Sécurisation foncière : LES PAYS DU SAHEL PARTAGENT LEURS EXPÉRIENCES

Notre pays abrite depuis hier un atelier régional sur la sécurité foncière.

Nango Dembele ministre agriculture

La rencontre de deux jours poursuivra la réflexion sur la sécurisation foncière dans toutes ses dimensions dans la grande irrigation au Sahel en vue d’améliorer les politiques et les pratiques. La sécurisation foncière et plus largement la sécurisation des exploitations familiales agricoles, constituent un enjeu qui est de plus en plus débattu dans la région et au Sahel en particulier cela depuis la Déclaration de Dakar.
En effet, d’importants programmes de grande irrigation en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel en particulier sont en cours de mise en œuvre ou en phase de planification en réponse au besoin de développement agricole des pays. De nombreux projets de barrages et d’aménagements hydro agricole sont aussi en cours de réalisation. Les exploitants familiaux, dans leurs diversités, sont au centre des enjeux associés à ces grands projets. Qui font face aux défis de performance agronomique et économique pour produire correctement, assurer leur sécurité alimentaire et dégager des revenus suffisants.
Le présent débat est initié par le programme de Global Water Initiative (GWI) en Afrique de l’Ouest à travers l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED) en collaboration avec le ROPPA et le CILSS. Il s’agit donc de poursuivre la dynamique de réflexion participative. C’est aussi et surtout une nouvelle étape pour continuer à favoriser l’apprentissage et la mise en application des enseignements tirés des expériences de la région, dans le cadre des programmes et projets de grande irrigation en cours et à venir. La rencontre de Bamako permettra en outre, de partager les expériences et acquis récents en matière de sécurisation foncière dans toutes ses dimensions. Ce qui servira d’enseignements et de références afin d’accompagner la mise en œuvre des programmes et projets de grande irrigation en cours et à venir.
Le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Abdoulaye Hamadoun, s’est réjoui de la tenue de cette rencontre régionale dans notre pays. Selon lui, la problématique du foncier agricole ainsi que la sécurisation des droits fonciers individuels et collectifs constituent une préoccupation majeure des pouvoirs publics. Cet engagement du gouvernement malien a été traduit par l’adoption d’un certain nombre d’instruments stratégiques dont la loi d’orientation agricole, la politique foncière agricole et récemment la loi sur le foncier agricole. Ces outils, a souligné le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, s’inscrivent dans la démarche de réforme foncière en milieu rural qui marque la volonté de l’Etat de mieux gérer les espaces agricoles, objets de convoitises sans précédent. En effet, il est à remarquer que les problèmes fonciers sont relativement fréquents dans les zones irriguées. Leur complexité et la difficulté de les résoudre dans le cadre institutionnel défini par l’Etat résultent de la cristallisation sur les terres irriguées d’enjeux à la fois économiques, sociaux et politiques.
Selon Abdoulaye Hamadoun, la rencontre de Bamako traite des questions pertinentes qui touchent la viabilité du domaine irrigué en relation avec l’ensemble des acteurs. Il reste convaincu que de cette rencontre sortira des solutions importantes pour les zones irriguées. Par ailleurs, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture espère que la présente concertation ouvrira de nouvelles perspectives pour assurer l’avancée du processus foncier. Pour le directeur de GWI d’Afrique de l’Ouest, Jamie Skinner, cette rencontre permettra aux différents pays d’une part de partager leurs expériences en matière de sécurisation foncière, d’autre part elle mettra en relief les solutions que les pays ont trouvées dans le domaine.
Pour le représentant du CILSS, la réunion de Bamako, est presque vue comme un aboutissement de la réflexion sur la question non pas sous l’angle de catalogue d’activités mais sur le positionnement stratégique afin de pouvoir influer sur la problématique posée par les usagers. En cela, dira-t-il, la réflexion sous l’angle des 4 dimensions à savoir : politique, juridique, gouvernance et économique, est une sorte de synthèse qui permettra au moins dans le domaine de la grande irrigation et à chaque participant d’avoir des repères de réflexion et d’actions sur des aspects qui sont les clés pour la compréhension et l’amélioration du processus de renforcement de l’accès équitable et légitime au foncier.

Mariam A. Traoré

 

Source: essor

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