique.

Le « Nous ne pouvons pas, on ne peut pas ! », n’est en vérité, pas totalement faux pour le départ. Mais, c’est le fait qu’il s’éternise est ce qui va nous agoniser ou même nous tuer tous. Car tant qu’on a à l’idée de ne pas pouvoir, on ne pourra jamais. Loin de nous prendre pour des communistes pour nous ramener à Mao, qui recommandait à chaque communiste d’assimiler : « le pouvoir est au bout du fusil ». A ne pas confondre au raisonnement de paresseux qui se livrent à la lutte armée pour le pouvoir politique et l’argent facile. Il s’agit cependant, de capitaliser que le pouvoir qui vient du latin « podere », signifie, avoir la capacité de, être capable. C’est en somme, une représentation abstraite des capacités éventuelles ou effectives, d’un groupe, d’une institution ou d’un pays. Pouvoir n’est pas faire, mais avoir la volonté et la possibilité d’agir…, etc.

Les moyens ? Ils se créent par une cohérente et constante politique de création des richesses. Et, de là, ils ne peuvent proliférer pour couvrir nos ambitions sans notre sécurité, nous ses créateurs. Alors, c’est en profitant positivement de ce qu’on a le mieux qu’on fera simultanément, et notre sécurité grandissante, et notre développement harmonieux.

Savoir profiter des opportunités pour ne plus trébucher comme au CEMOC avec l’Algérie en 2010.

D’abord, l’union européenne, ayant senti la nécessité, dès la fin de l’année 2012, dans le cadre de sa politique étrangère et de sécurité commune, a décidé de la « la formation et l’entraînement de bataillons des forces armées maliennes, ainsi que d’unités d’appui tactique et de soutien logistique du combat, y compris en matière de droit humanitaire international, de protection des civils et de droits de l’homme. A ce jour, la mission européenne de formations des soldats maliens(EUTM), nous a doté de 4 bataillons d’hommes bien formés. Puis s’engage, d’ici 2016 à nous doter de 4 autres bataillons. Au total : 5600 soldats bien formés, seront à notre service pour la défense et notre sécurité. N’est-il pas le jalon d’une armée digne de ce nom que les européens sont entrain de mettre à notre disposition?

Ensuite et fin, dans l’attente, de la formation- même en cours dans nos écoles militaires-, et le temps pour nos autorités de mobiliser les fonds devant nous doter d’une logistique adaptée, n’est-il pas nécessaire de signer, avec la France, ce fameux accord de défense qui, a beaucoup fait couler de salive et d’encre ? Surtout soumettre, au préalable, à nos élus du parlement, cette question : « Vos mains et pieds levées, réunis, pourront-ils nous épargner des coups de fouets et balles d’éventuels jusqu’au-boutistes? ». Et aux nationalistes hostiles à cet accord : « Notre armée étant fragile, qu’avez-vous à proposer contre ce qui ne sera là que pour le temps de mettre sur pieds notre futur lion régional ? ». Sachons raison garder car si l’Algérie était aussi généreuse avec nous, on n’en serait là. Et, qu’on ne profite aussi pas de notre situation pour régler les vieux comptes Algéro-Parisiens.

Issiaka M Tamboura

La Révélation
SOURCE: La Révélation

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *