Chronique éco : Soutien financier de taille aux femmes du continent

La femme malienne, surtout rurale, a été et demeure une actrice incontournable du développement socioéconomique de nos contrées. En effet, grâce au petit commerce, au maraîchage et le travail de petite portion de terre à elle prêter par les hommes, elle fait face aux dépenses quotidiennes et productives des ménages. En ce sens, elle paie (très souvent) les frais de condiments et de soins des enfants, de fournitures scolaires pour sa progéniture, leurs habits de fêtes, les trousseaux de mariage et autres frais afférents de son fils ou de sa fille. Les femmes soutiennent les familles en céréales en période de soudure.


En dépit de ces efforts grâce auxquels notre pays peut s’enorgueillir d’avoir des cadres (hommes et femmes) compétents et productifs, l’accès des femmes au financement et à la terre reste une problématique d’actualité. Or, il a été constaté et démontré qu’augmenter la productivité des femmes qui représentent la moitié de la force de travail potentielle d’un pays c’est accroître la productivité de toute l’économie. Mieux, certaines estimations montrent que si les femmes avaient un accès égal aux mêmes moyens de production que les hommes, l’augmentation de la production agricole totale mondiale permettrait à 100 à 150 millions de personnes d’échapper à la faim.

Par exemple au Rwanda où l’équité genre soutenue par une volonté politique forte, est plus qu’une réalité ; il a été observé que «les investissements sur les terres ont augmenté de 10%, avec un impact doublé pour les ménages dirigés par des femmes. Ainsi la faible sécurisation des titres fonciers agissait comme un obstacle à l’investissement. Une fois sécurisé, cet obstacle surmonté permet aux femmes chefs de ménages de réaliser ces investissements», analyse Julia Vaillant, économiste au Laboratoire d’innovation de la Banque mondiale pour l’égalité des sexes en Afrique.
Ainsi, en l’absence d’opportunités d’emplois salariés formels pour les femmes qui pâtissent aussi de l’analphabétisme, le principal mode de génération de revenu est alors l’auto-emploi. A cet effet, soutenir l’entrepreneuriat, surtout féminin est donc crucial en Afrique où l’immense majorité de la force de travail est auto-employée.
C’est ce que le Groupe de sept des pays les plus riches du monde, réuni en France, semble comprendre. Accédant à une demande du président français, les chefs d’État du G7 ont décidé, dimanche, d’octroyer 251 millions de dollars (environ 147 milliards de Fcfa) sous forme de prêts pour soutenir l’entrepreneuriat féminin en Afrique. Cela, à travers l’Action positive pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA), initiative africaine portée par la Banque africaine de développement (BAD).
D’où la joie de l’ambassadeur de ce programme. «Les femmes africaines sont la colonne vertébrale du continent. Je suis heureuse de porter leur voix ici, au G7…», a déclaré la Béninoise Angélique Kidjo.
Checik M. TRAORE

Source: L’Essor-Mali

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