Sans Tabou: dragues dans les cours d’eau, le business des ministres ?

Des missions, à la douleur du contribuable sans aucun intérêt national, suivies par des déclarations creuses. C’est du moins, le spectacle auquel se livrent certains ministres du gouvernement face à la destruction dangereuse du lit de certains fleuves du pays, à cause du dragage. À quand la fin du verbiage au sommet de l’État ?

Le plus récent spectacle remonte est la visite du ministre des Mines, Mme Lelenta Hawa Baba BA, à Keniéba, dans le Falémé. À l’image de ses prédécesseurs, le Pr Tiémoko Sangaré s’est contenté lui d’une communication verbale au conseil des ministres; le ministre des Mines et du pétrole est allé constater le tort causé par les dragues sur le fleuve, ce 12 janvier.

De ses constats, comme de celui de ses prédécesseurs, le danger est là, il est réel : la pollution de l’eau, de la faune et de la flore avec des conséquences draconiennes pour les populations qui consomment l’empoisonnée des fleuves.

Sans conteste, la pratique du dragage est relevée très nocive sur les cours d’eau et l’écosystème de façon générale, selon les constats faits par Mme la ministre. Le hic, c’est que ces cris de cœurs, lamentations et les visites des ministres sont devenues de la rhétorique et des promenades de santé. Des visites touristiques suivies des grandes déclarations qui ne sont jamais suivies d’effet. Sinon, après avoir été le premier responsable de la Direction nationale de la géologie et des mines, qu’est-ce que l’actuel ministre des Mines va apprendre de cette visite de quelques heures sur le terrain qu’elle ne savait pas déjà ? Rien ! Il n’est pas rare d’entendre que des ministres, par ces actions de charme, s’adonnent à du spectacle, parce qu’ils ont, pour la plupart leurs entreprises, sur place. La conséquence, aucune poule n’en sera incommodée.

À l’issue de cette visite, sans surpris, elle a déclaré que des actions vont être entreprises pour mettre fin à cette pratique qui a le désavantage de polluer de l’environnement, menacer l’existence même du fleuve dans un avenir pas très lointain. À défaut de chiffres précis sur ce sous-secteur, l’on apprend que ce sont des centaines de machines qui sont installées sur les cours d’eau.

Nous nous estimons que les énergies déployées pour ces visites inopportunes auraient pu servir à donner un coup de pouce à des décisions déjà prises. Avant elle, à travers une communication verbale le Conseil des ministres a pris la décision d’interdire cette activité. Selon son prédécesseur, Tièmoko SANGARE, pour la mise en œuvre de cette décision, le département des Mines a pris en compte l’interdiction du dragage en l’enlevant de la législation minière. Dans la même veine, le ministre en charge de l’Environnement avait promis de mettre en place une commission tripartite pour aller déloger les pratiquants de cette activité. Elle devait être composée des experts des ministères des Mines, de la Sécurité et enfin celui de l’Environnement. Deux plus tard, c’est le statuquo. Ce laxisme corrobore-t-il la thèse populaire selon laquelle ce sont des responsables politiques, administratifs qui sont les propriétaires des machines de dragage ?

Un maire d’une commune frappée par les conséquences du phénomène ne disait-il pas qu’il avait plusieurs fois sollicité en vain l’accompagnement des autorités dégager ces personnes auteurs des dragues.

Par Sikou BAH

Info-matin

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