Edito : Coup de bluff du PR et du PM ?

De retour du centre du pays, le premier Ministre Soumeylou Boubeye Maïga, avait rassuré les Maliens quant au niveau d’avancement du gouvernement dans le cadre de la stabilisation de cette partie du Mali. L’armée se déploie partout où besoin se fait sentir ; l’Etat a adopté désormais la stratégie offense. Les militaires ne se défendront pas,  ils iront traquer les ennemis partout où ils se trouvent. L’élection présidentielle aura lieu sans aucune crainte.  Voilà en quelque phrase ce qu’on peut tirer d’essentiel des propos du PM.

Pour rappel, les mêmes discours avaient été tenus par le Président de la République lorsque le PM se trouvait dans la zone de Niono. IBK face au bureau national de l’association de Dogon, Ginna Dogon, avait été ferme. L’Etat agira sans état d’âme face aux ennemis d’où sa formule ‘’faire subir pour ne pas subir’’.

Quelques jours après, les djihadistes défient l’Etat au niveau de Djénné. Ils ont réduit en cendre et morceaux de fers les matériels  d’une société devant servir à la  construction d’un barrage. Les assaillants, plus d’une trentaine, en milieu de semaine dernière, seraient venus la nuit entre 00 heures et 3 heures du matin sur des motos. Ils ont mis le feu et ont disparu.

Le constat est alarment et l’acte traduit le coup de bluff du Président de la République et du premier ministre. Où sont les FAMAS déployées pour la stabilisation du centre ; où sont les forces du G5 sahel dont la base se trouve à une centaine de kilomètres du lieu de la forfaiture?  Où sont les avions achetés à coup de milliards pour faciliter la lutte contre le terrorisme ?

Ces bandits ne devaient pas échapper. L’Etat malien devait s’investir par tous les moyens afin de les intercepter et les neutraliser. C’est en cela que le peuple allait sentir le poids de l’assurance faite par le PR et le PM.

Cette attaque dénote que le régime ne maitrise pas jusqu’à présent grande chose dans le centre. Il a même du mal à faire appliquer sa décision d’interdiction de circulation des engins à deux roues et pick-up car c’est sur des motos que les assaillants ont attaqué.

Un investissement de plusieurs dizaine de milliards vient de partir en fumée. La peur qui se dissipait petit à petit dans le centre refait surface.

Alors faut-il croire le Premier Ministre lorsqu’il parle avec certitude que l’élection présidentielle du 29 juillet aura lieu ? En tout cas, l’Etat doit doubler d’effort. Pour l’instant, la situation lui est défavorable. Et cela n’arrange personne.

Boubacar Yalkoué

Source: Le Pays

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