Sociétés minières : Peuvent mieux faire pour le développement communautaire

La Fondation pour le développement au Sahel (FDS) a organisé, jeudi dernier dans un hôtel de la place, un déjeuner débat sur le développement des communes minières du Mali. Parrainée par le président du Haut conseil des collectivités (HCC), Mamadou Satigui Diakité, la rencontre avait pour thème : base du réseau des communes minières du Mali : «Vision commune en matière de développement communautaire». C’était en présence du représentant de la ministre des Mines et du Pétrole, Issa Coulibaly et des maires des communes concernées.


Le développement des communes abritant des unités minières est une obligation inscrite dans le code minier de 2012, notamment les aspects liés à la prise en compte du développement durable par l’introduction de la notion de Plan de développement communautaire et de fermeture des mines. Suivant cet arrêté, chaque mine dispose de son propre Plan de développement communautaire, a assuré le représentant de la ministre des Mines et du Pétrole. A titre d’exemple, Issa Coulibaly a cité les Projets d’action de développement intégré (PADI) de la Société d’exploitation des mines d’or de Sadiola (Semos S.A), d’appui aux unités de production de Kéniéba (PAUP-K) et le projet agropole de Morila. Ces programmes visent, selon lui, à faire profiter aux populations les retombées des entreprises minières. Afin d’améliorer leurs conditions de vie.
À ce propos, le maire de la Commune rurale de Fourou (cercle de Kadiolo, région de Sikasso), s’est réjoui de la tenue de rencontres mensuelles entre la Société des mines de Syama (Somisy S.A), la compagnie minière Resolute Mining, les chefs coutumiers et les autorités locales. Offrant, selon Ousmane Ouattara, l’occasion à chaque communauté d’exposer ses difficultés.
Ainsi, en matière de développement communautaire, la Somisy, présente dans la municipalité depuis 1999, a construit de nombreux forages et écoles, a témoigné le maire de Fourou. S’y ajoutent les appuis alloués aux associations de femmes et de jeunes. « Des barrages ont été construits pour le stockage d’eau et à présent, des jeunes sont en train d’être formés en vue de les recruter quand le besoin se fera sentir », a révélé M. Ouattara qui n’a pas manqué de signaler la construction des locaux de la mairie par la mine, de Fourou un joyau qu’il a comparé à la mairie du district de Bamako. Il a ajouté que la Société des mines de Syama verse chaque année 400 à 500 millions Fcfa à sa commune. Si la Commune de Fourou est satisfaite de la Somisy, la commune rurale de Bagnaga ne semble pas l’être entièrement par rapport aux prestations des sociétés minières qu’elle abrite. Relevant du cercle de Yanfolila (région de Sikasso), cette collectivité abrite deux sociétés minières : Endeavour mining et Wassoul’Or S.A. Selon le maire de Bagnaga, sa commune a droit à 60% de la patente minière. « Mais, nous enregistrons du retard dans le paiement de la patente due à la mairie », a déploré Drissa Sidibé. Toutefois, en matière de développement communautaire, l’édile de Bagnaga a expliqué que ces deux entreprises ont construit de nombreuses salles de classes dans sa commune, notamment à Faboula et à Kalana village. Il faut ajouter à cela la construction de dispensaires, la prise en charge du personnel travaillant au niveau de ces centres, leur équipement et la construction de châteaux d’eau…
En terme de perspectives en matière de développement socioéconomique des communes minières, Issa Coulibaly a soutenu que le nouveau Code minier en gestation prévoit des innovations majeures. Parmi celles-ci, l’émissaire du département en charge des Mines a cité la création d’un fonds de financement dédié au développement communautaire. Il a ajouté qu’à cet effet, un Plan de développement local sera mis en place à la création de chaque nouvelle société minière. L’objectif étant, selon lui, de donner plus de visibilité et de traçabilité aux ressources générées par l’exploitation minière au profit des communautés d’accueil. Quant au président du Haut conseil des collectivités (HCC), il a assuré que le développement communautaire a toujours été un combat de son institution. A ce propos, Mamadou Satigui Diakité a affirmé qu’il s’est personnellement engagé pour que le Code minier de 2012 soit plus profitable aux collectivités territoriales. Rappelons que l’exploitation industrielle minière occupe une part importante dans l’économie malienne. Notre pays abrite actuellement 14 mines d’or en exploitation. Elles produisent en moyenne 50 tonnes d’or par an et rapportent à l’Etat environ 250 à 300 milliards de Fcfa. Les sociétés minières emploient 12.000 travailleurs directs.
Amadou B. MAÏGA

Source: L’Essor-Mali

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