Route Goma-coura/Tombouctou : Les travaux de construction ont repris

Bamako, 26 novembre (AMAP) Le Premier ministre Boubou Cissé a lancé, lundi, à Goma Coura, dans la Commune rurale de Dogofry, Région de Ségou (Centre), la reprise des travaux de la route Niono-Goma Coura-Tombouctou, longue de 484 km et financée sur les ressources du 10è Fonds européen de développement (FED), annoncent les services de la primature.

C’est dans une atmosphère de joie que les habitants de Goma-coura ont accueilli le chef du gouvernement et sa délégation, pour cette cérémonie en présence du chef de la délégation de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, des gouverneurs de Ségou, Biramou Sissoko, et de Tombouctou, Koina Ag Ahmadou.

Après la minute de silence observée en hommage à toutes les victimes du terrorisme, le maire de Dogofry, Modibo Kimbiri, a transmis les salutations des populations au chef du gouvernement et exprimé tout l’enthousiasme suscité par la reprise des travaux de la route Niono/Goma-coura/Tombouctou appelée «route du Sahel».

Pour l’édile, cette route va développer les activités économiques de la zone « puisqu’elle nous permettra de, facilement, écouler nos productions agricoles ». « Nous avons, déjà,  perçu les avantages du  tronçon Niono/Goma-coura. Nous sommes persuadés que celui de Goma-coura/Tombouctou apportera la prospérité pour les habitants dans nos communes», a-t-il ajouté.

Le maire de Dogofry a remercié le gouvernement pour ses efforts et sa promptitude qui ont permis le redémarrage des travaux.

L’objectif de la construction d’une route bitumée entre Niono et Tombouctou est le désenclavement de la 6è Région, en vue de son intégration efficiente à l’économie nationale. Elle permet d’assurer. Egalement, une liaison entièrement bitumée entre la capitale et cette vaste zone enclavée qui n’est desservie que par le bateau, en période de hautes eaux du fleuve Niger.

Lee chef de la délégation de l’UE, qui a indiqué que « ce projet est l’un des plus importants de l’Europe au Mali’, a salué «l’action du gouvernement et celle du Premier ministre qui ont permis de finaliser cette route.

Bart Ouvry, a réaffirmé le soutien de l’UE à accompagner les efforts du gouvernement afin «d’améliorer les secteurs des transports et la mobilité des personnes et des biens».

«Ma présence, ce matin, à Goma-coura traduit l’attachement du gouvernement au respect de ses engagements et mon profond attachement à la parole donnée. Engagements pris par le gouvernement envers les populations de Tombouctou et de toute la 6è Région», a déclaré le Premier ministre. Boubou Cissé a insisté, ensuite, sur l’importance de la construction de cette route et salué, par la même occasion, « l’accompagnement de l’UE dans la réalisation de ce projet phare qui contribuera, sans nul doute, au développement socio-économique de notre pays ».

Le tronçon Goma-coura/Tombouctou est financé sur les ressources du 10è FED. Il est reparti en trois lots : lot 1 (Goma-coura/Léré, 165 km), lot 2 (Léré-Niafunké, 121 km) et lot 3 (Niafunké-Tombouctou, 198 km).

En 2014, les travaux de l’axe Niafunké-Tombouctou et Diré-Goundam ont redémarré. Après plusieurs suspensions et arrêts, ils ont été achevés en janvier 2017. Commencés en 2016, les travaux du tronçon Goma-coura/Léré avaient atteint un taux d’exécution de 39,80% (50 km de terrassements sur lesquels 36 km étaient déjà bitumés) quand ils ont été interrompus le 15 décembre 2017.

Les travaux de construction de la section Léré-Niafunké ont été, aussi, suspendus le 25 octobre 2017 suite à une attaque terroriste à Soumpi. Depuis cette date, il a été convenu qu’une reprise des travaux ne pouvait se faire qu’à la suite d’une amélioration de la situation sécuritaire dans la zone du projet afin de ne pas exposer les intervenants sur le chantier.

Dans le cadre de la reprise des travaux, il a été retenu le principe de réalisation en chaînette (section après section) et d’adapter les moyens humains et matériels à cette stratégie afin de permettre une sécurisation optimisée et de réduire, quasiment, à néant toute future réclamation de l’entreprise liée à l’immobilisation des équipements.

L’entreprise Sogea Satom, chargée des travaux, a entrepris des démarches pour sortir les équipements restants et les installations en vue de leur transfert de Niafunké vers Goma-coura. A cet effet, une mission du ministère des Infrastructures et de l’Equipement a séjourné sur le terrain, le 3 octobre 2019. Au cours de cette missiom, les populations de Niafunké ont été informées des nouvelles dispositions de reprise des travaux à partir de Goma-coura. A la date d’aujourd’hui, le premier convoi de transfert des équipements de Sogea Satom qui a quitté Niafunké est arrivé à Ségou.

En ce qui concerne le dispositif sécuritaire, après plusieurs séances de travail avec l’état-major général des Armées, un dimensionnement des troupes à mettre en place a été établi sur la base de quatre compagnies dont deux étaient déjà sur place à Goma-coura. Des dispositions sont en cours en vue de la mobilisation des deux compagnies complémentaires.

La stratégie initiée jusqu’à ce jour est de faire en sorte que le personnel d’encadrement de l’entreprise Sogea Satom soit uniquement des Africains.

A la date d’aujourd’hui, les travaux de la route Goma-coura/Tombouctou, démarrés en 2010, sont réalisés à 50%. Ces travaux ont été, fréquemment,  suspendus à cause de la dégradation de la situation sécuritaire, toute chose ayant engendré des couts supplémentaires exorbitants.

MD (AMAP)

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