Violation de l’Accord d’établissement, favoritisme et usurpation de titre : La Directrice générale de l’ANASER, Diadji Sacko sur la sellette

Qui sortira vainqueur du bras de fer désormais engagé entre la Directrice générale de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), Diadji Sacko et la Section syndicale des Transports d’État ? Cette question mérite d’être posée au regard de la situation qui prévaut au sein de la structure. En effet, cette dernière traverse une véritable zone de turbulence surtout avec les derniers recrutements de la nouvelle patronne des lieux et la nomination des agents nouvellement recrutés à des postes de responsabilité, selon le syndicat, en violation de l’Accord d’établissement et le Procès-verbal du Conseil d’administration de la structure. Toute chose qui a constitué une levée de bouclier de la Section syndicale des transports d’État qui projette d’ailleurs enclencher une grève de 120 heures soit 5 jours ainsi que la saisine des juridictions compétentes pour que force reste à la seule loi.

Selon un document produit par la section syndicale pour la circonstance, l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER) a été créée par l’ordonnance N°09-03/P-RM du 9 février 2009 et ratifiée pour la Loi N°09-006 du 5 juin 2009. Et de poursuivre que du premier Directeur Mamadou Koné en passant par Assan Sylla et Sidiki Konaté, le respect de l’accord d’établissement et le Procès-verbal du Conseil d’administration était de mise.

A en croire l’organisation syndicale, à son arrivée, la nouvelle directrice générale s’est illustrée par la violation des textes réglementaires de l’agence. Une situation qui a contribué à plonger la section syndicale, la Commission de gestion et le personnel dans un désespoir total. Car, depuis son arrivée, précise le document, la dame Sacko n’a qu’une seule phrase sur les lèvres : « Je viens de la présidence. J’ai battu campagne pour le président IBK. Je suis de la famille présidentielle », donc pour elle cette posture est une carte blanche pour violer la loi allègrement.

Pour le syndicat, les premiers agents recrutés au compte de l’agence comptabilisent un peu plus de 10 ans d’expérience, donc avec les différents reclassements conformément à l’Accord d’établissement, ceux-ci sont à l’échelon 5 au maximum. « Voilà que madame la présumée envoyée de la présidence arrive sans même chercher à stabiliser les ressources en mettant ainsi les agents au travail, raison principale du départ de son prédécesseur, elle a recruté deux agents en les reclassant automatiquement à l’échelon 12 et 14 qui équivaut respectivement à 24 et 28 ans de service à l’ANASER, des reclassements qui crèvent le plafond parce que les premiers agents avec 10 ans de service sont à l’échelon 5. Alors que le Conseil d’administration n’avait prévu aucun recrutement au titre de l’année 2020 », peut-on lire dans le document.

Les porteurs excluent de l’organigramme de l’ANASER

Pire, déplore la section syndicale, quelques jours après leur recrutement et avant même que ceux-ci ne terminent leur période de stage, la Directrice générale a décidé de les nommer au poste de responsabilité en violation flagrante de l’accord d’établissement. Plus grave encore, poursuit le syndicat, pour détourner l’attention des plus avertis, elle a pris certains de ses actes de nomination sous l’entête du Président du Conseil d’administration de l’ANASER.

 

« Des cadres expérimentés qui attendaient des promotions se voient remplacés par des agents inexpérimentés, recrutés seulement quelques jours auparavant et ignorant tout de la sécurité routière. Les agents recrutés par les soins de la directrice ne sont-ils pas des Maliens ou bien sont-ils des super citoyens ? », s’interroge l’organisation syndicale.

Le syndicat ajoutera que pour réussir son coup, la Directrice s’est rangée à avoir le secrétaire général du comité syndical en nommant ce dernier comme Chef de Service Prévention et Circulation, un poste réservé aux porteurs d’uniforme parce que le détenteur de poste est chargé de faciliter le lien avec la police et la gendarmerie en cas d’accident. Le hic pour le syndicat c’est que l’indélicat syndicaliste est officiellement en congé de formation. Alors qu’en la matière, il devrait être reversé au compte de la fonction publique qui à son tour le met à la disposition de l’agence après avoir être reclassé au grade supérieur comme stipule le Code du travail et l’Accord d’établissement de l’ANASER.

Face à cette injustice, la Section syndicale des Transports d’État et ses comités affiliés projettent une grève de 120 heures soit cinq jours pour demander la suspension pure et simple des financements provenant de la Direction nationale des transports terrestres, maritimes et fluviaux (DNTTMF) et ses services déconcentrés.

Aussi, le syndicat compte saisir le Pôle Economique et Financier de la Cour d’appel de Bamako, l’Inspection du Travail et le Tribunal Administratif afin que la loi s’applique dans toute sa rigueur.

Mama PAGA

Source: Journal le Pays- Mali

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