Route Kalaban-Coro-N’Golobougou : Plus de 5 milliards pour rien, une voie impraticable

L’État malien donne l’impression d’avoir une mauvaise politique de désenclavement. Cela se constate à travers la construction de l’Université de Kabala. Une grande cité construite sans voie d’accès appréciable. Ce qui expose les étudiants à maints dangers. Il urge alors que les autorités concrétisent le désir exprimé par Assétou Founè Samaké Migan.

 

Quand on aménage un paradis au ciel, il faut se donner les moyens d’y accéder sinon il sera d’une importance moindre. C’est le 28 février 2017 que le président Ibrahim Boubacar Kéita, accompagné d’une forte délégation, a inauguré la plus grande université du Mali : la cité université de Kabala. Un édifice avec « une capacité d’hébergement de 4080 étudiants », un restaurant de 2500 places et bâti sur une superficie de 103 hectares. Une construction qui a coûté plus de 80 milliards de FCFA.

Mais le drame, c’est que cette géante infrastructure a été réalisée sans pratiquement de voie d’accès. La voie restreinte de 12 kilomètres menant de Kalaban-Coro à N’Golobougou a été juste réaménagé pour un coût total de 5.845.437.930 FCFA. Un réaménagement qui est d’ailleurs devenu un dérangement pour les usagers puisqu’au lieu d’agrandir la voie, on l’a rendue plus exsangue. Cela, à cause de la grande fréquentation dudit tronçon par les camions-bennes et les SOTRAMA. Faisant de cette voie un « mouroir » pour les étudiants et portant en elle les prémisses d’une déflagration sociale.

Dans cette situation sur laquelle les autorités continuent de se taire, ce qui paraît incompréhensible, c’est que ces mêmes autorités avaient prévu ces problèmes depuis l’inauguration de cette cité universitaire. En effet, dans son allocution, Assétou Founè Samaké Migan alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, avait évoqué ce problème de cohabitation routière des étudiants avec les camions-bennes et les SOTRAMA. C’est ce qui l’avait amenée à exprimer le désir d’aménagement d’une autre voie qui allait partir de l’aéroport Modibo Kéita à cette université. Ce qui allait non seulement contribuer à désengorger la route actuellement utilisée et objet de nombreuses polémiques, mais aussi à mieux sécuriser les usagers. Mais jusque-là, les autorités semblent jouer la sourde oreille sur cette suggestion aussi capitale.

Ce qui est sûr, elles ont tout intérêt à se manifester, car les conducteurs de SOTRAMA sur cette route menant de Kalaban-Coro à Kabala menacent de laisser cette route aux étudiants en limitant leur transport à Baco-djicoroni. Cette décision, si elle venait à se concrétiser, ne peut qu’engendrer d’autres problèmes aux populations voire rendre difficile la cohabitation des étudiants avec elles. Le Mali en a assez avec les problèmes sociaux, aucune autre instabilité ne l’arrange encore.

F. TOGOLA

Source : Le Pays

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